Régionales 2025 : Le RDPC réaffirme son leadership national

Dix régions conquises, un appareil politique soudé : le parti au pouvoir démontre sa résilience après une présidentielle sous tension.

Les élections régionales du 30 novembre ont livré un verdict sans équivoque : le RDPC remporte la majorité dans les dix régions du Cameroun, confirmant son hégémonie institutionnelle. Ce scrutin indirect mobilisait 9 676 conseillers municipaux et 15 580 chefs traditionnels, soit un collège électoral de 25 256 grands électeurs, quasiment inchangé depuis les régionales de 2020.

1. Une victoire « réparatrice » pour le RDPC, après une présidentielle secouée

Après une présidentielle du 12 octobre marquée par des fractures internes, des contestations locales et une baisse visible de la mobilisation, le scrutin régional a servi de bain de cohésion pour le parti au pouvoir.
Le RDPC le reconnaît lui-même : il s’agissait d’une élection pour « panser nos plaies et retrouver nos équilibres », selon un cadre du comité central.

Christophe Mien Zok, directeur de l’information du parti, l’admet :
« Notre défi était l’Adamaoua. Il fallait le reconquérir ». C’est désormais chose faite. Le parti présidentiel affirme avoir remporté 10 régions sur 10, victoire que le journal L’Action n’a pas hésité à titrer comme un « grand chelem politique ».

2. Une légitimité questionnée : un scrutin figé dans le temps

Derrière le triomphe du RDPC, demeure une critique lourde : le corps électoral n’a pas été renouvelé depuis cinq ans, car les mandats municipaux ont été prorogés pour raisons administratives et sécuritaires.

Cela signifie que :

  • Les citoyens n’ont pas pu influer sur la composition des conseils municipaux ;
  • Les mêmes élus ont désigné les conseillers régionaux ;
  • Et cette configuration influencera à son tour le Sénat, qui repose sur ce même collège.

Même Christophe Mien Zok concède que « la critique est légitime », tout en rappelant que la prorogation est conforme à la loi.

Pour de nombreux acteurs politiques et observateurs, il s’agit d’un problème de fond : la représentativité institutionnelle est figée alors que la société camerounaise évolue rapidement (urbanisation de +3,6 % par an, 72 % de jeunes de moins de 35 ans, montée du chômage et des frustrations socio-économiques).

3. Les enjeux post-électoraux : stabilité, tensions silencieuses et gouvernance

Trois enjeux majeurs se dessinent :

a) Le risque d’une gouvernance déconnectée

Les institutions locales pourraient peiner à répondre aux réalités nouvelles : pression démographique, flambée des prix, insécurité dans certaines régions.

b) L’équilibre politique interne du RDPC

Le parti a gagné, mais les tensions révélées à la présidentielle restent présentes. Plusieurs barons régionaux ont perdu de l’influence ; d’autres réclament un renouvellement des élites.

c) Le défi de la crédibilité démocratique

L’opposition et la société civile rappellent que l’accumulation de mandats prorogés (municipalités depuis 2020, Sénat en partie depuis 2023) affaiblit la confiance publique.

4. Propositions pour sortir de l’impasse

1. Réformer le code électoral dans les 12 prochains mois, avec :

  • Une redéfinition claire du calendrier ;
  • Des dispositions empêchant des prorogations successives ;
  • L’introduction de quotas de représentativité locale.

2. Renouveler les conseils municipaux avant les prochaines régionales, afin de restaurer la légitimité démocratique.

3. Accroître la transparence de la chaîne électorale, en publiant les données de participation et de vote par circonscription.

4. Associer les chefs traditionnels à un code de déontologie électorale, afin de renforcer leur rôle d’arbitres et non de relais partisans.

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