Travaux sur l’axe Ngaoundéré–Mbé : un premier pas vers la fluidification du corridor Cameroun–Tchad

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Cet axe dessert les régions de l'Adamaoua, du Nord et de l'Extrême-Nord avant de rejoindre le Tchad via Kousseri

Le démarrage effectif des travaux de reconstruction de la section Ngaoundéré–Bas de la falaise de Mbé (50 km) marque une étape importante pour la réhabilitation du corridor Ngaoundéré–Garoua–Maroua–Kousseri, principal axe routier reliant le Cameroun au Tchad.

Si les opérations actuellement engagées restent essentiellement préparatoires, elles constituent le socle d’une amélioration attendue de la circulation sur un corridor stratégique qui supporte une part importante des échanges commerciaux entre les deux pays.

Un tronçon critique sur un corridor stratégique

La section Ngaoundéré–Bas de la falaise de Mbé constitue la porte d’entrée du corridor septentrional. Cet axe dessert les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord avant de rejoindre le Tchad via Kousseri. Il assure le transit des marchandises destinées à N’Djamena et aux pays de l’hinterland, faisant de lui l’un des corridors économiques les plus importants d’Afrique centrale.

Or, cette portion de 50 km est depuis plusieurs années l’un des points les plus dégradés du corridor. Nids-de-poule, affaissements de chaussée et déformations ralentissent considérablement les véhicules, notamment les poids lourds.

Des travaux encore préparatoires, mais indispensables

Les essais de déflexion lancés le 15 août 2026 permettront de mesurer la capacité portante de la chaussée afin d’adapter les solutions techniques de reconstruction. En parallèle, CGCOC Group procède au traitement des zones les plus dégradées pour maintenir un niveau minimal de circulation.

L’installation de la carrière, de la centrale de concassage et du laboratoire de chantier traduit également l’entrée progressive du projet dans sa phase opérationnelle. Ces infrastructures permettront d’assurer une production locale des matériaux et d’améliorer le rythme d’exécution des travaux.

Quel impact pour les usagers du corridor ?

À court terme, l’impact restera limité. Les opérations de rebouchage des nids-de-poule et de traitement ponctuel des dégradations permettront surtout de réduire les risques d’accidents et d’améliorer légèrement le confort de conduite. Les bénéfices les plus importants sont attendus à moyen terme, une fois la reconstruction achevée :

  • Réduction du temps de parcours entre Ngaoundéré et Garoua ;
  • Baisse des coûts d’exploitation des véhicules grâce à une diminution de l’usure mécanique ;
  • Amélioration de la sécurité routière ; meilleure régularité du trafic des camions transportant les marchandises vers le Nord-Cameroun et le Tchad.

Pour les transporteurs, quelques dizaines de kilomètres en bon état peuvent supprimer plusieurs points de ralentissement qui provoquent aujourd’hui des files de camions et des pertes de temps importantes.

Une amélioration réelle, mais qui ne réglera pas tout

Il convient toutefois de relativiser l’impact de cette seule opération. Le corridor Ngaoundéré–Kousseri s’étend sur près de 700 kilomètres. La reconstruction de 50 km représente environ 7 % de l’itinéraire total entre Ngaoundéré et Kousseri.

Autrement dit, ce chantier supprimera l’un des principaux goulets d’étranglement du corridor, mais il ne suffira pas, à lui seul, à transformer durablement les conditions de circulation. Les performances de l’axe continueront de dépendre de l’état des autres sections, notamment entre Garoua, Figuil, Maroua et Kousseri, ainsi que de la fluidité des contrôles routiers.

Un enjeu économique régional

Au-delà du confort des usagers, cette reconstruction revêt un enjeu économique majeur. Le corridor Cameroun–Tchad constitue l’une des principales voies d’approvisionnement du Tchad, pays enclavé, dont une grande partie des importations transite par le port de Douala avant de remonter vers N’Djamena.

Toute amélioration de la qualité de la route contribue à réduire les coûts logistiques, à sécuriser les délais de livraison et à renforcer l’attractivité du corridor pour les échanges sous-régionaux.

En conclusion

Les travaux engagés sur la section Ngaoundéré–Bas de la falaise de Mbé constituent une avancée importante pour la modernisation du corridor Ngaoundéré–Garoua–Maroua–Kousseri–Tchad. Les interventions actuellement observées restent essentiellement préparatoires et leurs effets immédiats demeureront modestes.

En revanche, une fois la reconstruction achevée, cette section devrait éliminer l’un des points les plus critiques du corridor, améliorer sensiblement les conditions de circulation et renforcer la compétitivité de cette route stratégique pour les échanges entre le Cameroun et le Tchad.

Pour produire un effet durable sur l’ensemble de l’axe, cette opération devra toutefois s’inscrire dans un programme continu de réhabilitation des autres tronçons du corridor.

Simon Emmanuel MINYEM

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