Cent femmes formées pour transformer l’entrepreneuriat féminin en moteur de souveraineté économique.
À Ngaoundéré, capitale régionale de l’Adamaoua, l’Agence de promotion des petites et moyennes entreprises (APME) a clôturé, le 4 décembre dernier, un cycle de six mois de formation intensive consacré à l’autonomisation économique des femmes.

Cent promotrices, actives dans les secteurs de la couture, du textile, de la restauration et de l’agroalimentaire, ont reçu leurs attestations des mains du directeur général de l’Agence, Jean-Marie Louis Bagda.
Le programme, axé sur la gestion moderne, l’éducation financière, l’amélioration de la qualité et les stratégies de vente, vise à professionnaliser et structurer les activités de ces actrices économiques locales.
Cette session s’inscrit dans une dynamique nationale de renforcement de l’entrepreneuriat féminin, considéré comme un levier majeur pour densifier le tissu des PME et accroître la création de valeur dans les territoires.
Selon l’APME, doter les promotrices d’outils performants de gestion et de production revient à consolider les bases d’une économie plus résiliente, moins dépendante des importations.
Le “Made in Cameroon”, moteur de l’import-substitution
L’action de l’APME rejoint les priorités économiques actuelles, notamment la promotion du “Made in Cameroon” et la stratégie d’import-substitution.

Dans la présentation du Programme économique, financier, social et culturel 2026, le Premier ministre Joseph Dion Ngute rappelait les efforts déployés pour améliorer la présence des produits locaux dans les grandes enseignes.
Ces orientations connaissent déjà des traductions concrètes : Carrefour, du groupe CFAO, indique que 40 % de ses produits alimentaires sont camerounais, représentant 45 % de son chiffre d’affaires alimentaire et 75 % des volumes vendus.
Le distributeur travaille aujourd’hui avec près de 300 producteurs locaux, qui constituent 75 % de ses fournisseurs. Un signal fort pour les TPE et PME, dont celles portées par les 100 promotrices désormais certifiées à Ngaoundéré.
Des avancées notables… mais des défis à relever
La valorisation du “Made in Cameroon” passe aussi par des labels nationaux, la participation aux salons spécialisés, la digitalisation des ventes ou encore la formalisation progressive des unités de production. Malgré ces avancées, les défis persistent : faible transformation locale, accès limité aux financements, faible visibilité des marques naissantes et pression des produits importés.
C’est précisément pour répondre à ces contraintes que la montée en compétences de ces femmes entrepreneurs apparaît stratégique. En consolidant la qualité et la structuration des entreprises féminines, l’APME contribue à faire d’elles des actrices centrales de la souveraineté économique nationale.