Édito du Mois

Des enjeux considérables pour le Cameroun

Finance climatique : le bassin du Congo, un géant écologique en quête de justice financière

Deuxième massif forestier tropical de la planète après l’Amazonie, le bassin du Congo constitue l’un des principaux remparts contre le changement climatique. Pourtant, malgré son rôle stratégique dans la régulation du climat mondial, cette région ne reçoit qu’une infime partie des financements internationaux destinés à la protection des forêts.

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Pour l’Afrique centrale, cela ouvre une autre bataille : celle de la maintenance aéronautique, de la formation et du fret.

Afrique centrale : le ciel, nouvelle frontière de l’intégration

Avec une flotte commerciale africaine appelée à plus que doubler d’ici 2045, l’aviation peut devenir l’un des moteurs de l’intégration régionale. Pour l’Afrique centrale, l’enjeu n’est plus seulement de transporter davantage de passagers, mais de connecter les capitales, fluidifier les échanges, créer des emplois et bâtir une filière aéronautique rentable.

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Vingt ans après sa création, la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples se heurte à un paradoxe majeur

Justice africaine : l’exécution des décisions, nouveau test de crédibilité des États

Par-delà les textes, c’est désormais la capacité des États africains à appliquer les décisions de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples qui est en jeu. Réunis à Dakar, magistrats, universitaires, avocats et défenseurs des droits humains ont dressé un constat préoccupant : la justice continentale progresse sur le plan juridique, mais demeure largement entravée au stade de son exécution. Une faiblesse qui dépasse la seule question judiciaire et touche directement à la gouvernance, à l’État de droit et à la réputation internationale des États africains. Selon le rapport 2025 de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, seules deux des 104 décisions rendues ont été pleinement exécutées, tandis qu’une dizaine seulement l’ont été partiellement. Organisé par Le ministère sénégalais de la Justice avec le soutien du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) et d’Amnesty International Sénégal, a organisé l’atelier de Dakar. L’atelier a réuni des représentants du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, de la Guinée, de la Mauritanie, du Niger et du Nigeria afin d’identifier les leviers susceptibles d’améliorer l’exécution des décisions judiciaires régionales. « La résistance de certains États à l’exécution de ces décisions constitue une menace sérieuse pour la crédibilité de l’architecture internationale de protection des droits humains », a averti le garde des Sceaux sénégalais, Me Moussa Sarr. Au-delà du droit, un enjeu de gouvernance Sur le plan géopolitique, cette question dépasse largement le champ judiciaire. À l’heure où plusieurs pays africains revendiquent une plus grande souveraineté dans les affaires internationales, la capacité à respecter leurs propres engagements devient un élément déterminant de leur crédibilité diplomatique. Les investisseurs internationaux, les institutions financières et les partenaires bilatéraux accordent une importance croissante à la sécurité juridique. L’effectivité des décisions de justice est désormais considérée comme un indicateur majeur de qualité institutionnelle, au même titre que la stabilité politique ou la transparence économique. Pour Robert Kotchani, représentant régional du HCDH pour l’Afrique de l’Ouest, le véritable défi réside désormais dans l’application des normes. « La ratification ne suffit pas », a-t-il rappelé. « Derrière chaque convention ratifiée, derrière chaque arrêt rendu, il y a des femmes et des hommes qui attendent que justice soit faite et produise des effets concrets dans leur vie quotidienne. » La présidente de la Commission nationale des droits de l’homme du Sénégal, Amsatou Sow Sidibé, partage cette analyse. « Le droit international exige de nos États non seulement de souscrire aux normes, mais surtout de les rendre effectives au plan interne », a-t-elle insisté, rappelant que « le juge national demeure le premier juge du droit international ». Le Sénégal veut montrer l’exemple L’atelier de Dakar traduit également l’ambition du Sénégal de renforcer son positionnement comme référence régionale en matière d’État de droit. Depuis 2024, plus de 70 magistrats sénégalais ont été formés au droit international des droits humains, selon le ministère de la Justice. La présidente de chambre à la Cour suprême, Abibatou Babou Wade, a rejeté l’idée selon laquelle les magistrats constitueraient un frein à l’application des décisions internationales. « Le juge n’est pas l’obstacle. Il est, si on lui donne les moyens, le premier artisan de la solution », a-t-elle affirmé. Elle a cité le précédent des Chambres africaines extraordinaires, créées après l’arrêt rendu en 2012 par la Cour internationale de Justice dans l’affaire Hissène Habré, comme illustration d’une coopération réussie entre souveraineté nationale et justice internationale. « Appliquer une décision internationale n’est pas un abaissement de la souveraineté, mais son expression la plus haute », a-t-elle déclaré. Une crédibilité continentale en construction Le président de la Cour africaine, Blaise Tchikaya, a rappelé que la juridiction célèbre cette année son vingtième anniversaire et a déjà rendu près de 400 décisions. Il a également souligné la modernisation progressive de la Cour, qui autorise désormais le dépôt de certaines requêtes par voie électronique, y compris via WhatsApp, pour les personnes habilitées. Mais l’accès direct des citoyens demeure limité : seuls huit États africains autorisent actuellement les particuliers et les ONG à saisir directement la Cour. Pour Julien Ngane Ndour, directeur des droits humains au ministère sénégalais de la Justice, le défaut d’exécution crée une « double victimisation » : celle de la violation initiale, puis celle résultant du non-respect de la décision rendue. Au-delà de la réparation individuelle, l’effectivité des décisions de la Cour africaine est devenue un véritable enjeu réputationnel pour les États. Dans une Afrique qui aspire à peser davantage dans la gouvernance mondiale, la solidité des institutions judiciaires apparaît désormais comme l’un des fondements essentiels de sa crédibilité politique, économique et diplomatique.

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Vingt-trois ans après son déplacement de mars 2003, le souverain monégasque a retrouvé Yaoundé et le président de la République, Paul Biya, au Palais de l’Unité.

Paul Biya – Prince Albert II : au delà des retrouvailles, les nouveaux enjeux du partenariat Cameroun-Monaco

Vingt-trois ans après sa première visite au Cameroun, le prince souverain Albert II a retrouvé le président Paul Biya les 30 et 31 octobre 2026. Entre mémoire humanitaire, protection de l’enfance et perspectives de coopération, cette visite officielle remet en lumière une relation discrète, mais porteuse de possibilités.

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C'est dans ce contexte que la SONARA a conclu, le 22 octobre 2026 à Lagos, un accord avec Dangote Group et MRS Oil & Gas Company.

Hydrocarbures : Sonara-Dangote, les enjeux d’un nouveau partenariat pétrolier

En s’alliant au groupe nigérian Dangote et à MRS Oil & Gas, la Société nationale de raffinage (SONARA) engage une nouvelle étape dans la sécurisation des approvisionnements pétroliers du Cameroun. Signé le 22 octobre 2026 à Lagos, cet accord intervient après sept années de dépendance aux importations consécutives à l’incendie de la raffinerie de Limbé. Au-delà de la sécurisation des livraisons, ce rapprochement pourrait réduire certains coûts logistiques et repositionner la SONARA dans la chaîne de valeur pétrolière. Mais les conditions commerciales et les économies attendues restent à préciser. Une réponse à sept années de dépendance extérieure Depuis l’incendie du 31 mai 2019, qui a gravement endommagé ses installations de Limbé, la SONARA ne raffine plus de pétrole brut. Le Cameroun, pourtant producteur de pétrole, importe désormais la totalité de ses produits pétroliers raffinés. Cette situation expose le pays aux fluctuations des cours internationaux, aux tensions sur les marchés et aux coûts liés au transport et aux intermédiaires commerciaux. C’est dans ce contexte que la SONARA a conclu, le 22 octobre 2026 à Lagos, un accord avec Dangote Group et MRS Oil & Gas Company. L’objectif est de sécuriser les approvisionnements nationaux en essence, gasoil et autres produits raffinés. Avec une capacité de production de 650 000 barils par jour, la raffinerie de Dangote, implantée à Lekki, au Nigeria, dispose d’un outil industriel susceptible de répondre à une partie importante des besoins régionaux. Dangote à la production, MRS à la logistique L’intérêt du partenariat repose sur la complémentarité des trois acteurs. Dangote fournit les produits raffinés, tandis que MRS intervient dans leur transport, leur stockage et leur acheminement. La SONARA conserve un rôle central dans l’organisation de l’approvisionnement du marché camerounais. Selon les informations communiquées, le dispositif pourrait couvrir jusqu’à 50 % des besoins nationaux en carburants. Les volumes contractuels, les prix d’achat et les modalités financières détaillées restent toutefois à préciser. La proximité géographique entre Lekki et les installations portuaires camerounaises constitue un avantage logistique. Elle pourrait raccourcir les circuits d’approvisionnement et réduire certains frais de transport. Ce que la SONARA gagne dans cette opération Pour la SONARA, cet accord représente une opportunité de préserver sa position stratégique dans le secteur pétrolier national. Privée de son activité de raffinage, l’entreprise publique peut néanmoins renforcer son rôle commercial en organisant les achats, en négociant avec un grand producteur africain et en coordonnant les approvisionnements. Une relation directe avec Dangote pourrait également réduire certains coûts d’intermédiation et améliorer la visibilité sur les livraisons. Mais ces avantages restent à démontrer : la réduction du nombre d’intermédiaires ne garantit pas automatiquement des prix d’achat plus compétitifs. Un enjeu budgétaire autant qu’énergétique Le partenariat intervient dans un contexte de pression sur les finances publiques. Le maintien des prix administrés à la pompe, malgré les coûts élevés des importations, représente une charge importante pour le mécanisme de stabilisation des prix des hydrocarbures. En octobre 2026, le coût d’importation du gasoil est estimé à près de 975 FCFA le litre, contre un prix réglementé de 828 FCFA à Douala. Cet écart illustre les difficultés à concilier protection du pouvoir d’achat et équilibre financier du système. Un approvisionnement plus proche et potentiellement moins coûteux pourrait alléger cette pression. Encore faudra-t-il connaître les prix contractuels, les frais logistiques et les conditions de paiement pour mesurer les économies réelles. La SONARA ne renonce pas à sa vocation industrielle L’accord avec Dangote ne signifie pas l’abandon de la reconstruction de la raffinerie de Limbé. En juin 2026, le ministère des Finances a engagé une consultation internationale pour identifier des investisseurs et partenaires techniques susceptibles d’accompagner sa modernisation. Le scénario envisagé repose notamment sur un partenariat public-privé destiné à reconstruire un outil industriel moderne. Cette consultation ne constitue cependant ni une attribution de marché ni un financement définitivement acquis. Le rapprochement avec Dangote répond donc à une urgence commerciale, tandis que la reconstruction de Limbé relève d’une ambition industrielle de plus long terme. Les limites et les risques du partenariat La première interrogation concerne le risque de dépendance envers un fournisseur dominant. Remplacer les intermédiaires internationaux par une forte concentration des achats auprès d’un seul groupe comporte également des vulnérabilités. La disponibilité des produits, les conditions de livraison, les mécanismes de fixation des prix et les clauses contractuelles devront être surveillés. La transparence constitue un autre enjeu. La publication des volumes, des prix de référence et des coûts logistiques permettrait d’évaluer objectivement les avantages du partenariat. Enfin, celui-ci devra produire des résultats concrets : régularité des livraisons, disponibilité des carburants dans les stations-service et réduction des tensions sur le marché intérieur. Vers une nouvelle géographie pétrolière en Afrique centrale Ce partenariat illustre la montée en puissance des capacités africaines de raffinage dans les échanges régionaux. Avec sa raffinerie de Lekki, Dangote ambitionne de devenir un fournisseur majeur du continent, tandis que les pays d’Afrique centrale cherchent à sécuriser leurs approvisionnements. Pour le Cameroun, le défi consiste à tirer profit de cette proximité industrielle sans renoncer à retrouver sa capacité nationale de raffinage. L’accord SONARA-Dangote-MRS peut ainsi renforcer la sécurité énergétique du pays. Son succès dépendra de la régularité des approvisionnements, des économies effectivement réalisées et de l’amélioration de la situation commerciale de la SONARA. En définitive, Dangote peut aider le Cameroun à mieux acheter son carburant. Mais il ne peut remplacer une raffinerie nationale fonctionnelle. Toute la différence entre sécuriser les importations et reconquérir sa souveraineté industrielle se trouve là. Simon Emmanuel Minyem

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Le groupe camerounais Tradex franchit une nouvelle étape dans son développement sous-régional.

Tradex/RDC: plus de 4 millions de dollars d’investissement pour le marché congolais

Après le Cameroun, le Tchad, la Centrafrique et la Guinée équatoriale, le groupe pétrolier camerounais Tradex accélère son expansion en Afrique centrale avec son implantation en République démocratique du Congo (RDC). Sa première station-service, inaugurée le 22 octobre 2026 à Kinshasa, représente un investissement de 2,1 millions de dollars.

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Patrimoine culinaire camerounais : le Ndolè Sawa entre dans l’ère de la protection commerciale

Le célèbre mets emblématique du peuple Sawa franchit une étape importante dans la valorisation du patrimoine gastronomique camerounais. Enregistré comme marque collective auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), avec l’appui de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), le Ndolè Sawa bénéficie désormais d’une protection juridique.

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