Sénégal : après le FMI, Faye part à la reconquête des investisseurs

Le Sénégal veut tourner la page de la défiance financière.

De Washington à Abou Dhabi, Bassirou Diomaye Faye cherche à transformer l’accord avec le FMI en nouveau signal de confiance pour les investisseurs et partenaires financiers du Sénégal.

Le Sénégal veut tourner la page de la défiance financière. Quelques jours après l’accord conclu au niveau des services avec le Fonds monétaire international (FMI), Bassirou Diomaye Faye a engagé une offensive diplomatique et économique aux États-Unis et aux Émirats arabes unis, du 13 au 17 septembre 2026.

L’objectif affiché par Dakar est de consolider ses partenariats économiques et financiers et d’attirer davantage d’investissements dans des secteurs jugés prioritaires. Une démarche qui intervient alors que le gouvernement cherche à restaurer la confiance après les tensions apparues autour de la situation des finances publiques.

Washington, le levier technologique

Aux États-Unis, le président sénégalais a rencontré plusieurs dirigeants d’entreprises. Parmi eux, Cybastion, qui a annoncé une mobilisation de 300 millions de dollars pour des projets numériques au Sénégal, notamment dans les infrastructures et la cybersécurité. Le signal est significatif : Dakar cherche à élargir son attractivité au-delà des secteurs traditionnels.

Énergie, santé et agriculture restent des domaines importants de la coopération américano-sénégalaise. Entre 2014 et 2024, les États-Unis ont investi plus de 500 millions de dollars au Sénégal, selon des données relayées par la RTS en 2025. Pour Dakar, Washington représente ainsi à la fois un partenaire financier, technologique et diplomatique.

Abou Dhabi, le capital et les infrastructures

Le passage par les Émirats répond à une autre logique. Les discussions avec une délégation conduite début septembre par Thani Al Zeyoudi, ministre émirati du Commerce extérieur, avaient déjà porté sur l’énergie, les mines et les infrastructures portuaires.

Abou Dhabi dispose précisément de capacités financières susceptibles d’accompagner de grands projets d’infrastructures et d’investissements à long terme. Les Émirats figurent par ailleurs parmi les investisseurs importants au Sénégal, tandis que leurs échanges commerciaux non pétroliers avec Dakar ont atteint environ 714 millions de dollars en 2024, selon l’OEC.

Le véritable test : transformer la confiance en investissements

Pour le gouvernement sénégalais, l’enjeu dépasse donc le calendrier diplomatique. Il s’agit de convertir les annonces et les engagements politiques en capitaux effectivement mobilisés, emplois créés et infrastructures réalisées. L’accord au niveau des services avec le FMI constitue un jalon important, mais il ne règle pas à lui seul les équilibres financiers du pays.

La crédibilité de Dakar se mesurera désormais à sa capacité à assainir ses finances, à améliorer la visibilité réglementaire et à offrir aux investisseurs un environnement suffisamment prévisible. Washington apporte la technologie et l’accès à certains réseaux d’investissement ; Abou Dhabi, des capacités financières et une expertise dans les infrastructures.

Dakar tente ainsi de diversifier ses appuis plutôt que de dépendre d’un seul partenaire. Après le FMI, la bataille se déplace donc sur un autre terrain : convaincre les investisseurs que le Sénégal reste une destination crédible, solvable et capable de transformer ses ambitions de développement en projets bancables.

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