Cameroun : Alice Nkom, figure des droits humains face au pouvoir de Yaoundé

Récompensée à Paris, l’avocate historique alerte sur la situation politique et les libertés publiques au Cameroun

Récompensée à Paris, l’avocate historique alerte sur la situation politique et les libertés publiques au Cameroun.

Avocate de renom et militante des droits humains, Alice Nkom demeure l’une des figures les plus connues de la société civile camerounaise. Première femme avocate du pays, elle a consacré près de six décennies à la défense des libertés fondamentales, notamment celles des personnes marginalisées, dont les minorités sexuelles. Son engagement lui vaut aujourd’hui une reconnaissance internationale, mais aussi des relations tendues avec les autorités de Yaoundé.

De passage à Paris, Alice Nkom a reçu le prix Engel-du Tertre, décerné par l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) au Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC), organisation régionale qu’elle préside. Cette distinction salue le travail mené par le réseau en faveur de la protection des défenseurs des droits humains dans un contexte régional marqué par des restrictions croissantes des libertés publiques.

Cette récompense intervient dans un climat politique sensible au Cameroun, marqué par la réélection contestée du président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Le REDHAC a d’ailleurs été suspendu pendant plusieurs mois par les autorités camerounaises, une décision justifiée officiellement par des motifs administratifs, mais dénoncée par l’organisation comme une entrave à ses activités.

Une voix critique mais institutionnelle

Alice Nkom assume une position critique vis-à-vis du régime en place, qu’elle accuse d’affaiblir progressivement l’État de droit. Active politiquement, elle est aujourd’hui porte-parole de l’opposant Issa Tchiroma Bakary, qui revendique la victoire à la dernière élection présidentielle.

Une implication qui situe clairement l’avocate dans le débat politique national, tout en nourrissant les critiques de ses détracteurs, qui l’accusent de brouiller la frontière entre militantisme des droits humains et engagement partisan.

De son côté, le pouvoir camerounais met en avant la stabilité institutionnelle du pays et rejette les accusations de dérive autoritaire, soulignant les efforts engagés en matière de maintien de l’ordre, de cohésion nationale et de développement.

Un débat au cœur de l’avenir du pays

Pour Alice Nkom, la reconnaissance internationale reçue à Paris est avant tout l’occasion de porter un message d’alerte sur la situation des libertés, de la justice et de la gouvernance au Cameroun.

Elle appelle à un dialogue politique inclusif et à une plus grande attention de la communauté internationale aux dynamiques internes du pays.

Entre défense des droits humains, engagement politique assumé et tensions avec les autorités, le parcours d’Alice Nkom illustre les lignes de fracture qui traversent le Cameroun contemporain. Un débat complexe, où s’opposent exigences de stabilité, aspirations démocratiques et pressions sociales, et qui continue de façonner l’avenir politique du pays.

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