Le groupe camerounais Tradex franchit une nouvelle étape dans son développement sous-régional.

Tradex/RDC: plus de 4 millions de dollars d’investissement pour le marché congolais

Après le Cameroun, le Tchad, la Centrafrique et la Guinée équatoriale, le groupe pétrolier camerounais Tradex accélère son expansion en Afrique centrale avec son implantation en République démocratique du Congo (RDC). Sa première station-service, inaugurée le 22 octobre 2026 à Kinshasa, représente un investissement de 2,1 millions de dollars.

Un deuxième investissement de plus de 2 millions de dollars est déjà engagé à proximité de l’aéroport international de N’djili. Une offensive commerciale qui traduit les ambitions régionales du groupe, mais aussi son intérêt pour un marché à fort potentiel.

Une nouvelle frontière pour Tradex

Le groupe camerounais Tradex franchit une nouvelle étape dans son développement sous-régional. Le 22 octobre 2026, l’entreprise a lancé ses activités commerciales en RDC avec l’ouverture de Tradex Kingabwa, dans la commune de Limete, à Kinshasa.

Construite sur 1 800 m², cette infrastructure représente un investissement de 2,1 millions de dollars, soit environ 1,2 milliard de FCFA. Filiale de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), Tradex a été créée en 1999.

Après son développement au Cameroun, au Tchad, en République centrafricaine et en Guinée équatoriale, le groupe s’attaque désormais au marché congolais. Sa filiale Tradex RDC, créée en 2024, est chargée de développer ses activités de commercialisation, de stockage et de transport des produits pétroliers.

Plus de 4 millions de dollars déjà engagés

À Kingabwa, la station dispose d’une capacité de stockage de 130 000 litres, répartis entre 75 000 litres d’essence et 55 000 litres de gasoil. Elle comprend quatre pompes équipées de douze pistolets, ainsi que des cuves sécurisées contre les fuites et des dispositifs de lutte contre les incendies. L’offensive ne s’arrête pas à cette première implantation.

À proximité de l’aéroport international de N’djili, Tradex prépare l’ouverture de sa deuxième station, baptisée Maba. Plus de 2 millions de dollars y avaient déjà été investis avant sa démolition, le 28 août 2026, alors que les travaux étaient presque achevés. Le chantier a depuis repris, avec une ouverture envisagée à la mi-décembre.

Les deux opérations représentent ainsi plus de 4,1 millions de dollars d’investissements annoncés ou engagés. La filiale congolaise, dont le capital social déclaré atteint 11,67 milliards de francs congolais, prévoit également de lancer deux appels d’offres pour la construction de nouvelles stations-service.

Une stratégie au-delà de la vente de carburant

Tradex entend se différencier en développant des stations multiservices. À Kingabwa, les clients disposent d’une boutique, d’un espace d’entretien pour motos, voitures et engins de chantier, ainsi que d’un local pouvant accueillir 300 bouteilles de gaz domestique. La station possède également un forage accessible aux riverains et un groupe électrogène de secours.

Pour ses prochaines implantations, l’entreprise envisage d’intégrer des services bancaires et des espaces de parapharmacie. Cette diversification vise à multiplier les sources de revenus, fidéliser la clientèle et améliorer la rentabilité des infrastructures, au-delà de la seule distribution des carburants.

Des retombées pour l’économie congolaise

L’implantation de Tradex mobilise également les entreprises et les travailleurs locaux. Selon la filiale congolaise, une cinquantaine de personnes ont participé à la construction et à l’équipement de Kingabwa, réalisés avec des prestataires congolais. La station emploie désormais 16 jeunes Congolais de manière permanente.

L’expansion du réseau pourrait générer d’autres opportunités dans le génie civil, la maintenance, le transport, la logistique pétrolière et la fourniture d’équipements. Elle pourrait également favoriser le transfert de compétences et renforcer la sous-traitance locale.

La sécurisation des investissements en question

L’épisode de la station Maba rappelle toutefois les risques auxquels les investisseurs peuvent être confrontés. La démolition du site, après plus de 2 millions de dollars d’investissements, a interrompu un chantier pratiquement achevé. Les circonstances de cette opération et son fondement juridique n’ont pas été publiquement clarifiés.

Si les travaux ont repris, la question de l’indemnisation évoquée par un responsable de Tradex reste à suivre. La réussite du groupe dépendra donc autant de ses capacités commerciales et logistiques que de la sécurisation foncière, administrative et juridique de ses investissements.

Avec Kingabwa, Maba et deux autres projets en préparation, Tradex entend construire une présence durable en RDC. Pour le Cameroun, cette implantation constitue une vitrine de l’expansion extérieure d’un opérateur contrôlé par la SNH.

Pour la RDC, elle représente l’arrivée d’un nouvel investisseur susceptible de contribuer à la diversification de l’offre et à la création d’emplois. Reste désormais à transformer ces premiers investissements en un réseau rentable et compétitif. C’est à cette condition que le marché congolais pourra devenir un véritable relais de croissance pour le groupe pétrolier camerounais.

Simon Emmanuel Minyem

Scroll to Top