Entre Boeing, Airbus et des investissements massifs, le pays transforme son aviation en levier géopolitique et économique.
L’Afrique centrale entre dans la course mondiale du transport aérien. Avec une croissance du trafic estimée à +6 % par an contre 4 % à l’échelle mondiale, la région devient un terrain stratégique pour Boeing et Airbus.
Pour les avionneurs, la priorité est claire : monocouloirs pour les liaisons régionales, cargos pour le fret et gros-porteurs pour relier Douala, Kinshasa, Brazzaville ou Libreville aux hubs internationaux. Boeing domine avec 70 % de parts de marché, mais Airbus progresse grâce à son écosystème industriel marocain et un centre de support africain.
Le Cameroun, au cœur de cette dynamique, engage un ambitieux plan d’infrastructures. Le gouvernement prévoit en 2026 le lancement des études de faisabilité pour un nouvel aéroport international à Douala, avec un budget de 1,2 milliard de FCFA.
Situé entre Douala, Édea et Kribi, cet équipement vise à corriger les insuffisances des aéroports existants et à accueillir un trafic international croissant.
Parallèlement, l’aéroport international de Douala bénéficie d’une rénovation de 95 milliards de FCFA : extension des pistes, nouvelle aire de trafic de 36 000 m², modernisation de l’aérogare. Les études pour réhabiliter Bertoua, Kribi et Tiko débuteront également en 2026.

Thomas Owona Assoumou, directeur général des Aéroports du Cameroun (ADC), veut transformer Douala en hub international attractif, moteur de développement économique et de connectivité régionale, aujourd’hui » vétuste, faisant face des problèmes de sûreté, de sécurité et de confort, pour des retombées en matière d’image de marque, de fonctionnalité et de flux ». Par ailleurs, Les ADC ont été sélectionné par l’état camerounais pour entrer à la bourse, un positionnement stratégique de premier plan.
Ces initiatives s’inscrivent dans un contexte de coopération internationale et de financement climatique. La BEI investit massivement en Afrique pour les infrastructures résilientes et l’énergie renouvelable, avec plus de 2 milliards d’euros dédiés aux renouvelables et un soutien aux corridors logistiques.
Pour Boeing et Airbus, Douala devient un laboratoire stratégique : la modernisation du réseau aérien crée un pont entre Afrique centrale et hubs mondiaux, tout en stimulant la formation de pilotes et techniciens -un enjeu clé pour la croissance régionale.
Avec ces projets, le Cameroun sort de sa marginalité historique et s’affirme comme pivot géopolitique et moteur économique de l’aviation en Afrique centrale, consolidant sa place sur la carte mondiale de la connectivité aérienne.