Édéa se retrouve à Zwingenberg (Cameroun) : la diaspora transforme la mémoire en force collective

Elle pourrait devenir le symbole d’une Édéa mondiale, reliée par la mémoire, la solidarité et la volonté de construire l’avenir.

Du 2 au 4 octobre, anciens élèves du Lycée d’Édéa et ressortissants de la ville venus du Cameroun, de France, d’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de Côte d’Ivoire, du Royaume-Uni et d’ailleurs se retrouvent en Allemagne. Une assemblée générale qui prend des allures de rencontre mondiale, entre émotion, mémoire, solidarité et nouveaux projets.

Il y aura certainement des embrassades, des éclats de rire et quelques secondes de silence avant de reconnaître un visage. Cinquante ans après les bancs de l’école, certains anciens camarades vont se retrouver à Zwingenberg comme si le temps avait soudainement suspendu son cours. D’autres arriveront comme visiteurs surprises.

Et beaucoup découvriront que, malgré les décennies et les milliers de kilomètres, les souvenirs d’Édéa sont restés étonnamment vivants. Du 2 au 4 octobre 2026, la ville allemande accueille la 2ᵉ Assemblée générale de CALEDS-EXODUS, communauté d’anciens élèves et sympathisants du Lycée d’Édéa. Mais le rendez-vous dépasse désormais le cadre d’une assemblée associative.

Des participants venus du Cameroun, de France, d’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de Côte d’Ivoire et d’autres horizons sont attendus. Une petite géographie mondiale se dessine autour d’une même ville : Édéa.

Le thème de cette deuxième rencontre — « Transformer les liens d’hier en solidarité & projets pour demain » — prend ici une résonance particulière. Car CALEDS-EXODUS n’arrive pas à Zwingenberg les mains vides.

Depuis sa création, l’association a déjà engagé plusieurs actions : solidarité envers des membres confrontés à des difficultés, soutien au Lycée d’Édéa, contribution à des initiatives de l’établissement, mobilisation pour des équipements pédagogiques et numériques, mais aussi actions de solidarité et dons, notamment de médicaments lors du séjour au Cameroun du président Calvin Yaho.

Le projet informatique destiné au Lycée d’Édéa illustre cette dynamique. D’autres équipements, notamment des lunettes médicales et un rétroprojecteur, ont également figuré parmi les actions engagées.

Une diaspora, plusieurs continents, un même territoire

C’est peut-être là que se trouve la dimension la plus intéressante de Zwingenberg. CALEDS-EXODUS révèle une réalité désormais incontournable : la ville d’Édéa possède une partie de son potentiel dans sa diaspora.

Ces anciens élèves et ressortissants installés sur plusieurs continents représentent des compétences, des réseaux professionnels, des expériences, des capacités d’investissement et surtout une connaissance intime du territoire. Dans un monde où les villes cherchent à mobiliser leurs diasporas comme relais économiques, culturels et institutionnels, ce capital humain peut devenir un véritable outil de développement.

L’enjeu n’est donc plus seulement de se souvenir d’Édéa. Il est de savoir ce que les enfants d’Édéa dispersés dans le monde peuvent encore construire pour Édéa. Zwingenberg devient ainsi davantage qu’un lieu de réunion.

C’est un espace de transmission entre générations, mais aussi de mise en réseau entre continents. Les retrouvailles de ceux qui ne se sont pas vus depuis trente, quarante ou cinquante ans donnent à l’événement une dimension profondément humaine.

De la nostalgie à la projection

L’Assemblée devra néanmoins dépasser l’émotion des retrouvailles. CALEDS-EXODUS doit désormais consolider son organisation, mieux structurer ses ressources et transformer les initiatives ponctuelles en projets durables. La question est presque géopolitique : comment une communauté dispersée peut-elle transformer sa dispersion en puissance collective ?

À Zwingenberg, chez son vice-président, Zachée Mbahal, la réponse pourrait commencer par une évidence : les frontières n’ont pas effacé Édéa. Elles ont simplement étendu son territoire humain.

Pendant trois jours, une ville camerounaise vivra donc à l’heure allemande, française, canadienne, américaine, ivoirienne et africaine. Zwingenberg ne sera pas seulement le théâtre d’une Assemblée générale. Elle pourrait devenir le symbole d’une Édéa mondiale, reliée par la mémoire, la solidarité et la volonté de construire l’avenir.

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