Ouvert le 7 octobre à Yaoundé, le Salon de l’immigration et de l’investissement Afrique-Canada met en avant un enjeu désormais stratégique : transformer les mobilités, les compétences et les réseaux de la diaspora en investissements, en emplois et en partenariats économiques.
La quatrième édition du Salon de l’immigration et de l’investissement Afrique-Canada (SACII) place le capital humain au centre du rapprochement entre le Cameroun et le Canada. Les participants étaient réunis à Yaoundé autour du thème « Investir dans le capital humain et l’innovation : un moteur de transformation économique et d’immigration sûre entre l’Afrique et le Canada ».
Ils ont exploré les nouvelles possibilités de coopération dans les domaines de l’investissement, de l’innovation et de la mobilité. Au-delà de la question migratoire, le salon dessine ainsi un autre enjeu : faire de la diaspora un actif économique et relationnel entre les deux espaces. La Haut-commissaire du Canada au Cameroun, Marie-Claude Harvey, a insisté sur le rôle des communautés de la diaspora comme « ponts » entre les deux continents.
Pour Ottawa, ces réseaux peuvent faciliter les échanges commerciaux, rapprocher les entreprises et favoriser la constitution de partenariats. Mais leur efficacité se mesurera surtout après le salon, à travers la transformation des contacts en projets et en investissements. Cette approche rejoint les préoccupations de Yaoundé.
En août 2026, le ministère camerounais des Finances et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont engagé des discussions sur la mobilisation des ressources de la diaspora en faveur de l’emploi et du développement économique.
L’objectif affiché est notamment de mieux articuler les politiques migratoires avec la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) et d’orienter davantage les ressources vers les investissements productifs. Pour le Cameroun, l’enjeu est considérable. La diaspora ne représente pas seulement des transferts financiers.
Elle constitue aussi un réservoir de compétences, de réseaux professionnels, d’accès aux marchés et de capitaux susceptibles d’accompagner les entreprises camerounaises vers l’international. Pour le Canada, le Cameroun peut également constituer une porte d’entrée vers l’Afrique centrale.
Lors des célébrations de la Fête du Canada à Yaoundé en juillet, Marie-Claude Harvey avait présenté le Cameroun comme un partenaire important dans la région pour l’investissement et la coopération commerciale. Mais le développement de cette mobilité économique suppose également de sécuriser les parcours migratoires.
Le SACII a ainsi mis en lumière les risques liés aux intermédiaires frauduleux promettant des visas canadiens. La diplomate canadienne a rappelé qu’aucun intermédiaire ne peut garantir l’obtention d’un visa et a invité les candidats à utiliser directement les procédures officielles. Le message est donc double : faciliter la circulation des compétences et des capitaux, tout en protégeant les candidats à la mobilité contre les réseaux frauduleux.
Pour Yaoundé comme pour Ottawa, le véritable défi sera désormais de transformer le capital humain circulant entre les deux espaces en capital économique, technologique et entrepreneurial. Le SACII entend précisément se positionner sur ce nouveau corridor entre migration, diaspora et investissement.