La table ronde sur la protection des forêts du bassin du Congo s’est clôturée lundi 24 octobre 2025 à Libreville, réunissant le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et son homologue français Emmanuel Macron.
L’événement a mis en avant la préservation durable de cet écosystème vital et la nécessité d’une valorisation économique de ses ressources. Brice Clotaire Oligui Nguema a rappelé que le Gabon assume depuis plus de 50 ans seul le coût de la conservation de ses forêts, une situation qu’il juge « plus acceptable ». Il a salué le rôle de la France dans l’adoption de l’appel de Belem lors de la COP30 et la collaboration autour du partenariat pour les forêts du bassin du Congo.
Selon lui, la préservation environnementale doit désormais générer des retombées économiques pour les communautés locales. Il a annoncé la création d’un « programme conjoint de formation d’une génération verte », visant à former 250 experts dans les domaines de l’économie verte, du droit de l’environnement et du développement durable d’ici cinq ans.
Le président gabonais a également insisté sur la lutte contre la criminalité environnementale, l’encouragement aux entreprises françaises à investir dans les crédits carbone, et le lancement du « Country Package », une plateforme pour coordonner les financements climatiques et forestiers. Il a appelé à « moins de discours et plus d’action », soulignant l’importance d’emplois nouveaux et de revenus supplémentaires pour les jeunes, les femmes et les communautés rurales.
Emmanuel Macron a rappelé l’importance des forêts primaires, qui représentent 14 % du carbone irrécupérable mondial, et a salué le Gabon pour sa quasi-absence de déforestation depuis les années 1990. Il a annoncé un engagement de 2,5 milliards de dollars sur cinq ans pour la protection du bassin du Congo, incluant la formation d’experts, la création d’une académie environnementale à Libreville et le développement d’une industrie du bois tropical légale et éthique.
Des mécanismes financiers innovants, tels que le crédit biodiversité et le paiement pour services écosystémiques, sont également prévus, appuyés par un projet de 17 millions d’euros de l’Agence Française de Développement.
Le bassin du Congo, réparti sur plusieurs pays d’Afrique centrale, demeure l’une des dernières grandes forêts tropicales primaires de la planète. Il contient jusqu’à 30 milliards de tonnes de carbone et absorbe potentiellement 1,5 milliard de tonnes de CO₂ par an, faisant de lui le « plus important puits de carbone forestier » mondial. Toutefois, sa capacité est menacée par la déforestation illégale, l’exploitation minière, l’expansion agricole et le changement climatique, qui compromettent son rôle crucial dans la régulation du climat mondial.