Afrique centrale : la sécurité sanitaire s’organise – le Cameroun en éclaireur d’un front régional encore fragile

À l’heure où l’Afrique centrale fait face à une multiplication d’urgences sanitaires - rougeole, choléra, fièvre hémorragique, poliovirus dérivé - les États de la sous-région ont décidé de renforcer leur coordination.

À l’heure où l’Afrique centrale fait face à une multiplication d’urgences sanitaires – rougeole, choléra, fièvre hémorragique, poliovirus dérivé – les États de la sous-région ont décidé de renforcer leur coordination.

Réunis à Brazzaville pour la deuxième réunion du comité de pilotage du Centre régional de coordination d’Africa CDC, ils ont adopté une série d’engagements destinés à « construire une architecture sanitaire résiliente et souveraine », selon les termes du Dr Brice Bicaba, directeur régional d’Africa CDC.

La sous-région compte près de 200 millions d’habitants, soit 15 % de la population africaine, mais reste l’une des plus vulnérables : moins de 48 % des structures de santé disposent d’équipements d’urgence opérationnels, et seulement un pays sur douze possède un système de surveillance numérique pleinement fonctionnel.

Une fragilité amplifiée par l’intensité des échanges transfrontaliers, la porosité des frontières et la dépendance aux importations de produits médicaux.

Le rôle pivot du Cameroun

Dans cet échiquier géosanitaire, le Cameroun apparaît comme l’axe central. Hub logistique majeur, corridor commercial pour le Tchad et la Centrafrique, et abritant plusieurs laboratoires de référence, il concentre à lui seul près de 40 % des capacités régionales de diagnostic d’urgence.

« Sans le Cameroun, la chaîne de surveillance régionale serait aveugle sur plusieurs segments stratégiques », confie un expert d’Africa CDC présent à Brazzaville. Le pays joue aussi un rôle diplomatique discret mais décisif : il est souvent médiateur lors des crises sanitaires transfrontalières, notamment entre le Nigéria, la Guinée équatoriale et le Tchad.

Souveraineté sanitaire et enjeux géopolitiques

Les États ont insisté sur l’urgence de développer une production locale. Africa CDC vise désormais 60 % de fabrication africaine de produits médicaux d’ici 2040, un objectif jugé ambitieux mais indispensable face aux tensions géopolitiques mondiales qui fragilisent les chaînes d’approvisionnement. « Tant que nous dépendrons des cargaisons venues de l’extérieur, nous resterons vulnérables », a martelé le Pr Yap Boum II.

Une coordination renforcée, un leadership attendu

La rencontre a également vu la passation de présidence entre le Congo et le Tchad. « Nous jouerons un rôle de catalyseur, mais la réussite dépendra de la volonté politique de chacun », a déclaré l’ambassadeur tchadien Abdel-Kerim Ahamadaye Bakhit.

Clôturant les travaux, le Pr Jean Rosaire Ibara a lancé un appel sans ambiguïté : « Nous avons identifié nos priorités. Désormais, l’histoire jugera notre capacité à les mettre en œuvre ».

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