Au Forum d’affaires Tchad-France à Paris, Kaye Marie Rolande, directrice générale de l’Agence d’Administration des Zones Économiques Spéciales, a présenté aux entreprises françaises les opportunités offertes par le marché tchadien et les incitations destinées aux investisseurs.
Le Tchad veut changer de récit économique. Au-delà de ses contraintes structurelles, le pays entend désormais mettre en avant ses ressources, sa position géographique et les réformes engagées pour améliorer son climat des affaires.
À Paris, lors du Forum d’affaires Tchad-France, Kaye Marie Rolande, directrice générale de l’Agence d’Administration des Zones Économiques Spéciales (AAZES), a porté ce message devant les opérateurs économiques français. Son argumentaire repose sur un élément de géographie stratégique : la centralité du Tchad au cœur du continent africain.
« Le Tchad regorge d’énormes potentialités naturelles et bénéficie d’une situation géographique stratégique, puisqu’il est au centre de l’Afrique », a-t-elle déclaré. Pour la responsable de l’AAZES, cette position peut permettre au pays de jouer un rôle d’interface vers plusieurs marchés africains et, plus largement, vers les marchés européens.
Cette lecture transforme la géographie en argument d’investissement. Le Tchad cherche ainsi à ne plus être seulement perçu comme un marché national, mais comme un possible point d’accès à un espace économique régional plus vaste.
Une ambition qui suppose toutefois que la position géographique se traduise concrètement par des infrastructures, des chaînes logistiques efficaces, des procédures simplifiées et des conditions suffisamment prévisibles pour les entreprises. C’est précisément dans cette perspective que les zones économiques spéciales occupent une place centrale dans la stratégie présentée à Paris.
L’AAZES entend utiliser ces espaces comme des instruments d’attractivité, en mettant en avant les avantages accordés aux investisseurs et un cadre destiné à faciliter l’implantation et le développement des entreprises. Pour les entreprises françaises, le message est direct : le Tchad souhaite attirer davantage de capitaux, de savoir-faire, de technologies et de partenariats industriels.
L’enjeu n’est donc pas uniquement commercial. Il concerne aussi la capacité du pays à développer une base productive, à diversifier son économie et à mieux valoriser ses potentialités naturelles. Cette offensive de séduction économique intervient dans un contexte où les relations entre la France et le Tchad connaissent une nouvelle configuration.
Paris reste un partenaire économique potentiel, mais les entreprises françaises sont désormais invitées à considérer le Tchad d’abord à travers le prisme des opportunités de marché, des investissements et des partenariats.
L’AAZES se retrouve ainsi au cœur d’un changement de paradigme : faire des zones économiques spéciales non plus seulement des espaces d’accueil, mais des plateformes de transformation économique et d’intégration aux marchés régionaux.
La déclaration de Kaye Marie Rolande résume cette ambition : « À travers le Tchad, on peut accéder aux différents marchés, qu’ils soient africains ou européens. »
Reste le passage décisif du discours à l’investissement. Pour transformer cette centralité géographique en avantage compétitif, le Tchad devra convaincre les opérateurs que les réformes annoncées, les avantages des zones économiques spéciales et les potentialités du pays peuvent effectivement produire des conditions d’investissement durables.
À Paris, N’Djamena a donc vendu davantage qu’un territoire : une position sur la carte africaine. Le véritable enjeu sera désormais de convertir cette position en flux de capitaux, en entreprises implantées et en chaînes de valeur régionales.