La Nationale N°3 continue de payer un lourd tribut à l’insécurité routière. Le ministre des Transports, Jean Ernest Ngallè Bibehè était sur les lieux. A Sikoum et à Nkakanzock.
Dimanche 23 août, un violent accident survenu à Sikoum, entre Douala et Édéa, a coûté la vie à sept personnes et fait onze blessés graves. Alors que les secours étaient encore mobilisés et que les autorités multipliaient les appels à la prudence, un autre accident s’est produit ce lundi matin à Nkakanzock, non loin d’Édéa, faisant cinq blessés graves.
Des carcasses de véhicules broyées, des victimes étendues sur la chaussée, des familles en pleurs et des secouristes s’activant dans l’urgence. Les images du drame de Sikoum témoignent de l’extrême violence de la collision survenue dimanche en début de matinée sur la Nationale N°3, principal axe reliant Douala à Yaoundé.
Sikoum, une scène de désolation
Alerté immédiatement, le ministre des Transports, Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, s’est rendu sur les lieux aux côtés des autorités administratives pour coordonner les opérations de secours avant le transfert des victimes vers l’Hôpital régional annexe d’Édéa. Le bilan provisoire fait état de sept morts et onze blessés, tous pris en charge par les équipes médicales.
Un chauffeur victime de la fatigue ?
Selon les premiers éléments recueillis sur place, le véhicule impliqué est un minibus Hiace transportant une délégation revenant d’un deuil à Bafia et se rendant à Douala. Le chauffeur habituel, dont le véhicule était tombé en panne au retour, aurait été remplacé par un autre conducteur.
D’après les informations communiquées par Armel Massoda Pipa, Président confédéral général des Syndicats des transporteurs du Cameroun (CGSTC) pour la Sanaga-Maritime, ce second conducteur, peu préparé à un trajet aussi long, aurait été gagné par le sommeil. Son véhicule aurait alors quitté sa voie avant d’entrer en collision frontale avec un camion Benne, provoquant ce lourd bilan humain.
Si cette hypothèse devra être confirmée par les conclusions de l’enquête, elle remet une nouvelle fois en lumière les dangers liés à la fatigue au volant sur cet axe particulièrement accidentogène.
Une série noire qui se poursuit
Le drame de Sikoum intervient alors que les pouvoirs publics poursuivent l’opération d’enlèvement des carcasses et épaves de véhicules abandonnées le long des grands axes routiers afin d’améliorer la sécurité des usagers.
Pourtant, moins de vingt-quatre heures après cette tragédie, un nouvel accident est venu assombrir davantage la situation. Ce lundi matin, à Nkakanzock, toujours sur la Nationale N°3 et non loin d’Édéa, deux voitures de tourisme sont entrées en collision. Le bilan provisoire fait état de cinq blessés graves, rapidement évacués vers des structures sanitaires pour recevoir les soins appropriés.

(Photo : ce 24 aout à Nkakanzock près d’Edea sur la nationale N°3)
L’urgence d’une prise de conscience
Ces deux accidents successifs rappellent avec brutalité que la Nationale N°3 demeure l’une des routes les plus meurtrières du Cameroun. Au-delà des contrôles et des opérations d’assainissement des axes routiers, la lutte contre la fatigue au volant, le respect des temps de repos des conducteurs et l’observation stricte du Code de la route apparaissent plus que jamais comme des impératifs.