Le Mont Cameroun figure parmi les volcans les plus actifs d'Afrique.

Mont Cameroun : les secousses de Buéa ravivent la crainte d’une éruption volcanique

Les secousses telluriques ressenties le 23 octobre 2026 dans plusieurs quartiers de Buéa ravivent les inquiétudes autour du Mont Cameroun. Face à cette situation, le gouverneur du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilai, a réuni, le 3 novembre, les autorités administratives, les scientifiques et les responsables locaux pour préparer une éventuelle riposte. Si aucune éruption imminente n’est annoncée, les mesures de prévention s’organisent.

Le vendredi 23 octobre 2026, des habitants de Buéa Town, Moli, Bokwaongo et Soppo ont rapporté des secousses ayant duré entre 10 et 15 secondes. Les vibrations auraient fait trembler des habitations et des meubles, suscitant des interrogations sur une éventuelle reprise de l’activité du Mont Cameroun.

Des secousses ressenties depuis le 23 octobre à Buéa

Culminant à environ 4 095 mètres, ce volcan actif représente une menace potentielle pour les populations installées sur ses flancs et dans les localités environnantes. Toutefois, les secousses ressenties ne constituent pas, à elles seules, une preuve d’une éruption imminente.

Les secousses annoncent-elles une éruption imminente ?

Les scientifiques appellent à la prudence. Selon Mafany Teke, responsable régional de la recherche scientifique et de l’innovation, plusieurs indicateurs doivent être analysés pour établir un diagnostic : fréquence des séismes, déformation du sol, variations de température et émissions de gaz volcaniques.

Les investigations menées dans onze villages après les secousses n’ont pas permis de conclure à une éruption imminente. Les spécialistes privilégient donc la vigilance, sans céder à la panique ni banaliser les manifestations observées.

La dernière éruption remonte à 2000

Le Mont Cameroun figure parmi les volcans les plus actifs d’Afrique. Son histoire est marquée par plusieurs épisodes éruptifs, notamment en 1954, 1959, 1982, 1989 et 1999.

Selon le Programme mondial de volcanisme de la Smithsonian Institution, sa dernière éruption officiellement répertoriée remonte au 28 mai 2000. Un autre épisode, marqué par une explosion et des projections de cendres et de flammes, a été rapporté en février 2012, sans modifier cette référence chronologique. Ce passé volcanique explique les inquiétudes suscitées par les récentes secousses.

Quelles sont les mesures prises par le Gouvernement ?

Le 3 novembre, le gouverneur Bernard Okalia Bilai a présidé une réunion consacrée à la prévention des risques. Plusieurs actions ont été retenues :

  • La sensibilisation des populations vivant au pied du volcan.
  • L’identification de zones de refuge dans les villages exposés.
  • Le repérage d’itinéraires d’évacuation.
  • Le renforcement de la surveillance volcanique et de la collaboration entre scientifiques, autorités et communautés.

Les chefs traditionnels sont également sollicités pour faciliter l’identification des espaces sécurisés et la diffusion des consignes. Ces annonces traduisent une volonté d’anticipation. Toutefois, aucun dispositif opérationnel complet d’évacuation n’est encore confirmé.

Quels sont les risques en cas d’éruption ?

Les coulées de lave constituent le principal danger. Elles peuvent détruire des habitations, couper des routes et endommager les infrastructures. Les populations établies dans les couloirs d’écoulement sont particulièrement exposées.

Les retombées de cendres, les émissions de gaz, les projections volcaniques et les secousses sismiques représentent également des menaces. À cela s’ajoutent les risques de glissements de terrain et d’inondations, accentués par le relief et les fortes précipitations.

Quelles précautions pour les populations ?

En attendant les conclusions des scientifiques, les habitants doivent rester attentifs aux consignes officielles. En cas de nouvelles secousses, il est recommandé de s’éloigner des bâtiments endommagés et de rejoindre un espace dégagé.

Les populations doivent également éviter les zones présentant des émissions inhabituelles de gaz, préparer une réserve d’eau, leurs médicaments indispensables et leurs documents importants. En cas de retombées de cendres, il faut limiter les déplacements, protéger ses voies respiratoires et maintenir portes et fenêtres fermées.

Le Mont Cameroun est-il sur le point d’entrer en éruption ?

Rien ne permet actuellement de l’affirmer. Les secousses du 23 octobre justifient une surveillance renforcée, mais ne constituent pas une preuve d’une éruption imminente. L’enjeu pour les autorités est désormais de transformer les mesures annoncées en un véritable dispositif de prévention et de protection des populations.

Simon Emmanuel Minyem

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