Guinée-Bissau – Instabilité post-électorale : L’armée prend le pouvoir

des soldats ont pris position dans les rues de la capitale et annoncé avoir repris le « contrôle total du pays

La Guinée-Bissau est plongée dans une crise politique majeure trois jours après les élections présidentielle et législatives, alors que des tirs ont été entendus mercredi près du palais présidentiel à Bissau.

Le pays, déjà fragilisé par une longue histoire de coups d’État et de transitions violentes, voit ses institutions mises à l’épreuve, avec les deux camps revendiquant la victoire. Le président sortant Umaro Sissoco Embaló et son rival Fernando Dias de Costa affirment chacun avoir remporté le scrutin, créant un climat de tension extrême à la veille de la publication des résultats provisoires.

La Guinée-Bissau occupe une position stratégique en Afrique de l’Ouest, qualifiée de « corridor instable » reliant le Sahel aux côtes du Golfe de Guinée. Sa situation géopolitique en fait un terrain d’influence pour des réseaux criminels et un enjeu pour la CEDEAO, soucieuse de prévenir une escalade pouvant déstabiliser la région.

Les forces armées bissau-guinéennes, historiquement fragmentées, conservent un poids politique disproportionné, et le pays a connu quatre coups d’État réussis, plus d’une douzaine de tentatives et un épisode armé en février 2022. Cette tradition militaire accentue les craintes d’une intervention directe en cas de refus des résultats par l’un des candidats.

Sur le plan économique, le pays reste extrêmement vulnérable : la noix de cajou représente plus de 85 % des exportations et le PIB n’atteint pas 2 milliards USD. Une crise post-électorale prolongée risquerait de perturber la campagne agricole, principale source de revenus des ménages, tout en décourageant les investisseurs.

Selon la Banque mondiale, près de 70 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, ce qui alimente le mécontentement social et accroît les risques d’affrontements. Mercredi, des soldats ont pris position dans les rues de la capitale et annoncé avoir repris le « contrôle total du pays », suspendant le processus électoral et fermant les frontières.

Le président Umaro Sissoco Embaló a déclaré avoir été arrêté, alors que le général Horta Inte Nan Tan serait à la tête de cette rébellion. Certains observateurs dénoncent ce mouvement comme une tentative de l’État de suspendre le dépouillement des votes, dans un contexte où les institutions restent fragiles.

La Guinée-Bissau se trouve à un carrefour décisif : la reconnaissance des urnes pourrait stabiliser le pays, tandis que la répétition du cycle des armes menace de replonger cette ancienne colonie portugaise dans l’instabilité chronique qui a marqué ses cinquante années d’indépendance. La CEDEAO appelle à la retenue, consciente que la stabilité bissau-guinéenne conditionne celle de toute la sous-région.

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