En Afrique centrale, la dynamique spatiale reste inégale.
Le Gabon, hôte de la conférence NewSpace Africa 2026 à Libreville, cherche à se positionner comme plateforme régionale de réflexion stratégique sur l’économie spatiale, même si ses capacités opérationnelles demeurent modestes.
La République démocratique du Congo et la République du Congo affichent un intérêt croissant pour l’observation de la Terre, notamment pour la surveillance forestière et minière, mais restent dépendantes de partenariats extérieurs. Le Tchad et la République centrafricaine ne disposent pas encore de programmes spatiaux structurés.
Globalement, la sous-région accuse un retard par rapport à l’Afrique de l’Ouest ou de l’Est, où des pays comme le Nigeria ou le Kenya ont déjà développé des satellites et des agences dédiées.
Les enjeux sont pourtant majeurs : cartographie des ressources naturelles, gestion des catastrophes climatiques, sécurité frontalière et connectivité numérique dans des territoires vastes et parfois enclavés. L’espace constitue un levier stratégique pour la souveraineté technologique et la planification du développement.
Le Cameroun : ambitions prudentes et défis structurels
Au Cameroun, la réflexion sur le spatial progresse, mais reste à un stade embryonnaire. Le pays ne dispose pas encore d’agence spatiale pleinement opérationnelle ni de satellite national en orbite.
Toutefois, les autorités ont exprimé à plusieurs reprises leur intérêt pour l’exploitation des technologies spatiales, notamment dans les domaines de la météorologie, de l’agriculture de précision, de la lutte contre la déforestation et de la sécurisation des frontières.
Le Cameroun pourrait tirer profit des nouvelles initiatives américaines portées par le United States Department of Commerce et la Federal Communications Commission, notamment en matière de régulation des fréquences, de cadre juridique et de formation technique.
La question centrale reste celle du financement et de la gouvernance : mettre en place un programme spatial exige des investissements lourds, une expertise scientifique solide et un environnement institutionnel stable.
Dans un contexte régional marqué par la concurrence entre les États-Unis, la Chine et la Russie, le Cameroun devra arbitrer entre partenariats stratégiques et préservation de sa souveraineté technologique.
Si l’Afrique centrale accuse encore un retard structurel, l’essor de la diplomatie spatiale mondiale offre une fenêtre d’opportunité. Pour Yaoundé comme pour ses voisins, l’enjeu ne se limite plus à accéder à l’espace, mais à définir un modèle de coopération durable, transparent et orienté vers le développement.