Au cœur du partenariat euro-africain, la banque européenne mise sur le climat, les infrastructures et la souveraineté sanitaire pour propulser le continent vers une croissance durable et stratégique.
Au lendemain du 7ᵉ sommet UE–Union africaine à Luanda, la Banque européenne d’investissement (BEI) confirme son ambition : devenir le moteur financier du partenariat euro-africain. Pour Ambroise Fayolle, vice-président, l’Afrique n’est plus seulement prioritaire, elle est désormais le premier bénéficiaire des financements hors UE, concentrant 40 % des engagements extérieurs de la banque.
Forte de 60 ans de présence sur le continent, la BEI a investi plus de 20 milliards d’euros et mobilisé plus de 50 milliards supplémentaires, dont la moitié directement pour le secteur privé. Sa contribution représente un tiers de la stratégie européenne Global Gateway, portée à 400 milliards d’euros d’ici 2027.
Dernier exemple en date : 125 millions de dollars pour moderniser le corridor ferroviaire mauritanien, illustrant le rôle structurant de la banque dans les infrastructures africaines.
Les priorités de Fayolle sont claires : énergie, eau, santé, numérique, transport et agriculture durable. Le soutien aux PME passe par des institutions locales telles qu’Ecobank ou la Banque Centrale Populaire, tandis que les corridors logistiques, comme celui de Lobito, et des projets majeurs comme le financement de 350 millions d’euros pour Transnet en Afrique du Sud, visent à renforcer la compétitivité et l’emploi sur le continent.

(Ambroise Fayol, Vice -président de la BEI)
La BEI joue aussi un rôle central dans la souveraineté sanitaire. Après le Rwanda, de nouvelles capacités de production de vaccins seront financées en Afrique du Sud, dans la perspective de produire 60 % des vaccins consommés sur le continent d’ici 2040.
Face au dérèglement climatique et aux tensions géopolitiques, la BEI a fait du climat un axe transversal : sa feuille de route 2026-2030 prévoit de doubler les financements dédiés à l’adaptation, pour atteindre 30 milliards d’euros, avec plus de 2 milliards consacrés aux énergies renouvelables dans les deux prochaines années.
Enfin, la banque s’inscrit dans un écosystème multilatéral harmonisé, en coopération avec la Banque africaine de développement et via des initiatives telles que la taxonomie verte du Kenya ou la mobilisation de capitaux privés. Son objectif : consolider un langage commun pour une croissance durable et partagée entre l’Europe et l’Afrique.