Le Syndicat des Communes de la Sanaga-Maritime (SYNCOSAM) vient de valider un projet inédit.
Il s’agit de l’acquisition d’un bateau destiné à fluidifier la navigation entre Édéa et Mouanko, valoriser les richesses touristiques du fleuve Sanaga et désenclaver durablement les localités riveraines. Un pas important, même si la concrétisation d’un tel engagement reste un défi majeur.
Un projet structurant pour redonner vie au fleuve Sanaga
Pour la première fois, une entité locale de la Sanaga-Maritime investit concrètement dans la réactivation du trafic fluvial entre Édéa, Marienberg, Dizangué, l’île aux chimpanzés, jusqu’à Yoyo, à l’embouchure de l’Atlantique. Maturé à 20 millions de FCFA, le projet de bateau du Syncosam suit son cours selon la procédure réglementaire de passation des marchés publics.
Jusqu’ici, aucune municipalité—pas même Mouanko ou Dizangué—n’avait transformé en réalité le potentiel de ce corridor fluvial, pourtant stratégique pour le tourisme, la mobilité et l’économie locale. La nouvelle initiative remet donc au centre du débat la vocation naturelle du fleuve Sanaga comme voie d’accès, d’échanges et de développement.
Dans la même mouvance, l’acquisition d’un bateau et sa mise en service entre Edéa et Mouanko sur le fleuve Sanaga constituent un précieux et important appui logistique aux populations, alors que les travaux routiers de bitumage du tronçon Edéa -Dizangué ont repris il y a quelques semaines.
Un contexte encourageant
Réunis le 5 décembre dans les anciens locaux de la mairie d’Édéa, les délégués syndicaux ont salué l’annonce de ce projet et approuvé à l’unanimité (33 voix sur 33) la gestion du président du Syncosam, Dr Albert Emmanuel Nlend, Maire de la ville d’Édéa. Cette session intervient dans un contexte encourageant : la réhabilitation et le bitumage de la route Édéa–Dizangué–Mouanko viennent de démarrer, après des années d’attente.
L’arrivée prochaine d’un bateau public vient ainsi compléter cet élan, offrant une double alternative de mobilité très attendue par les habitants. Pour les populations, longtemps confrontées à l’enclavement, l’annonce sonne comme un premier soulagement — même si l’expérience locale rappelle que « entre les idées, les promesses et la réalisation, il y a souvent un gouffre ». Beaucoup espèrent que le Syncosam saura, cette fois, franchir ce cap.

Défis immédiats, enjeux stratégiques, perspectives durables
Avant de voir les premiers passagers accoster sur les rives de la Sanaga à Edéa ou à Dizangué, de nombreux obstacles sont à surmonter. Il s’agit entre autres, de finaliser la procédure de passation des marchés publics dans les délais, d’assurer la maintenance et la gestion durable de l’embarcation, de construire, aménager et adapter les infrastructures d’embarquement le long du fleuve ; et enfin, renforcer la sécurité fluviale sur ce corridor.
Enjeux majeurs
Au titre des enjeux, nombreux et importants les uns que les autres, on pourrait valablement évoquer le développement touristique avec la mise en valeur de sites uniques comme Marienberg (la première station missionnaire catholique au Cameroun), l’île aux chimpanzés, et les paysages du vieux pont colonial allemand d’Édéa. La relance économique locale avec ses retombées connexes ne saurait être négligée ; d’ores et déjà, les populations saluent la perspective et l’idée d’une meilleure circulation des produits agricoles, halieutiques et artisanaux.
Sans être exhaustif, on citerait également sur la liste des enjeux, l’intégration territoriale qui permet la réduction des écarts entre les communes riveraines notamment celles d’Edéa 1er, 2ème, Dizangué et Mouanko. En fin, dans les dossiers des syndicalistes se trouvait en bonne place, la cartographie des communes. Important facteur devant servir de base au marketing territorial, Elle a fait l’objet d’un examen particulier lors de la session, dans l’optique d’accroitre la Visibilité territoriale des collectivités Territoriales Décentralisées de la Sanaga Maritime.
Perspectives
Si le Syncosam parvient à mener ce projet à terme, la Sanaga-Maritime pourrait enfin amorcer une véritable renaissance fluviale, complémentaire du désenclavement routier en cours. L’intercommunalité disposerait alors d’un outil structurant pour dynamiser le tourisme, renforcer la cohésion territoriale, attirer des investissements, et projeter une image moderne et ouverte sur l’océan.

Docteur Henri Nlend, président du Syncosam
En somme, l’acquisition et la mise en service de ce bateau n’est pas qu’un symbole. C’est peut-être la première étape vers une stratégie intégrée de mobilité et de valorisation des ressources dans la Sanaga-Maritime. Le projet ouvre enfin la voie à une meilleure exploitation du fleuve, longtemps ignoré malgré son potentiel exceptionnel. Reste désormais au Syncosam de transformer la promesse en réalité. Les populations, elles, n’attendent que cela.
Simon Emmanuel MINYEM