Diaspora camerounaise : Michel-Thierry Atangana est décédé

Michel-Thierry Atangana, ingénieur financier français d’origine camerounaise, est décédé en France.

Retour sur un itinéraire personnel et institutionnel au croisement du Cameroun et de la France.

Michel-Thierry Atangana, ingénieur financier français d’origine camerounaise, est décédé en France. Il avait 61 ans. Son parcours, marqué par une longue détention au Cameroun et un engagement ultérieur en faveur des Français incarcérés à l’étranger, a occupé une place particulière dans le débat public franco-africain au cours des deux dernières décennies.

Arrivé au Cameroun dans les années 1990, Michel-Thierry Atangana est nommé chargé de mission auprès du secrétariat général de la présidence de la République. Il intervient alors dans des dossiers techniques liés à la restructuration de la dette et au suivi de projets d’infrastructures routières stratégiques, notamment à travers le Comité de pilotage et de suivi des travaux routiers (Copisur), un consortium associant partenaires camerounais et internationaux.

En 1997, il est arrêté et poursuivi pour des faits de détournement de fonds publics et de trafic d’influence, accusations qu’il a toujours contestées. Condamné à de lourdes peines de prison, il passera dix-sept années en détention, dont plusieurs en isolement. Son dossier suscite progressivement l’attention d’organisations de défense des droits humains et d’instances internationales, qui s’interrogent sur les conditions de sa détention et sur le déroulement des procédures judiciaires.

En 2014, à la suite de démarches diplomatiques et d’interventions internationales, Michel-Thierry Atangana est libéré dans le cadre d’une grâce présidentielle. Il s’installe ensuite en France, où il engage plusieurs procédures judiciaires afin d’obtenir une reconnaissance de son préjudice et la restitution de ses avoirs, demeurés gelés. Certaines évaluations administratives ont estimé ces préjudices à plusieurs centaines de milliards de francs CFA, sans qu’un règlement définitif n’ait été trouvé.

Parallèlement, il devient une figure de référence sur la question des Français détenus à l’étranger. Son cas contribue à l’adoption, en 2021, de la loi dite « Atangana », qui permet aux juridictions françaises de prendre en compte les avis d’organismes internationaux dans l’examen de situations de détention à l’étranger.

Michel-Thierry Atangana laisse l’image d’un homme engagé dans une quête de reconnaissance juridique et institutionnelle, dont le parcours continue d’alimenter les réflexions sur la protection consulaire, la coopération judiciaire internationale et le rôle des mécanismes multilatéraux en matière de droits fondamentaux.

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