Sécurité nationale, immigration et fractures diplomatiques au cœur de la nouvelle doctrine américaine.
L’administration américaine a annoncé, le 17 décembre, une nouvelle extension des restrictions d’entrée sur le territoire des États-Unis, touchant directement plusieurs pays africains. Décidées par le président Donald Trump et justifiées par des impératifs de sécurité nationale, ces mesures entreront en vigueur le 1er janvier 2026, selon la Maison-Blanche.
Dans cette nouvelle proclamation présidentielle, Washington impose une interdiction totale d’entrée aux ressortissants du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Soudan du Sud. La Syrie figure également sur cette liste. L’exécutif américain affirme que ces pays présentent des « risques élevés » liés à l’instabilité sécuritaire, à l’insuffisance des mécanismes de contrôle administratif ou à la présence de groupes armés susceptibles de menacer les intérêts américains.
Parallèlement, des restrictions partielles de visas sont instaurées à l’encontre de plusieurs autres États africains, notamment l’Angola, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Mauritanie, le Nigeria et le Sénégal. Ces mesures concernent principalement les visas temporaires et s’accompagnent d’un durcissement significatif des procédures de vérification et de contrôle des antécédents.
Le dispositif prévoit également un resserrement des sanctions contre certains pays déjà placés sous surveillance. Le Laos et la Sierra Leone passent ainsi d’un régime de restrictions partielles à une interdiction complète d’entrée. Des Palestiniens détenteurs de documents de voyage spécifiques sont également concernés, sans que les autorités américaines n’aient précisé les modalités exactes de leur application.
Toutefois, la Maison-Blanche a tenu à souligner l’existence d’exemptions. Les résidents permanents légaux, les détenteurs de visas valides, ainsi que certaines catégories spécifiques, notamment les diplomates, les représentants officiels et les athlètes participant à des compétitions internationales, ne sont pas concernés.
Des dérogations individuelles pourront également être accordées lorsque l’entrée sur le territoire américain est jugée conforme aux « intérêts nationaux des États-Unis ». Ces décisions s’inscrivent dans une offensive migratoire plus large engagée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier.
Le président américain a fait de la lutte contre l’immigration illégale et du contrôle strict des frontières l’un des piliers de son agenda politique. Selon l’exécutif, il s’agit d’empêcher l’entrée d’étrangers susceptibles de « menacer la sécurité », mais aussi de porter atteinte à « la culture, aux institutions et aux principes fondateurs » du pays.
Sur le plan diplomatique, cette nouvelle vague de restrictions risque d’accentuer les tensions entre Washington et plusieurs capitales africaines. Elle relance également le débat sur la place de l’Afrique dans la politique étrangère américaine, entre coopération sécuritaire, perception du risque et repli stratégique assumé.