Sonara : 75 % d’équipements récupérables, un levier stratégique pour alléger un chantier à 300 milliards FCFA

La relance de la Sonara n’est plus seulement un défi industriel : c’est désormais un dossier de stabilité macroéconomique et monétaire, dont dépend en partie l’équilibre financier de toute la Cemac

Plus de cinq ans après l’incendie de mai 2019, la Société nationale de raffinage (Sonara) se trouve à un tournant décisif.

Les premières évaluations techniques menées en 2025 concluent que près de 75 % des équipements endommagés sont récupérables. Une perspective qui pourrait réduire la facture d’un chantier devenu critique pour l’économie nationale et pour l’équilibre monétaire de la sous-région.

Devant la commission des finances de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a détaillé les études en cours :

  • Une étude de faisabilité (APS) confiée à la société française Axens, lancée en février 2025 pour 42 semaines ;
  • Une évaluation préliminaire conduite par Ekiun Ltd, concluant à la récupérabilité de la majorité des actifs industriels.

Pourtant, le coût de la réhabilitation, initialement fixé à 250 milliards FCFA, est désormais porté à 300 milliards FCFA, selon le Premier ministre Joseph Dion Nguté. L’enveloppe intègre à la fois la remise en état de l’outil industriel et la restructuration interne de la société, dans le cadre du Plan d’accélération Parras 24, qui vise un retour au raffinage d’ici 2027.

Une entreprise cruciale, mais plombée par une dette massive

La Sonara demeure lourdement endettée :

  • 261 milliards FCFA envers les banques (rééchelonnés depuis 2021),
  • 312 milliards FCFA réclamés par les traders (rééchelonnés en 2023).

Pour garantir le remboursement, le gouvernement a instauré un prélèvement de 47,8 FCFA sur chaque litre de carburant vendu à la pompe. Ce mécanisme a généré 479 milliards FCFA à fin octobre 2025, et ces ressources serviront également de garantie au financement de Parras 24.

Un enjeu géoéconomique majeur pour la Cemac

L’intérêt marqué d’institutions financières comme l’UBAF, ING ou la MCB, et la disponibilité de la BEAC à financer jusqu’à 60 % du projet via son guichet B, témoignent de l’importance stratégique du dossier.

Depuis l’arrêt de la Sonara, le Cameroun importe 100 % de ses besoins en produits pétroliers, soit 1,8 million de tonnes sur les dix premiers mois de 2025. Ces achats massifs fragilisent les réserves en devises de la Cemac, déjà sous tension.


Pour le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, la réhabilitation de la raffinerie est désormais un impératif monétaire : « Aujourd’hui, c’est toute la sous-région qui importe des produits finis. Cela fragilise notre position extérieure ».

Vers une réhabilitation sous contrainte mais incontournable

La récupération de 75 % des équipements constitue une marge de manœuvre appréciable dans un environnement financier tendu. Mais le véritable enjeu est ailleurs : restaurer la souveraineté énergétique du Cameroun et limiter la pression sur les réserves en devises de la sous-région.

La relance de la Sonara n’est plus seulement un défi industriel : c’est désormais un dossier de stabilité macroéconomique et monétaire, dont dépend en partie l’équilibre financier de toute la Cemac.

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