Cameroun : Recomposition stratégique dans l’arène multilatérale

Selon le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, l’État « croule sous les frais » de certaines adhésions, dont l’utilité reste floue.

Yaoundé envisage un retrait ciblé de 35 % de ses organisations internationales pour maîtriser ses coûts et repositionner sa diplomatie sans renoncer à sa souveraineté.

Le Cameroun engage une réévaluation d’ampleur de ses engagements internationaux. Face à une facture croissante de contributions multilatérales, le gouvernement prépare un retrait ciblé d’environ 35 % des organisations auxquelles le pays est affilié. Cette démarche, initiée conjointement par le ministère des Finances et celui des Relations extérieures, s’inscrit dans une logique de rationalisation budgétaire mais aussi de repositionnement stratégique sur la scène internationale.

Selon le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, l’État « croule sous les frais » de certaines adhésions, dont l’utilité reste floue. Le constat est sans appel : Yaoundé découvre l’existence d’organisations dont ni la date d’adhésion, ni les missions exactes ne sont clairement identifiées. Cette opacité interroge sur la cohérence d’un portefeuille d’affiliations longtemps construit par accumulation plutôt que par choix stratégique.

Mais au-delà du coût, cette démarche traduit une volonté de redéfinir la place du Cameroun dans un environnement international marqué par des recompositions majeures : montée des blocs régionaux, compétition sino-occidentale en Afrique centrale, recentrage des États sur leurs intérêts fondamentaux. Dans ce contexte, le pays cherche à privilégier les organisations offrant une réelle valeur ajoutée diplomatique, sécuritaire ou économique.

Le maintien au sein de structures jugées stratégiques – à commencer par l’Union africaine, dont le Cameroun vient de régler 73 % de sa contribution – confirme cette approche sélective. Il ne s’agit pas d’un retrait du multilatéralisme, mais d’une hiérarchisation assumée des alliances et des engagements.

Sur le plan géoéconomique, cette rationalisation pourrait dégager des marges budgétaires pour financer des priorités nationales, notamment la sécurité, les infrastructures et l’industrialisation. Géostratégiquement, Yaoundé cherche à éviter toute dépendance excessive vis-à-vis d’organisations marginales, tout en consolidant son influence dans les cercles où se négocient les grands équilibres africains et globaux.

Enfin, cette initiative s’inscrit dans une logique de souveraineté : reprendre le contrôle de ses engagements, maîtriser ses contributions et s’assurer que chaque affiliation serve les intérêts du pays. Le Cameroun, loin de se replier, entend réaffirmer une diplomatie plus cohérente, plus lisible et plus alignée sur ses priorités nationales.

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