Cameroun : la nouvelle carte administrative, réforme nécessaire ou fardeau budgétaire ?

Dans une note adressée aux gouverneurs, Paul Atanga Nji demande des propositions « urgentes » pour la création de nouveaux départements et arrondissements,

Entre promesse d’efficacité territoriale et risque d’alourdissement financier, la création de nouveaux départements et arrondissements ouvre un débat national sur la gouvernance, la sécurité et la capacité de l’État à financer sa décentralisation.

L’annonce du ministère de l’Administration territoriale, le 2 décembre 2025, ravive un vieux débat : le Cameroun doit-il élargir sa carte administrative pour mieux gouverner un territoire en mutation ?

Dans une note adressée aux gouverneurs, Paul Atanga Nji demande des propositions « urgentes » pour la création de nouveaux départements et arrondissements, fondées sur la démographie, l’étendue des unités mères, les distances, et la vitalité économique ou culturelle des zones concernées.

L’objectif affiché est clair : densifier le maillage administratif afin d’améliorer l’accès aux services publics, renforcer la gouvernance locale et optimiser la sécurité, notamment dans des zones sensibles. « Cette démarche vise à répondre à la pression démographique et aux besoins territoriaux actuels », souligne Stella Ekoro, responsable de la communication du Minat.

Les avantages : efficacité, sécurité, proximité

Créer de nouvelles unités permet théoriquement de rapprocher l’État des citoyens, réduire les délais administratifs, dynamiser les activités économiques locales et déployer plus rapidement les forces de maintien de l’ordre dans des régions difficiles d’accès. Dans certaines localités enclavées ou sous-administrées, cette réforme pourrait corriger un déséquilibre ancien.

Les limites : coût élevé et ressources humaines insuffisantes

Mais la question cruciale demeure : le Cameroun a-t-il les moyens de ses ambitions ? Chaque nouveau département implique des infrastructures immédiates – préfectures, résidences officielles, postes FMO – dont le coût peut atteindre plusieurs milliards de FCFA. À cela s’ajoutent les dépenses récurrentes : effectifs d’administration, recrutement de personnels spécialisés, équipements logistiques, sécurité, énergie et connectivité.

Or, la décentralisation camerounaise est déjà confrontée à un sous-financement chronique, avec des transferts insuffisants et des collectivités parfois incapables de couvrir leurs charges de fonctionnement. Multiplier les structures sans ressources additionnelles risque de fragmenter davantage un budget déjà contraint et de diluer les capacités de l’État.

Le dilemme stratégique

Pour Yaoundé, la réforme est à la fois un levier de gouvernance et un outil de stabilisation territoriale. Mais sans un plan budgétaire solide et des évaluations d’impact rigoureuses, elle pourrait se transformer en un réseau administratif coûteux, peu opérationnel et difficile à entretenir.

La question reste ouverte : efficacité territoriale ou inflation institutionnelle ? Le débat, désormais national, exigera transparence, pragmatisme et vision stratégique.

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