Cameroun : un budget sous tension, mais des marges pour rebondir

Dette, réformes attendues et opportunités stratégiques dans la loi de finances 2026

Dette, réformes attendues et opportunités stratégiques dans la loi de finances 2026.

La loi de finances 2026 du Cameroun, promulguée le 17 décembre 2025, s’inscrit dans un contexte économique mondial incertain, marqué par le durcissement des conditions financières, la baisse des financements concessionnels et les tensions sécuritaires régionales.

Avec un budget de 8 816 milliards FCFA, en hausse de près de 14 %, l’État affiche une ambition claire : maintenir l’investissement public tout en préservant les équilibres macroéconomiques. Un exercice délicat, mais pas dénué de leviers d’action. Le premier signal positif réside dans la résilience des recettes internes, projetées à 5 887 milliards FCFA.

Malgré un environnement contraint, l’administration fiscale et douanière poursuit ses efforts de modernisation, avec l’élargissement progressif de l’assiette et la digitalisation des procédures. Cette dynamique reste insuffisante pour couvrir l’ensemble des dépenses courantes, mais elle traduit une capacité de mobilisation domestique que peu de pays de la sous-région parviennent à maintenir à ce niveau.

La question de la dette publique demeure centrale. Le service de la dette atteindra 2 423 milliards FCFA en 2026, soit environ 8,8 % du PIB. Ce niveau, élevé, constitue une contrainte forte sur les marges budgétaires. Toutefois, la structure de la dette camerounaise reste majoritairement composée de financements à moyen et long termes, limitant les risques de liquidité à court terme.

Les autorités disposent encore d’une fenêtre pour réorienter les emprunts vers des projets à fort rendement économique et améliorer la soutenabilité à moyen terme. Un autre point d’attention — mais aussi d’espoir — concerne les financements extérieurs non décaissés, estimés à plus de 5 600 milliards FCFA. Loin d’être un simple dysfonctionnement, ce stock constitue un réservoir de relance potentielle.

L’amélioration de la maturité des projets, la réduction des délais administratifs et une meilleure coordination entre ministères pourraient rapidement transformer ces engagements en chantiers concrets, notamment dans les infrastructures, l’énergie et l’agriculture.

Sur le plan sectoriel, plusieurs dossiers structurants peuvent jouer un rôle d’amortisseur. Le projet hydroélectrique de Nachtigal, la montée en puissance des barrages existants et les réformes en cours dans le secteur énergétique ouvrent la voie à une sécurisation progressive de l’offre électrique, indispensable à l’industrialisation.

De même, la réflexion engagée sur la gouvernance des entreprises publiques, y compris dans le secteur bancaire, pourrait libérer des ressources et renforcer la confiance des investisseurs. Enfin, le Cameroun conserve des atouts géostratégiques majeurs : première économie de la CEMAC, position logistique centrale, potentiel agricole et minier encore largement inexploité.

Dans un contexte de recomposition des chaînes de valeur mondiales, ces avantages peuvent être valorisés à condition d’accélérer les réformes structurelles, de sécuriser l’environnement des affaires et de renforcer l’exécution budgétaire.

La loi de finances 2026 n’est pas exempte de risques. Mais elle n’est pas non plus un budget de résignation. Entre contraintes assumées et opportunités latentes, le Cameroun dispose encore des marges de manœuvre nécessaires pour engager un redressement progressif, à condition de transformer l’ambition affichée en résultats tangibles.

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