Son comeback stratégique relance les tensions politiques et interroge sur la capacité de l’opposant à défier le pouvoir en place.
Le retour de Maurice Kamto à la tête du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) agit comme un véritable choc sur la scène politique nationale, tant par son timing que par la portée stratégique de l’événement. À peine quelques mois après sa démission surprise et sa tentative avortée de candidature sous l’étiquette du Manidem pour la présidentielle d’octobre 2025, l’opposant revient aux commandes de son parti à l’issue de l’élection d’un nouveau bureau national le 22 novembre 2025.
Cette décision, officialisée par un communiqué interne, ravive immédiatement les tensions et repositionne le MRC au cœur des débats sur l’avenir politique du pays. Pour ses partisans, cette réélection rapide s’apparente à une correction nécessaire après ce qu’ils considèrent comme une exclusion injustifiée du scrutin, orchestrée par le Conseil constitutionnel en août dernier.
Le rejet de sa candidature demeure en effet l’un des épisodes les plus controversés de la pré-campagne, nourrissant l’idée d’un verrouillage institutionnel visant à neutraliser une candidature jugée trop menaçante pour l’ordre politique établi. Dès lors, le retour de Kamto est perçu, dans son camp, comme une réponse logique à un contexte jugé hostile, voire arbitraire, mais aussi comme un signal adressé à ceux qui doutaient de sa capacité à reprendre la main.
Pour ses adversaires, au contraire, l’événement s’apparente à une manœuvre opportuniste destinée à reconquérir une tribune politique et à galvaniser une base militante ébranlée. Plusieurs responsables politiques, y compris au sein du RDPC, ont exprimé publiquement leur opposition à cette résurgence, certains allant jusqu’à lancer des mots d’ordre pour contrecarrer son influence.
Cette hostilité témoigne de la persistance d’une crainte latente : celle de voir Kamto réactiver une dynamique de contestation capable de perturber l’équilibre politique soigneusement contrôlé depuis des décennies. Le silence prolongé de l’opposant après la présidentielle, bien qu’interprété par certains comme un retrait stratégique, avait laissé planer des doutes sur son avenir politique.
Sa réinstallation à la tête d’un MRC demeuré remarquablement mobilisé ouvre ainsi un nouveau chapitre. Elle relance le débat sur la recomposition de l’opposition, la quête d’alternance et l’éventualité d’un affrontement politique renouvelé à l’approche des échéances décisives qui attendent le Cameroun.