Yaoundé/Cameroun : 21 engins pour renforcer la bataille contre les inondations

aoundé renforce ses moyens opérationnels face aux inondations et à la dégradation de ses infrastructures.

Avec l’appui de la Banque africaine de développement, les sept communes d’arrondissement reçoivent des équipements destinés à améliorer le drainage, l’entretien des routes et la gestion des déchets. Au-delà de cette dotation, le défi reste celui de la gouvernance urbaine, de la maintenance et de l’efficacité durable des investissements.

Yaoundé renforce ses moyens opérationnels face aux inondations et à la dégradation de ses infrastructures. Le 8 octobre 2026, la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) a officiellement remis 21 engins de travaux publics et d’assainissement aux sept communes d’arrondissement de la capitale camerounaise.

Financée dans le cadre du Projet complémentaire d’assainissement pluvial durable de Yaoundé (PCADY), avec l’appui du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), cette opération vise à rapprocher les moyens d’intervention des territoires les plus exposés aux difficultés d’assainissement.

Chaque commune reçoit une niveleuse, une pelle chargeuse et une tractopelle. Ces équipements doivent faciliter le curage des drains, la restauration des exutoires naturels, la réhabilitation des routes en terre et l’enlèvement des déchets ménagers. L’objectif est de renforcer la capacité des collectivités à intervenir plus rapidement, notamment lorsque les pluies aggravent les problèmes de circulation et d’évacuation des eaux.

De l’équipement à la performance des communes

Cette remise constitue la deuxième étape d’un programme de 35 équipements. Sept camions-bennes de 20 tonnes avaient déjà été livrés le 19 septembre 2025. Sept compacteurs manuels restent attendus, leur acquisition étant assurée par le Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS).

Pour Pierre Ollame Bekale, chargé de programme pays représentant la direction régionale de la BAD, ces engins constituent un patrimoine public dont l’efficacité dépendra de l’utilisation, de l’entretien et de la transparence de la gestion.

Le maire de la ville, Luc Messi Atangana, a pour sa part salué l’accompagnement de la Banque, engagée depuis une vingtaine d’années aux côtés de Yaoundé dans les projets d’assainissement.

Les conditions de transfert des équipements cherchent à prévenir leur immobilisation prématurée. Les conducteurs communaux ont été formés en juin 2026 à la conduite et à la maintenance. Des pièces de rechange doivent être mises à disposition et des conventions de rétrocession ont été signées avec les maires d’arrondissement.

En contrepartie, les communes assumeront notamment l’assurance, l’immatriculation, le carburant, les lubrifiants, les salaires des chauffeurs et l’entretien courant.

Cette répartition des responsabilités sera déterminante. La disponibilité effective des engins dépendra de la capacité budgétaire des communes, de la planification des interventions et du contrôle de leur utilisation. Sans crédits d’entretien suffisants ni coordination entre les services municipaux, une dotation importante peut rapidement perdre une partie de son efficacité.

Le PCADY, un investissement structurant

Approuvé en décembre 2021, le PCADY représente un investissement de 36,01 millions d’euros, dont 32,4 millions financés par le Groupe de la BAD à travers le Fonds africain de développement. Il prolonge les deux premières phases du Projet d’assainissement de Yaoundé (PADY), qui ont permis la construction de 17 kilomètres de canaux de drainage sur le Mfoundi aval.

Selon les données présentées dans le cadre du projet, ces aménagements ont contribué à faire passer le nombre d’inondations importantes dans le centre-ville d’environ quinze à trois par an. Les épisodes pluvieux exceptionnels de 2018 ont toutefois montré les limites des infrastructures existantes et la nécessité de compléter les ouvrages de drainage.

Le PCADY prévoit notamment un bassin d’écrêtement des crues de deux hectares sur la rivière Djoungolo, un canal ouvert de 575 mètres et 860 mètres de voies sur berge le long du canal de la rivière Abiergue.

Le programme comprend également un volet consacré à la pré-collecte et à la valorisation des déchets solides, avec l’appui des associations et du secteur privé. Il ambitionne de créer environ 2 500 emplois pendant et après les travaux, dont au moins 40 % destinés aux femmes.

Une question de résilience urbaine

À Yaoundé, la lutte contre les inondations ne relève pas uniquement du génie civil. Elle implique aussi l’entretien des ouvrages, la maîtrise de l’occupation des espaces naturels d’écoulement, la collecte des déchets et la coordination entre la Communauté urbaine et les communes d’arrondissement.

La remise des 21 engins constitue donc un levier opérationnel, mais pas une solution autonome. Le véritable indicateur de réussite sera la réduction durable des zones inondables, l’amélioration de la propreté urbaine et la disponibilité des équipements sur le terrain.

Pour la capitale camerounaise, l’enjeu est désormais de convertir l’investissement financier en services municipaux plus efficaces et en une meilleure protection des populations.

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