Avec le Gabon comme invité d’honneur, le Forum économique et social de Chine place Shanghai au cœur d’un nouveau dialogue sino-africain : moins centré sur les seuls financements, davantage sur l’industrialisation, les investissements et la transformation des ressources.
Shanghai était, les 15 et 16 septembre 2026, un nouveau point d’observation des relations entre la Chine et l’Afrique. Le Forum économique et social de Chine accueille le Gabon comme invité d’honneur, représenté par Guy-Bertrand Mapangou, président du Conseil économique, social, environnemental et culturel.
Cette présence intervient dans un contexte de réajustement des relations sino-africaines. Pékin demeure un partenaire économique majeur du continent, mais plusieurs États africains cherchent désormais à faire évoluer le modèle : moins d’exportation brute de matières premières, davantage de transformation locale, d’emplois et de valeur ajoutée.
Shanghai, laboratoire d’un nouveau partenariat ?
Le débat dépasse donc la question classique des infrastructures financées par la Chine. Pour les économies africaines, l’enjeu est désormais de savoir comment attirer davantage d’investissements industriels, développer les chaînes de valeur locales et accéder aux technologies chinoises.
Cette évolution rejoint les tendances observées en 2026 : selon le Centre for Strategic and International Studies, plusieurs pays africains cherchent à rééquilibrer leur relation avec Pékin autour de la soutenabilité de la dette, de la création de valeur et de l’industrialisation.
Le Forum de Shanghai intervient également dans l’« Année des échanges entre les peuples Chine-Afrique », qui comprend en 2026 plusieurs initiatives économiques, commerciales et culturelles.
Le Gabon comme porte d’entrée
Pour Libreville, l’enjeu est particulièrement important. Bois, manganèse, pétrole, minerais et biodiversité constituent autant d’atouts susceptibles d’attirer des capitaux chinois. Mais la question centrale est désormais celle du contenu local : que reste-t-il réellement à l’économie gabonaise lorsqu’une ressource est extraite, transformée et exportée ?
Le même débat concerne la RDC et le cobalt, la Zambie et le cuivre, l’Afrique du Sud et les minerais stratégiques ou encore la Guinée et la bauxite.
Une relation qui doit changer d’échelle
L’Afrique n’a pas intérêt à substituer une dépendance à une autre. Elle peut en revanche utiliser la concurrence entre partenaires chinois, américains, européens, indiens, turcs ou du Golfe pour négocier de meilleures conditions d’investissement. La plateforme continentale existe déjà : le Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) constitue le cadre politique officiel de dialogue entre Pékin et les États africains.
Le véritable enjeu est donc de mieux articuler les négociations nationales avec les priorités continentales : industrialisation, infrastructures régionales, énergie, numérique, transformation des minerais et financement en monnaie locale. À Shanghai, l’Afrique ne vient plus seulement chercher des financements. Elle doit désormais négocier la place qu’elle veut occuper dans les chaînes de valeur de la puissance chinoise.
Oui. Il faut dépasser le seul registre de l’alerte. Le phénomène peut être analysé comme un phénomène militaire, social et géopolitique ambivalent : risques humains et juridiques immédiats, mais aussi acquisition d’expérience militaire par certains combattants, avec de possibles effets à long terme sur les compétences, les trajectoires professionnelles et les politiques de défense africaines
Il faut toutefois présenter ce « retour d’expérience » comme une possibilité, pas comme un bénéfice automatique.