Deux chirurgiens camerounais honorés à Paris : une consécration mondiale qui interroge la place de l’excellence médicale africaine

Entre prestige international, prouesses chirurgicales et défis systémiques, le Cameroun se regarde dans le miroir de son propre génie médical.

Entre prestige international, prouesses chirurgicales et défis systémiques, le Cameroun se regarde dans le miroir de son propre génie médical.

Le 3 décembre 2025, à l’Académie nationale de chirurgie à Paris, deux chirurgiens camerounais ont été célébrés comme rarement des Africains le sont dans ce cercle sélect. Les professeurs Maurice Aurélien Sosso et Faustin Félicien Mouafo, uniques représentants du continent parmi 80 lauréats, ont été officiellement accueillis comme nouveaux membres de cette institution tricentenaire — une reconnaissance mondiale saluant le caractère « novateur, profond et universel » de leurs travaux.

Le Pr Maurice Aurélien Sosso, ancien recteur de l’Université de Yaoundé I, est l’un des chirurgiens les plus cités d’Afrique centrale. Enseignant en chirurgie générale, auteur de plus de 142 publications scientifiques, ancien directeur général d’hôpital, il est également chef traditionnel depuis 2025. Figure d’autorité respectée dans les débats éthiques et universitaires, il incarne la génération de médecins ayant façonné la formation médicale moderne au Cameroun.

Le Pr Faustin Félicien Mouafo, professeur titulaire en chirurgie pédiatrique et chef du service au CHU de Yaoundé, est mondialement associé à l’histoire poignante des sœurs siamoises camerounaises, séparées avec succès à Lyon en 2019. Ces deux jumelles, Bissie et Eyenga Merveille, ont d’ailleurs récemment regagné Yaoundé, bien portantes, après un long suivi coordonné entre les équipes françaises et camerounaises. « C’est une prouesse médicale et humaine », a rappelé le Pr Faustin Félicien Mouafo, qui les suit depuis leur naissance en 2018.

Mais derrière la fierté, une question traverse discrètement la communauté médicale : pourquoi les plus hautes distinctions envers ces deux sommités viennent-elles de l’étranger avant d’être célébrées chez elles ? Au Cameroun, la reconnaissance institutionnelle est restée étonnamment discrète, symbole d’un système qui peine encore à valoriser ses propres élites scientifiques.

Leur promotion survient alors que la chirurgie en Afrique fait face à des défis structurels majeurs : pénurie d’équipements spécialisés, faiblesse des plateaux techniques, sous-financement chronique, manque d’anesthésistes, désertification médicale, et dépendance persistante vis-à-vis des partenariats internationaux pour les cas complexes.

Pourtant, ces deux figures démontrent qu’un autre horizon est possible. Leur entrée à l’Académie nationale de chirurgie à Paris n’est pas seulement un honneur individuel : c’est un rappel puissant que l’Afrique produit des chirurgiens de classe mondiale — et qu’il lui revient désormais d’offrir aux générations futures les conditions permettant de les garder, de les célébrer, et de bâtir une véritable école africaine d’excellence médicale.

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