Face aux rumeurs, la diplomatie française précise son soutien à Cotonou, réaffirme le rôle central de la CEDEAO et s’inquiète des contagions politiques régionales
La France a tenu à dissiper les zones d’ombre entourant la tentative de putsch avortée dimanche au Bénin. Invité sur Africa Radio mercredi 11 décembre, Pascal Confavreux, porte-parole du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, a détaillé l’implication de Paris tout en dénonçant une campagne de désinformation et en mettant en lumière les risques d’instabilité grandissants en Afrique de l’Ouest.
Selon le diplomate, Paris a suivi l’événement « avec une grande attention » et condamné « sans équivoque » une tentative de déstabilisation « très violente ». Il précise que la France a apporté un soutien politique à la réaction de la CEDEAO, en particulier au Nigeria, immédiatement engagé pour éviter l’installation d’une crise durable dans un pays longtemps cité comme pôle de stabilité régionale.

(Pascal Confavreux, porte-parole du MEAE)
Sur le plan opérationnel, Pascal Confavreux reconnaît un appui logistique, renseignement et observation fourni à Cotonou, dans le cadre d’un partenariat bilatéral « ancien et solide » mêlant coopération culturelle, sécuritaire et humaine. Mais il refuse de commenter les rumeurs de présence de forces spéciales françaises sur le terrain : « Sur ce sujet, on ne s’exprime jamais », renvoyant toute communication au ministère des Armées.
Le porte-parole dément par ailleurs plusieurs rumeurs virales qui ont accompagné la tentative de coup d’État, notamment celle affirmant que les dirigeants béninois se seraient réfugiés à l’ambassade de France. « C’est totalement faux », insiste-t-il, rappelant que ce sont les forces béninoises et la CEDEAO qui ont déjoué l’opération.
La France, déjà confrontée à un rétrécissement de sa présence sécuritaire au Sahel, se montre particulièrement vigilante face au risque de contagion politique. À ce titre, Pascal Confavreux évoque également la situation en Guinée-Bissau, où le coup d’État militaire du 26 novembre a interrompu le processus électoral. « Nous sommes très préoccupés », dit-il, tout en soulignant que l’ambassade française reste ouverte.
Dans un contexte régional marqué par des tensions, des putschs répétés et la désinformation numérique, Paris tente désormais de maîtriser son narratif, pour maintenir des relations stratégiques en Afrique de l’Ouest tout en évitant les amalgames et les spéculations.