Les Lionnes au Palais : le Cameroun retrouve ses héroïnes

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Dans la salle diplomatique du Palais de l’Unité, le chef de l’État, accompagné de son épouse, a accueilli une délégation conduite par Samuel Eto’o. Chacune des joueuses a reçu une médaille de chevalier de l’Ordre de la Valeur.

Après leur sacre historique à la CAN féminine 2026, les championnes d’Afrique ont été reçues et décorées par Paul Biya. Au-delà des médailles, les Lionnes ont offert au Cameroun une victoire qui dépasse largement le football.

Quarante-huit heures après leur retour triomphal au Cameroun, les Lionnes indomptables ont été reçues au Palais de l’Unité par le président Paul Biya. Une cérémonie officielle au cours de laquelle les joueuses, les encadreurs et les membres de la délégation ont été honorés après leur victoire 3-0 contre le Malawi en finale de la CAN féminine 2026, à Rabat.

Le moment était solennel. Dans la salle diplomatique du Palais de l’Unité, le chef de l’État, accompagné de son épouse, a accueilli une délégation conduite par Samuel Eto’o. Chacune des joueuses a reçu une médaille de chevalier de l’Ordre de la Valeur. Mais derrière cette décoration protocolaire se trouve un événement beaucoup plus important : le Cameroun vient de retrouver le goût de la victoire continentale.

Depuis plusieurs années, le football camerounais cherchait un nouveau souffle. Les crises, les querelles de leadership, les controverses administratives et les déceptions sportives avaient progressivement altéré l’image d’un pays longtemps considéré comme l’une des grandes nations du football africain. Les Lionnes viennent de rompre cette spirale.

Elles l’ont fait avec une performance qui mérite d’être regardée au-delà du résultat final. Elles ont éliminé le Nigeria en quarts de finale, renversé le pays organisateur, le Maroc, en demi-finale, avant de dominer le Malawi en finale. Trois matches, trois messages : le Cameroun est encore capable de gagner lorsque le talent, la discipline et l’ambition se retrouvent autour d’un même objectif.

Cette victoire appartient d’abord aux joueuses. Mais elle appartient également à toutes celles qui ont construit, parfois dans l’ombre, le football féminin camerounais. Il faut se souvenir des pionnières, des entraîneurs, des dirigeantes, des arbitres et des éducateurs qui ont cru à cette discipline lorsque le football féminin était encore considéré comme marginal.

Il faut notamment rendre hommage à Louis de Gonzague Atangana, arbitre aujourd’hui disparu, souvent présenté comme l’un des artisans de la naissance et du développement du football féminin au Cameroun. Son nom, comme celui de nombreuses figures historiques, mérite d’être réhabilité dans la mémoire officielle du football camerounais.

Et avant même la création d’un véritable championnat féminin, Émilienne Mbango Moutome avait ouvert une brèche historique en 1967 en intégrant, à seulement 16 ans, le Léopard Sportif de Douala dans le championnat masculin. Les championnes de 2026 ne sont donc pas apparues de nulle part. Elles sont l’aboutissement d’une histoire.

Leur sacre doit désormais servir à construire l’avenir : formation des jeunes filles, développement du football scolaire, infrastructures, encadrement professionnel, accompagnement médical et social des joueuses, compétitions régulières et meilleure valorisation économique du football féminin. La cérémonie du Palais de l’Unité ne doit donc pas être seulement celle des décorations.

Elle doit être le point de départ d’un nouveau pacte avec le football camerounais. Les Lionnes ont gagné la Coupe. À présent, au Cameroun, il faut gagner la bataille de la durée, de l’organisation et de la transmission.

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