Avec 95 milliards FCFA et l’appui européen, les ADC relancent un projet clé pour la puissance économique, l’image internationale et l’influence régionale du Cameroun.
Le 23 mars 2026 marque une étape décisive dans la relance du projet de modernisation de l’aéroport international de Douala, avec la signature par le directeur général des Aéroports du Cameroun (ADC), Thomas Owona Assoumou, d’un nouvel appel à manifestation d’intérêt.
Après une première procédure déclarée « infructueuse » en décembre 2025, cette initiative traduit la volonté des autorités de repositionner cette infrastructure comme un hub régional majeur.
Doté d’un financement de 95 milliards de FCFA, mobilisant un prêt de l’Agence française de développement (AFD), les ressources propres des ADC et une contribution de l’État camerounais, ce projet s’inscrit dans une logique géoéconomique claire : renforcer l’attractivité du Cameroun comme porte d’entrée stratégique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Avec une extension de 25 000 m² de l’aérogare, incluant un système moderne de traitement des bagages, de nouvelles salles d’embarquement et des espaces de contrôle optimisés, l’objectif est d’améliorer la fluidité et la sécurité du trafic aérien.
Sur le plan géostratégique, l’aéroport de Douala constitue un point nodal pour les échanges commerciaux, diplomatiques et humains. Il est la principale interface entre le Cameroun, sa diaspora et ses partenaires internationaux, notamment européens.
La participation de l’AFD illustre d’ailleurs la continuité des relations économiques et techniques entre le Cameroun et l’Europe, dans un contexte où les infrastructures de transport deviennent des instruments d’influence et de compétitivité.
« L’entreprise adjudicataire du contrat sera amenée à travailler avec d’autres entreprises dans la gestion de l’interface et la cohérence du projet », a précisé Thomas Owona Assoumou, soulignant la complexité technique et la dimension collaborative de cette modernisation. *
Cette approche intégrée reflète une logique d’intelligence économique, visant à optimiser les synergies entre acteurs locaux et internationaux.
Au-delà des infrastructures, l’enjeu est aussi réputationnel. Dans un environnement globalisé, la qualité des aéroports influence directement l’image d’un pays. Un terminal moderne, sécurisé et performant renforce la confiance des investisseurs, facilite le tourisme et améliore l’expérience des voyageurs.
À l’inverse, des infrastructures obsolètes peuvent constituer un frein au développement. Avec un calendrier prévisionnel de 24 mois pour les travaux, dont l’appel d’offres est attendu au deuxième trimestre 2026, le projet ambitionne de transformer Douala en un hub compétitif face à d’autres plateformes régionales.
Cette ambition s’inscrit dans une dynamique de croissance du trafic aérien en Afrique, estimée à plus de 5 % par an selon les projections du secteur.
En consolidant sa position de carrefour aérien, le Cameroun renforce non seulement son rôle économique en Afrique centrale, mais aussi son influence diplomatique et sa capacité à capter les flux internationaux.
La modernisation de l’aéroport de Douala apparaît ainsi comme un investissement structurant, au croisement des enjeux économiques, sécuritaires et géopolitiques contemporains.