Handicap : le Cameroun face à ses urgences invisibles

Chaque 3 décembre, la Journée internationale des personnes handicapées rappelle un principe simple mais encore trop souvent théorique.

Entre lois ambitieuses et budgets insuffisants, l’inclusion reste un combat quotidien pour des milliers de familles.

Le Cameroun face à ses propres défis

Chaque 3 décembre, la Journée internationale des personnes handicapées rappelle un principe simple mais encore trop souvent théorique. Aucune société ne peut prétendre au développement si elle laisse à la marge une partie de ses citoyens. Au Cameroun, cette réalité prend une résonance particulière tant l’inclusion demeure fragile, malgré des avancées législatives notables.

Quelques données clés

  • Selon le rapport de 2021 de UNPRPD (Programme de l’ONU pour le développement, volet handicap), environ 5,4 % de la population camerounaise vit avec au moins une forme de handicap.
  • Certaines sources évoquent un nombre absolu d’environ 2,9 millions de personnes en situation de handicap.
  • Les types de handicap les plus fréquents sont les déficiences sensorielles : troubles visuels, auditifs, suivis des handicaps moteurs.
  • Les taux varient fortement selon les régions et le type d’enquête : certaines études plus locales ou spécifiques (par exemple à un groupe d’âge ou zone géographique) ont obtenu des prévalences plus élevées — jusqu’à ~10-11 % dans certaines zones selon les classifications régionales.

Un cadre juridique solide, mais une application inégale

La loi camerounaise prévoit des droits clairs : accès aux soins, à l’éducation, à la formation, à l’emploi, ainsi que des mesures de réadaptation et de protection sociale. Sur le papier, le pays reconnaît le handicap comme un enjeu transversal. Dans les faits, l’application reste fragmentée. Les programmes existent, mais leur couverture demeure limitée, faute de financement suffisant, de structures adaptées et d’un suivi rigoureux.

Cette fragilité institutionnelle empêche les personnes handicapées de bénéficier pleinement des avantages prévus : aides matérielles, orientations éducatives, exonérations fiscales ou encore dispositifs d’accompagnement.

Le poids du handicap pour les familles

Au quotidien, ce sont les familles qui absorbent l’essentiel du coût du handicap. Elles assurent les soins, compensent l’absence de structures spécialisées, financent parfois elles-mêmes l’appareillage ou le transport adapté.
Le handicap devient ainsi une source de précarisation : baisse des revenus, retrait temporaire ou définitif d’un parent du marché du travail, charges médicales élevées. L’impact psychologique est tout aussi lourd, notamment dans les zones rurales où l’accès aux services est encore plus restreint.

Éducation, emploi : une intégration encore trop faible

L’école reste le premier terrain de discrimination. Faute d’adaptation pédagogique, de formation des enseignants ou d’infrastructures accessibles, de nombreux enfants handicapés abandonnent très tôt la scolarité.

Cette exclusion précoce réduit mécaniquement l’employabilité à l’âge adulte. Dans le monde du travail, les obstacles persistent : bâtiments non accessibles, absence d’aménagements raisonnables, préjugés, manque d’opportunités de formation qualifiante et faible implication du secteur privé. Résultat : les personnes handicapées sont largement sous-représentées dans l’emploi formel.

Un budget encore insuffisant pour une véritable inclusion

L’un des nœuds du problème reste le financement. Les politiques d’inclusion reposent sur des ressources limitées et souvent instables, rendant difficile la mise en place de programmes durables. L’encadrement institutionnel, bien que présent, manque d’outils, de personnel et de moyens techniques.

Vers une inclusion réelle

Pour avancer, le Cameroun devra renforcer l’investissement public, institutionnaliser l’accessibilité, encourager les entreprises à recruter différemment et garantir un accompagnement continu des personnes handicapées dès la petite enfance. La Journée du 3 décembre ne doit pas être une commémoration, mais un rappel : l’inclusion n’est pas un slogan, c’est une politique publique exigeante.

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