Diplomates, dirigeants et citoyens saluent une figure dont l’héritage moral pèse encore sur les crises contemporaines.
Douze ans après la disparition de Nelson Mandela, l’Afrique du Sud et le reste du monde ont ravivé le vendredi 5 décembre, la flamme d’un héritage qui dépasse les frontières, les idéologies et les générations. À Johannesburg comme à Pretoria, missions diplomatiques, militants politiques et citoyens se sont rassemblés pour honorer la mémoire de celui qui demeure l’icône universelle de la lutte contre l’apartheid et le symbole vivant de la réconciliation.
La délégation de l’Union européenne en Afrique du Sud a rendu hommage à une figure dont l’influence morale traverse encore les institutions internationales. « Aujourd’hui, nous honorons sa vie et son œuvre. Que son héritage continue de guider nos actions », a déclaré l’UE sur X, rappelant que Nelson Mandela demeure une référence pour les démocraties confrontées aux dérives populistes et aux divisions sociales.
L’ambassade de France a salué « un combattant de la liberté emblématique » et rappelé la relation singulière qui liait Mandela à Paris. Dès 1990, quelques mois après sa libération, il avait été accueilli par le président François Mitterrand, qui deviendra le premier dirigeant occidental à se rendre dans l’Afrique du Sud post-apartheid.
La Russie a également marqué cette commémoration, soulignant la profondeur des liens historiques tissés dès l’époque soviétique avec l’ANC. Moscou rappelle avoir décrété un jour de deuil national en 2013, un geste rare témoignant du poids symbolique de Mandela dans les relations internationales.
Né en 1918, emprisonné 27 ans pour son combat contre la domination raciale, devenu en 1994 le premier président noir démocratiquement élu d’Afrique du Sud, Mandela s’est éteint le 5 décembre 2013 à son domicile de Johannesburg à l’âge de 95 ans. Son engagement pour le pardon et la cohésion nationale continue de nourrir le débat mondial sur les transitions démocratiques.
Pour honorer cet héritage, la Fondation Nelson Mandela a annoncé une marche et une course à Pretoria, rassemblant plus de 10 000 participants. « Dire merci à Madiba est un devoir moral », a déclaré son directeur, Mbongiseni Buthelezi.
L’ANC, parti historique de Mandela, a souligné dans un communiqué : « Son absence se fait sentir, car Madiba incarnait les traditions les plus nobles de notre mouvement : courage, humilité et dévouement au peuple ».
Douze ans après, la voix de Mandela reste une boussole. Peut-être même l’arbitre silencieux dont le monde a encore besoin.