Sous la direction de Jean-François Pajot, le fleuron historique de l’hévéa conjugue rentabilité, sécurité économique et intelligence stratégique dans un monde sous tension.
Fondée au début du XXᵉ siècle, la Société Africaine de Fibres et d’Acétate du Cameroun (SAFACAM) est l’un des plus anciens piliers de l’économie agro-industrielle camerounaise. Héritière d’une longue histoire industrielle, marquée notamment par l’ère Chamault et l’ancrage français, elle demeure aujourd’hui un acteur central de la filière hévéicole nationale et régionale.
Depuis l’arrivée de Jean-François Pajot à la direction générale, SAFACAM s’est engagée dans une phase de consolidation stratégique, combinant rigueur économique, sécurité sociale et adaptation aux nouvelles réalités géoéconomiques.
Un dirigeant formé à la complexité industrielle
Jean-François Pajot appartient à cette génération de dirigeants aguerris, issus de la grande tradition industrielle, rompus aux environnements contraints et aux cycles longs des matières premières.
Avant SAFACAM, son parcours l’a conduit à occuper des fonctions de direction dans des groupes agro-industriels opérant en Afrique et dans d’autres régions du monde, où il a développé une expertise reconnue en gestion des risques, restructuration d’actifs productifs et pilotage de performances durables.
Lorsqu’il prend la tête de SAFACAM, le contexte est exigeant : volatilité des cours mondiaux de l’hévéa, concurrence asiatique intense, exigences sociales accrues et pression croissante sur les chaînes de valeur agricoles. Sa réponse est pragmatique : sécuriser l’existant, moderniser sans rupture brutale et inscrire l’entreprise dans une trajectoire de rentabilité maîtrisée.
Dizangué, cœur productif et enjeu stratégique
Le site de Dizangué, près d’Edéa, dans la région du Littoral, constitue le cœur névralgique de SAFACAM et l’un des plus vastes complexes hévéicoles d’Afrique centrale. Sous la direction de Jean-François Pajot, ce site a fait l’objet d’investissements continus visant à améliorer les rendements, fiabiliser les outils de transformation et renforcer la sécurité des opérations.
Malgré les chocs exogènes – pandémie, perturbations logistiques, tensions sur les marchés – la production a progressé de manière régulière depuis son arrivée.
Cette performance repose sur la réhabilitation progressive des plantations, l’introduction de pratiques culturales plus performantes et une meilleure organisation industrielle. Dizangué n’est plus seulement un site de production : il est devenu un actif stratégique, au croisement des enjeux économiques, sociaux et territoriaux.
12 000 employés : un pilier social national
Avec près de 12 000 employés, SAFACAM est l’un des premiers employeurs privés du Cameroun. Jean-François Pajot a fait le choix d’inscrire la performance économique dans une logique de sécurité économique et sociale. Programmes de logement, accès aux soins, infrastructures scolaires, formation professionnelle et dialogue social structuré constituent les piliers de cette approche.
« La stabilité sociale est une condition de la performance industrielle », rappelle régulièrement le directeur général. Cette vision a permis de réduire les tensions, d’améliorer la productivité et d’ancrer durablement SAFACAM dans son territoire.
Intelligence économique et souveraineté productive
Dans un contexte de rivalités géopolitiques accrues, l’hévéa est redevenu une matière première stratégique, essentielle aux industries automobile, médicale et de défense. Face à la domination de la Thaïlande, de l’Indonésie et du Vietnam, SAFACAM a adopté une posture d’intelligence économique active : veille sur les marchés, anticipation réglementaire, diversification des débouchés et sécurisation des contrats.
Sous la direction de Jean-François Pajot, l’entreprise ne subit plus les cycles : elle les anticipe, inscrivant SAFACAM dans une logique de résilience géoéconomique et de contribution à la souveraineté industrielle camerounaise.
Entre la France et le Cameroun, un rééquilibrage assumé
Historiquement liée à la France, SAFACAM demeure un symbole de coopération industrielle. Mais la gouvernance actuelle marque un tournant : celui d’un rééquilibrage stratégique, privilégiant la transformation locale, la création de valeur nationale et l’alignement avec les priorités économiques du Cameroun.
Perspectives
À moyen terme, SAFACAM ambitionne d’améliorer encore ses rendements, de renforcer la transformation locale et de s’inscrire pleinement dans les chaînes de valeur durables. Dans un monde sous tension, Jean-François Pajot a repositionné SAFACAM non comme une survivance du passé, mais comme un actif stratégique d’avenir pour le Cameroun.