TransYaoundé : Le grand défi de la mobilité au cœur de la capitale Camerounaise

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Longtemps annoncé, souvent reporté, le projet de Bus Rapid Transit (BRT) de Yaoundé, baptisé TransYaoundé, franchit une nouvelle étape avec le lancement officiel de sa phase préparatoire.

Si les premiers travaux ne sont désormais attendus qu’en 2029 pour une mise en service en 2031, les autorités municipales, avec l’appui de leurs partenaires internationaux, affichent leur détermination à transformer durablement la mobilité urbaine dans la capitale.

Entre ambitions, défis financiers et fortes attentes des populations, le projet demeure l’un des plus importants investissements en matière de transport public au Cameroun.

Un projet relancé après plusieurs reports

Le 23 septembre 2026, la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) a officiellement lancé la phase préparatoire de TransYaoundé, en présence du maire Luc Messi Atangana, de représentants de l’Union européenne et de l’Agence française de développement (AFD).

Cette étape marque un tournant dans un dossier inscrit depuis plusieurs années parmi les priorités de modernisation de la capitale. Le calendrier a toutefois été revu. Initialement envisagés pour 2026, les travaux ne devraient finalement débuter qu’en 2029, tandis que la mise en exploitation du réseau est désormais annoncée pour 2031.

L’année 2027 sera consacrée à la finalisation des études techniques détaillées, à la préparation institutionnelle du projet et aux concertations avec les populations concernées. Ce décalage illustre la complexité d’un chantier dont la réussite dépend autant de la mobilisation des financements que de la qualité de sa préparation.

Une réponse aux difficultés croissantes de mobilité

Avec une population en constante augmentation et un parc automobile en forte croissance, Yaoundé fait face à une congestion chronique de son réseau routier. Les embouteillages rallongent quotidiennement les temps de déplacement, affectent la productivité économique et dégradent la qualité de vie des habitants.

Le futur corridor de Bus Rapid Transit ambitionne d’apporter une réponse structurante à cette situation. Long de 22 kilomètres, il reliera Olembé à Ahala en traversant plusieurs quartiers stratégiques, dont Etoudi, le centre administratif, le marché central, Mvog-Mbi et Mvan.

La première phase prévoit 28 stations et une flotte de 52 bus électriques articulés de 18 mètres. Les projections annoncent une capacité de transport de près de 43 000 voyageurs par jour, avec un temps de parcours réduit de 80 à 65 minutes entre les deux terminus. À terme, l’extension du réseau devrait porter cette capacité à environ 110 000 passagers quotidiens grâce à 137 autobus.

Des retombées économiques attendues

Au-delà de l’amélioration des déplacements, le projet est présenté comme un levier de développement économique. La réduction des temps de transport devrait faciliter les déplacements domicile-travail, améliorer la productivité des entreprises et renforcer l’attractivité de la capitale pour les investisseurs.

Le recours à des bus électriques traduit également la volonté des partenaires du projet d’encourager une mobilité plus durable, moins émettrice de gaz à effet de serre et moins dépendante des énergies fossiles.

La construction puis l’exploitation du réseau devraient par ailleurs générer des emplois directs et indirects dans les secteurs des travaux publics, de la maintenance, de l’exploitation des infrastructures et des services.

Les attentes et les interrogations des populations

Malgré l’intérêt suscité par le projet, les habitants de Yaoundé restent prudents. Après plusieurs annonces et reports successifs, beaucoup attendent désormais des réalisations concrètes. La principale interrogation concerne le financement des travaux.

Si l’Union européenne et l’AFD ont déjà mobilisé les ressources nécessaires aux études préparatoires, les financements destinés à la construction du réseau restent encore à consolider.

D’autres défis devront également être relevés : l’intégration du BRT avec les taxis et les transports urbains existants, la gestion des emprises foncières, la fluidité de la circulation autour des voies réservées, ainsi que la maîtrise des coûts d’exploitation afin de maintenir un tarif accessible, annoncé entre 200 et 300 FCFA.

Une ambition à concrétiser

Avec TransYaoundé, les autorités camerounaises espèrent inscrire la capitale dans la dynamique des grandes métropoles africaines ayant modernisé leur système de transport collectif, à l’image de Dakar ou d’Abidjan. Le lancement de la phase préparatoire constitue une avancée importante, mais le chemin reste encore long avant la mise en circulation des premiers bus.

Les prochaines années seront décisives pour sécuriser les financements, finaliser les études techniques et transformer cette ambition en une infrastructure capable de répondre durablement aux besoins de mobilité des habitants de Yaoundé.

Au-delà des annonces, c’est désormais la capacité des différents partenaires à respecter le nouveau calendrier qui déterminera le succès d’un projet appelé à remodeler durablement les déplacements dans la capitale camerounaise.

Simon Emmanuel Minyem

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