Port de Kribi : le Cameroun muscle sa stratégie énergétique dans un contexte post-électoral sous tension

Avec le lancement du futur terminal hydrocarbures, Yaoundé envoie un signal de stabilité économique et géostratégique au Golfe de Guinée.

Avec le lancement du futur terminal hydrocarbures, Yaoundé envoie un signal de stabilité économique et géostratégique au Golfe de Guinée.

Une étape décisive vient d’être franchie pour le Port Autonome de Kribi (PAK). Le 18 décembre 2025, un protocole d’accord tripartite a été signé entre le PAK, la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP) et le consortium PARLYM/EJN, ouvrant la voie à la construction d’un terminal hydrocarbures de nouvelle génération. Au-delà de l’infrastructure, ce projet s’inscrit dans une séquence politique et économique sensible pour le Cameroun, quelques semaines après une élection présidentielle contestée, marquée par des tensions sociales et sécuritaires.

Pensé comme une plateforme logistique intégrée, le futur terminal comprendra un quai pétrolier en eaux profondes capable d’accueillir des navires de fort tonnage, des cuves de stockage à haute capacité et un réseau de pipelines interconnectés. L’objectif est clair : réduire les délais d’attente en mer, abaisser les coûts de transport et renforcer la sécurité d’approvisionnement en hydrocarbures d’un pays dont près de 80 % de l’énergie dépend encore des produits pétroliers importés.

Dans un contexte international marqué par la volatilité des prix du brut et les recompositions géopolitiques liées aux crises en mer Rouge, en Ukraine et au Moyen-Orient, le Cameroun cherche à consolider ses marges de manœuvre. « L’augmentation des capacités de stockage permettra de constituer des réserves stratégiques et de mieux absorber les chocs externes », souligne un cadre du secteur énergétique à Douala. À terme, le terminal pourrait positionner Kribi comme un hub énergétique régional, au service non seulement du Cameroun, mais aussi de pays enclavés d’Afrique centrale comme le Tchad ou la RCA.

Sur le plan macroéconomique, l’enjeu est majeur. Avec une croissance estimée autour de 4 % en 2025 et une dette publique proche de 45 % du PIB, le Cameroun est sous pression pour accélérer ses investissements structurants, tout en rassurant partenaires financiers et bailleurs internationaux. Le projet de Kribi s’inscrit dans cette logique de crédibilisation, à un moment où la gouvernance post-électorale est scrutée de près par les investisseurs.

Le protocole signé prévoit une phase préparatoire de douze mois, dédiée aux études techniques et à la consolidation du modèle économique avant les décisions finales d’investissement. Cette prudence traduit aussi une volonté de sécuriser le projet face aux risques politiques et opérationnels.

Dans un Golfe de Guinée traversé par des enjeux sécuritaires, énergétiques et commerciaux croissants, le terminal hydrocarbures de Kribi apparaît ainsi comme un pari stratégique : celui de faire de l’infrastructure un levier de stabilité, de souveraineté énergétique et de projection régionale pour un Cameroun en quête de normalisation politique et de relance économique.

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