Afrique & Monde

Malgré un vote unanime au Conseil de sécurité, la reconduction de la mission onusienne révèle des fractures profondes entre puissances et une redéfinition du rôle africain dans la gestion des crises.

RDC : la MONUSCO prolongée, le multilatéralisme sous tension

Malgré un vote unanime au Conseil de sécurité, la reconduction de la mission onusienne révèle des fractures profondes entre puissances et une redéfinition du rôle africain dans la gestion des crises. Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé de prolonger d’un an le mandat de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), dans un contexte sécuritaire toujours critique dans l’est du pays. Adoptée à l’unanimité par les quinze membres, la résolution masque toutefois des divergences diplomatiques croissantes sur la nature, les limites et l’utilité stratégique de la mission. Sur le terrain, la situation reste alarmante. Les violences persistantes impliquant le mouvement rebelle M23, l’armée congolaise et divers groupes armés continuent de provoquer déplacements massifs de populations et instabilité régionale, dans une zone au cœur des équilibres sécuritaires des Grands Lacs. Selon l’ONU, plus de 6,5 millions de personnes sont déplacées internes en RDC, un chiffre parmi les plus élevés au monde. Derrière le consensus formel, les débats au Conseil ont révélé une opposition nette entre les puissances occidentales et le duo sino-russe. Les États-Unis ont accusé le Rwanda de soutenir le M23, appelant à un rôle plus actif de la MONUSCO dans l’appui aux initiatives de cessez-le-feu issues des discussions menées à Washington et à Doha. La France, rédactrice du texte, a défendu une approche pragmatique visant à préserver le cœur du mandat tout en l’adaptant aux dynamiques diplomatiques en cours. À l’inverse, la Russie et la Chine ont dénoncé ce qu’elles considèrent comme une politisation excessive de la mission. Moscou a évoqué un « compromis difficile », tandis que Pékin a mis en garde contre toute instrumentalisation de la MONUSCO au service d’agendas extérieurs au cadre onusien, plaidant pour une interprétation stricte du principe de souveraineté. Les membres africains du Conseil, réunis au sein du groupe A3 Plus, ont tenté de rééquilibrer le débat. Ils ont insisté sur la nécessité d’un leadership africain renforcé, mettant en avant les efforts de médiation de l’Union africaine et des organisations régionales, notamment les initiatives pilotées par le Togo. Cette position traduit une volonté croissante du continent de peser davantage dans la résolution de ses propres crises. La résolution maintient les effectifs actuels de la MONUSCO et ses missions principales de protection des civils et d’appui aux autorités congolaises, tout en prévoyant un soutien encadré à un éventuel cessez-le-feu. Elle ouvre aussi la voie à des ajustements futurs du mandat, en fonction de l’évolution sécuritaire. Dans un contexte de rivalités géopolitiques accrues, la prolongation de la MONUSCO illustre les limites mais aussi la persistance du multilatéralisme onusien face aux crises complexes. Pour la RDC, l’enjeu reste majeur : transformer ce consensus fragile en avancées concrètes pour la paix.

RDC : la MONUSCO prolongée, le multilatéralisme sous tension Read More »

Sous la coupole de l’Académie des Sciences d’Outre-mer, à Paris, le 19 décembre 2025, le Professeur Maurice Kamto, juriste de renommée internationale et figure politique camerounaise, s’est vu décerner le Prix Boutros Boutros-Ghali.

Distinction : Maurice Kamto honoré du Prix Boutros Boutros-Ghali

À Paris, le juriste camerounais plaide pour l’État de droit et le multilatéralisme à l’heure de l’érosion des normes internationales. Sous la coupole de l’Académie des Sciences d’Outre-mer, à Paris, le 19 décembre 2025, le Professeur Maurice Kamto, juriste de renommée internationale et figure politique camerounaise, s’est vu décerner le Prix Boutros Boutros-Ghali. Une distinction prestigieuse qui récompense des contributions majeures à la promotion du droit international, du multilatéralisme et de la gouvernance mondiale. Empêché d’assister à la cérémonie pour des « circonstances dirimantes », le lauréat a pris la parole par message audiovisuel. Dans son intervention, Maurice Kamto a rendu hommage à la mémoire de l’ancien Secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali, qu’il a présenté comme l’un des artisans d’une vision universaliste du multilatéralisme, attentive aux aspirations du Sud global. Il a évoqué plusieurs rencontres marquantes avec le diplomate égyptien, notamment au Caire à la fin des années 1980 et à l’Académie de droit international de La Haye, soulignant l’influence durable des Agendas pour la paix et le développement sur sa propre réflexion. Au-delà de la reconnaissance personnelle, le professeur Kamto a inscrit cette distinction dans un contexte international qu’il juge marqué par une multiplication des crises, une remise en cause des institutions multilatérales et une application parfois sélective des normes juridiques. Sans s’attarder sur des situations nationales spécifiques, il a appelé à un renforcement du droit international comme cadre commun, capable de limiter les rapports de force et de restaurer la confiance entre États. Son discours a également pris une dimension plus civique, en dédiant ce prix à la jeunesse africaine et, plus largement, à tous ceux qui œuvrent pour l’État de droit. Il a insisté sur la responsabilité des juristes, des intellectuels et des responsables publics à maintenir vivantes les valeurs de justice, de liberté et de responsabilité institutionnelle. Attribué conjointement au professeur tunisien Yadh Ben Achour, le Prix Boutros Boutros-Ghali souligne la place croissante des penseurs africains dans les débats globaux sur la gouvernance mondiale. Dans un ordre international en recomposition, cette reconnaissance rappelle que le droit et le multilatéralisme demeurent, malgré leurs fragilités, des repères essentiels face aux incertitudes contemporaines.

Distinction : Maurice Kamto honoré du Prix Boutros Boutros-Ghali Read More »

Avec le lancement du futur terminal hydrocarbures, Yaoundé envoie un signal de stabilité économique et géostratégique au Golfe de Guinée.

Port de Kribi : le Cameroun muscle sa stratégie énergétique dans un contexte post-électoral sous tension

Avec le lancement du futur terminal hydrocarbures, Yaoundé envoie un signal de stabilité économique et géostratégique au Golfe de Guinée. Une étape décisive vient d’être franchie pour le Port Autonome de Kribi (PAK). Le 18 décembre 2025, un protocole d’accord tripartite a été signé entre le PAK, la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP) et le consortium PARLYM/EJN, ouvrant la voie à la construction d’un terminal hydrocarbures de nouvelle génération. Au-delà de l’infrastructure, ce projet s’inscrit dans une séquence politique et économique sensible pour le Cameroun, quelques semaines après une élection présidentielle contestée, marquée par des tensions sociales et sécuritaires. Pensé comme une plateforme logistique intégrée, le futur terminal comprendra un quai pétrolier en eaux profondes capable d’accueillir des navires de fort tonnage, des cuves de stockage à haute capacité et un réseau de pipelines interconnectés. L’objectif est clair : réduire les délais d’attente en mer, abaisser les coûts de transport et renforcer la sécurité d’approvisionnement en hydrocarbures d’un pays dont près de 80 % de l’énergie dépend encore des produits pétroliers importés. Dans un contexte international marqué par la volatilité des prix du brut et les recompositions géopolitiques liées aux crises en mer Rouge, en Ukraine et au Moyen-Orient, le Cameroun cherche à consolider ses marges de manœuvre. « L’augmentation des capacités de stockage permettra de constituer des réserves stratégiques et de mieux absorber les chocs externes », souligne un cadre du secteur énergétique à Douala. À terme, le terminal pourrait positionner Kribi comme un hub énergétique régional, au service non seulement du Cameroun, mais aussi de pays enclavés d’Afrique centrale comme le Tchad ou la RCA. Sur le plan macroéconomique, l’enjeu est majeur. Avec une croissance estimée autour de 4 % en 2025 et une dette publique proche de 45 % du PIB, le Cameroun est sous pression pour accélérer ses investissements structurants, tout en rassurant partenaires financiers et bailleurs internationaux. Le projet de Kribi s’inscrit dans cette logique de crédibilisation, à un moment où la gouvernance post-électorale est scrutée de près par les investisseurs. Le protocole signé prévoit une phase préparatoire de douze mois, dédiée aux études techniques et à la consolidation du modèle économique avant les décisions finales d’investissement. Cette prudence traduit aussi une volonté de sécuriser le projet face aux risques politiques et opérationnels. Dans un Golfe de Guinée traversé par des enjeux sécuritaires, énergétiques et commerciaux croissants, le terminal hydrocarbures de Kribi apparaît ainsi comme un pari stratégique : celui de faire de l’infrastructure un levier de stabilité, de souveraineté énergétique et de projection régionale pour un Cameroun en quête de normalisation politique et de relance économique.

Port de Kribi : le Cameroun muscle sa stratégie énergétique dans un contexte post-électoral sous tension Read More »

La Foire de l’employabilité rurale mobilise 30 villages autour de l’agriculture, de la culture et de l’entrepreneuriat local.

Cameroun : Ngambé, laboratoire de l’employabilité rurale

La Foire de l’employabilité rurale mobilise 30 villages autour de l’agriculture, de la culture et de l’entrepreneuriat local. Du 11 au 13 décembre 2025, la localité de Ngambé, dans le département de la Sanaga-Maritime (région du Littoral), a accueilli la deuxième édition de la Foire de l’Employabilité Rurale (FER). L’événement a rassemblé près de 30 villages autour d’un objectif commun : renforcer l’agriculture, valoriser les savoir-faire locaux et promouvoir l’emploi en milieu rural. Organisée par l’association Jeunesse Volontaire et Engagée pour la Promotion de l’Intellect (JVEPI) au Centre Jeunes JVEPI-FOMACK, cette édition s’est inscrite dans une dynamique plus inclusive et opérationnelle. Pendant trois jours, producteurs, jeunes, femmes rurales, chefs traditionnels et experts ont pris part à neuf ateliers pratiques et six conférences animées par une quinzaine de spécialistes. Les filières agricoles clés — manioc, cacao, plantain, maïs et palmier à huile — ont occupé une place centrale. Selon Ivan Trésor Mbock, coordonnateur du Centre Jeunes JVEPI-FOMACK, la foire vise à démontrer que le monde rural peut constituer un véritable espace d’opportunités économiques. Dans un contexte marqué par un taux de chômage avoisinant 40 %, touchant principalement les jeunes de 15 à 34 ans, la FER se présente comme une réponse concrète au défi de l’emploi, en cohérence avec la Stratégie Nationale de Développement 2020–2030 (SND30). Au-delà de l’amélioration des rendements agricoles, les échanges ont porté sur la transformation locale, la structuration des chaînes de valeur et la lutte contre l’insécurité alimentaire. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de limiter l’exode rural en accompagnant les jeunes dans des projets viables, adaptés aux réalités locales. La foire a également intégré une dimension culturelle et environnementale, avec des danses traditionnelles, des expositions artisanales et des discussions sur la gestion durable des ressources naturelles, notamment forestières. Ces moments ont contribué à renforcer la cohésion sociale et le dialogue intercommunautaire. L’édition 2025 s’est fixé des objectifs mesurables : former 240 jeunes et femmes, accompagner plus de 500 porteurs de projets, mettre en place un dispositif de micro-financement et contribuer à la création d’au moins 150 emplois directs et indirects. Six chaînes de valeur locales prioritaires ont été identifiées, allant de l’agriculture aux industries culturelles, en passant par les TIC et la pharmacopée. Fort du succès de l’édition 2024, qui avait touché plus de 1 000 bénéficiaires indirects, la FER de Ngambé confirme son ambition de devenir un rendez-vous structurant pour le développement local. Les organisateurs entendent désormais inscrire les résolutions issues de cette édition dans des actions concrètes dès janvier 2026, afin de faire de la ruralité un véritable levier de croissance et d’emploi durable au Cameroun.

Cameroun : Ngambé, laboratoire de l’employabilité rurale Read More »

À Nwa, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, la vaccination ne se limite pas à une opération de santé publique

Au Cameroun, vacciner en zone de conflit commence par négocier la sécurité

Une journée avec Kongnyu Emmanuel, entre analyse des risques, checkpoints armés et confiance communautaire. À Nwa, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, la vaccination ne se limite pas à une opération de santé publique. Elle est aussi un exercice permanent d’analyse sécuritaire et de négociation d’accès. Depuis le déclenchement de la crise sociopolitique en 2016, atteindre les enfants non vaccinés suppose d’abord de comprendre les dynamiques locales et d’anticiper les risques. À 5 h 30, Kongnyu Emmanuel, responsable du district sanitaire de Nwa, est déjà à l’écoute. Téléphone à la main, il capte les alertes transmises par des leaders communautaires, des responsables religieux et des mobilisateurs locaux. Un signalement fait état de tirs dans une aire sanitaire voisine. Emmanuel multiplie les appels afin de recouper l’information et d’évaluer l’évolution de la situation. Ce dispositif d’alerte communautaire repose sur un travail patient de cartographie des acteurs locaux. Avec l’appui des Cameroon Baptist Convention Health Services (CBCHS), présents dans les dix régions du pays, Emmanuel et son équipe ont identifié des relais de confiance dans chaque communauté. Ces derniers sont formés à transmettre des informations sécuritaires sans s’exposer. Les données recueillies sont croisées avec celles de l’International NGO Safety Organisation (INSO), afin d’orienter les décisions opérationnelles. « L’autorisation sécuritaire fait partie de notre routine quotidienne. La situation peut changer très vite, parfois d’un village à l’autre », explique Emmanuel. Ce jour-là, la localité de Ntem est jugée accessible, bien que classée à haut risque. À l’aube, l’équipe – un vaccinateur, une infirmière et un agent de dépistage nutritionnel – charge vaccins, compléments nutritionnels et moustiquaires avant de partir à moto. À un checkpoint tenu par un groupe armé non étatique, Emmanuel se présente comme travailleur humanitaire du CBCHS. La connaissance de l’itinéraire et la crédibilité locale permettent d’obtenir le passage. La vaccination se tient au domicile du chef de quartier, un lieu reconnu comme neutre. L’approche est volontairement discrète : aucune annonce prolongée, une mobilisation rapide, une session programmée un « country Sunday », lorsque les habitants sont présents au village. En trois heures, 46 enfants reçoivent des vaccins et des services intégrés : consultations, dépistage nutritionnel et sensibilisation sanitaire. Sitôt la session terminée, l’équipe se retire. À 14 h, elle est de retour en zone sûre pour le débriefing et la vérification de la chaîne du froid. Mis en œuvre dans le cadre du programme VERHUS, financé par Gavi, ce modèle montre que, dans les contextes de conflit, la vaccination devient aussi un levier de confiance et de présence humanitaire durable. « Aucune journée ne se ressemble. Tout repose sur l’analyse collective et l’adaptation constante », conclut Emmanuel.

Au Cameroun, vacciner en zone de conflit commence par négocier la sécurité Read More »

Michel-Thierry Atangana, ingénieur financier français d’origine camerounaise, est décédé en France.

Diaspora camerounaise : Michel-Thierry Atangana est décédé

Retour sur un itinéraire personnel et institutionnel au croisement du Cameroun et de la France. Michel-Thierry Atangana, ingénieur financier français d’origine camerounaise, est décédé en France. Il avait 61 ans. Son parcours, marqué par une longue détention au Cameroun et un engagement ultérieur en faveur des Français incarcérés à l’étranger, a occupé une place particulière dans le débat public franco-africain au cours des deux dernières décennies. Arrivé au Cameroun dans les années 1990, Michel-Thierry Atangana est nommé chargé de mission auprès du secrétariat général de la présidence de la République. Il intervient alors dans des dossiers techniques liés à la restructuration de la dette et au suivi de projets d’infrastructures routières stratégiques, notamment à travers le Comité de pilotage et de suivi des travaux routiers (Copisur), un consortium associant partenaires camerounais et internationaux. En 1997, il est arrêté et poursuivi pour des faits de détournement de fonds publics et de trafic d’influence, accusations qu’il a toujours contestées. Condamné à de lourdes peines de prison, il passera dix-sept années en détention, dont plusieurs en isolement. Son dossier suscite progressivement l’attention d’organisations de défense des droits humains et d’instances internationales, qui s’interrogent sur les conditions de sa détention et sur le déroulement des procédures judiciaires. En 2014, à la suite de démarches diplomatiques et d’interventions internationales, Michel-Thierry Atangana est libéré dans le cadre d’une grâce présidentielle. Il s’installe ensuite en France, où il engage plusieurs procédures judiciaires afin d’obtenir une reconnaissance de son préjudice et la restitution de ses avoirs, demeurés gelés. Certaines évaluations administratives ont estimé ces préjudices à plusieurs centaines de milliards de francs CFA, sans qu’un règlement définitif n’ait été trouvé. Parallèlement, il devient une figure de référence sur la question des Français détenus à l’étranger. Son cas contribue à l’adoption, en 2021, de la loi dite « Atangana », qui permet aux juridictions françaises de prendre en compte les avis d’organismes internationaux dans l’examen de situations de détention à l’étranger. Michel-Thierry Atangana laisse l’image d’un homme engagé dans une quête de reconnaissance juridique et institutionnelle, dont le parcours continue d’alimenter les réflexions sur la protection consulaire, la coopération judiciaire internationale et le rôle des mécanismes multilatéraux en matière de droits fondamentaux.

Diaspora camerounaise : Michel-Thierry Atangana est décédé Read More »

Diplomatie économique : la diaspora camerounaise présente le projet PADICE à l’ambassade du Cameroun en France

Diaspora en action : à Paris, le PADICE ambitionne de redessiner l’avenir économique du Cameroun

À Paris, le Haut Conseil des Camerounais de l’Extérieur a exposé à l’ambassadeur André-Magnus Ekoumou une feuille de route ambitieuse pour associer la diaspora à l’émergence économique du Cameroun. Le cabinet de l’ambassadeur du Cameroun auprès de la République française a accueilli, mardi 16 décembre 2025, une délégation du Haut Conseil des Camerounais de l’Extérieur (HCCE), dans le cadre des « Grandes audiences de la rue d’Auteuil ». Conduite par son président, le Dr Samuel Dongmo, la délégation est venue présenter le PADICE – Pacte avec la diaspora pour un Cameroun émergent – un projet structurant visant à renforcer l’implication économique et stratégique des Camerounais de l’étranger. Aux côtés du Dr Dongmo figuraient Gilbert Ndeppe, expert financier en gestion des risques, Jehu Ndoumi, PDG de Yunus Group S.A., holding internationale spécialisée dans les financements structurés et la digitalisation des services publics, ainsi que Julien Mbounga, président de l’association CISAL, engagée dans la prévention routière entre le Cameroun et la France. Le PADICE se veut une plateforme de réflexion et d’actions concrètes pour construire le Cameroun de demain avec sa diaspora. Il est consigné dans un ouvrage de référence de plus de 700 pages, intitulé « HCCE – 2025+ Avec la diaspora », présenté comme une synthèse prospective des enjeux économiques, sociaux et institutionnels liés aux Camerounais de l’extérieur. Parmi les projets phares exposés figurent « Diaspora City », un vaste projet foncier et urbain de 100 hectares à Kribi, le lancement d’une usine de fabrication de véhicules dans la zone industrialo-portuaire de la même ville, avec des premières productions attendues en 2026, ainsi que le programme Y4Life, dédié à la mobilité urbaine et à la santé à Yaoundé, prévoyant la mise en circulation initiale de 150 bus de transport public. L’ambassadeur André-Magnus Ekoumou a salué des projets « concrets et transformateurs », félicitant la diaspora pour son volontarisme, son patriotisme économique et sa capacité d’innovation au service du développement national. Deux exemplaires du PADICE, dont un destiné au président de la République, Paul Biya, lui ont été officiellement remis. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large de diplomatie économique, visant à faire de la diaspora un levier stratégique de l’émergence camerounaise.

Diaspora en action : à Paris, le PADICE ambitionne de redessiner l’avenir économique du Cameroun Read More »

Condamné à verser 61 millions d’euros à Kylian Mbappé, le Paris Saint-Germain encaisse un camouflet juridique et symbolique face à l’une des figures les plus puissantes du football mondial, héritier d’un ancrage camerounais assumé

Diaspora : Affaire Mbappé–PSG -Victoire judiciaire, revers d’image et rappel d’origines africaines

Condamné à verser 61 millions d’euros à Kylian Mbappé, le Paris Saint-Germain encaisse un camouflet juridique et symbolique face à l’une des figures les plus puissantes du football mondial, héritier d’un ancrage camerounais assumé. Le feuilleton judiciaire entre Kylian Mbappé et le Paris Saint-Germain a connu, une issue majeure. Le Conseil de prud’hommes de Paris a condamné le club à verser environ 61 millions d’euros plus de 40 milliards FCFA, à son ancien attaquant star, correspondant à des salaires, primes impayées et congés payés en fin de contrat. Un verdict qui tranche un conflit emblématique des dérives financières et contractuelles du football d’élite. Né à Bondy, en ile de France, Kylian Mbappé revendique aussi des racines africaines fortes : par son père, Wilfried Mbappé, il est issu de la famille camerounaise Djebalè, une île fluviale à l’estuaire du fleuve Wouri, située dans la région du littoral. Cette filiation, souvent mise en avant dans ses engagements symboliques et caritatifs, renforce son aura auprès des jeunesses africaines et participe à sa stature de figure globale, au-delà du simple cadre hexagonal. Le litige trouve son origine dans le départ libre de Kylian Mbappé vers le Real Madrid à l’été 2024, après sept saisons parisiennes et 256 buts inscrits, record absolu du club. Le joueur réclamait initialement 263 millions d’euros, invoquant notamment une requalification de son CDD en CDI, un licenciement abusif, du harcèlement moral et du travail dissimulé. Les prud’hommes ont écarté ces griefs, se limitant à la reconnaissance des sommes contractuellement dues. Le PSG, de son côté, avait engagé une contre-attaque spectaculaire, réclamant jusqu’à 440 millions d’euros à son ancien prodige. Le club faisait valoir l’existence d’un accord verbal conclu à l’été 2023, par lequel Kylian Mbappé se serait engagé à ne pas partir libre afin de ne pas léser financièrement son employeur. Une argumentation jugée juridiquement insuffisante par les conseillers prud’homaux. Au-delà de l’impact financier, la décision a une portée symbolique lourde. Le PSG est contraint de publier l’intégralité du jugement pendant un mois sur la page d’accueil de son site officiel, une mesure rare qui entache l’image d’un club au rayonnement international et relance le débat sur sa gouvernance. Cette victoire judiciaire intervient alors que Kylian Mbappé, désormais pilier du Real Madrid, négocie l’un des contrats de sponsoring les plus convoités du sport mondial. En discussions avancées avec Nike, mais courtisé par Adidas et Under Armour, le capitaine des Bleus pourrait signer un accord record à l’approche de la Coupe du monde 2026. Fort de ses performances sportives, de son héritage franco-camerounais et de son poids médiatique, Kylian Mbappé De Djebalè sort de cette affaire conforté : juridiquement, économiquement et symboliquement.

Diaspora : Affaire Mbappé–PSG -Victoire judiciaire, revers d’image et rappel d’origines africaines Read More »

État pivot à la jonction de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale, le Cameroun demeure l’un des piliers de la stratégie française sur le continent.

Cameroun–France : l’AFD à l’épreuve du test post-électoral

Stabilité politique, crédibilité institutionnelle et projets structurants : comment la séquence électorale rebat les cartes du partenariat franco-camerounais. État pivot à la jonction de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale, le Cameroun demeure l’un des piliers de la stratégie française sur le continent. Mais la séquence post-électorale ouverte après la présidentielle de 2025, marquée par des contestations, des arrestations et une crispation du climat politique, introduit une variable d’incertitude dans une relation historiquement dense, au premier rang de laquelle figure l’Agence française de développement (AFD). Présente depuis plus de soixante ans, l’AFD est l’un des principaux partenaires financiers du Cameroun. À travers le Contrat de désendettement et de développement (C2D), plus de 1 100 milliards de FCFA ont été mobilisés depuis 2006 pour l’éducation, les infrastructures, l’agriculture et la gouvernance. Ce partenariat s’est récemment renforcé autour de projets structurants : le programme Capitales régionales, l’initiative Sporcap, le Programme de lutte contre les inondations de Douala et Yaoundé (PLIDY, 150 millions d’euros) ou encore le barrage hydroélectrique de Nachtigal, stratégique pour la transition énergétique et la compétitivité industrielle. Toutefois, la crispation post-électorale pose un dilemme classique pour Paris et ses instruments financiers : préserver la stabilité d’un État clé de la Cemac tout en affirmant un discours sur la gouvernance, l’État de droit et l’inclusivité politique. Officiellement, la France continue de privilégier une approche de « partenariat pragmatique », misant sur la continuité des projets et la protection des investissements de long terme. En coulisses, les bailleurs observent néanmoins avec attention l’évolution du climat politique, conscient que la stabilité institutionnelle conditionne l’efficacité des programmes de développement. Sur le plan géoéconomique, un durcissement durable de la situation politique pourrait ralentir l’exécution de certains projets, notamment urbains et territoriaux, qui reposent sur l’adhésion des populations et la coordination des acteurs locaux. Il pourrait également peser sur l’attractivité du Cameroun, déjà confronté à un chômage élevé des jeunes et à des inégalités territoriales marquées, malgré une croissance autour de 3,5 à 4 %. Pour l’AFD, l’enjeu est d’éviter l’écueil d’une coopération perçue comme déconnectée des réalités sociales. « La question n’est pas de suspendre, mais de réinterroger l’impact et la gouvernance des projets », confie un observateur du développement. Dans ce contexte, les volets liés au capital humain, à l’emploi des jeunes et à la résilience urbaine prennent une dimension politique implicite. À moyen terme, la relation Cameroun–France se jouera sur un équilibre subtil : maintenir l’ancrage stratégique dans un pays clé, tout en adaptant l’action de l’AFD à un environnement politique « contesté » par une certaine opposition. Plus que jamais, le Cameroun apparaît comme un laboratoire où développement, stabilité et légitimité politique sont étroitement liés.

Cameroun–France : l’AFD à l’épreuve du test post-électoral Read More »

Le second de Polycarpe Banlog s’ouvre dans un contexte politique sensible, marqué par les tensions post-électorales et de fortes attentes des populations.

Cameroun : Polycarpe Banlog réélu à la tête du Conseil Régional du Littoral -Entre continuité et défis majeurs

Le mardi 16 décembre 2025, les Conseillers régionaux du Littoral ont renouvelé leur confiance à Polycarpe Banlog, réélu président du Conseil avec un score écrasant de 82 voix sur 87 votants. Le second de Polycarpe Banlog s’ouvre dans un contexte politique sensible, marqué par les tensions post-électorales et de fortes attentes des populations. Un plébiscite pour la continuité La réélection de Polycarpe Banlog témoigne de la confiance de ses pairs et de la reconnaissance de son premier mandat jugé positif malgré les défis liés à sa prise de fonction. Sur 90 votants inscrits, 87 ont participé au scrutin, et 82 ont exprimé leur soutien au Président sortant, contre 5 bulletins nuls. Ce résultat constitue un véritable plébiscite pour la continuité dans la gouvernance du Littoral. Des attentes fortes et un contexte tendu Le second mandat de Polycarpe Banlog arrive dans un contexte complexe. La région du Littoral a été marquée par une vive contestation des résultats des présidentielles, avec des dégâts matériels importants, des pertes en vies humaines et plusieurs arrestations. Dans ce climat, les populations et les militantes du parti attendent des réalisations concrètes qui permettront de restaurer la confiance et de préparer efficacement les élections municipales et législatives prévues en 2026. (Polycarpe Banlog, Président du Conseil régional du littoral, félicité par le préfet de la SM) Des défis pour un mandat ambitieux Le Conseil Régional et son Président réélu doivent conjuguer continuité et innovation. Les attentes portent sur le renforcement des infrastructures, l’amélioration de la gouvernance des ressources régionales, la création d’opportunités pour les jeunes et l’autonomisation des femmes. Polycarpe Banlog devra démontrer que son leadership peut traduire ses ambitions politiques en actions tangibles pour le développement économique et social du Littoral, tout en apaisant les tensions et en rassurant les populations. Un accueil populaire enthousiaste À son retour à Edéa, le Président Banlog a été accueilli et félicité par une foule d’élus, d’élites et de citoyens. Ce soutien populaire témoigne de l’espoir suscité par son second mandat et de la confiance placée dans sa capacité à transformer les attentes en résultats concrets. Polycarpe Banlog, entre continuité politique et exigence d’apaisement – Originaire de Nyanon, dans le département de la Sanaga-Maritime, Polycarpe Banlog s’est imposé comme l’un des acteurs clés de la gouvernance territoriale dans le Littoral. – Deux fois maire de la commune de Nyanon, puis député de 2013 à 2020, il a progressivement consolidé son ancrage politique au sein du RDPC. – En 2020, il accède à la présidence du Conseil régional du Littoral, fonction à laquelle il est réélu en décembre 2025. – Ce second mandat s’ouvre toutefois dans un climat sensible. La région a été fortement touchée par les contestations post-électorales liées à la présidentielle, avec des dégâts matériels, des pertes humaines et des arrestations. – Dans ce contexte, Polycarpe Banlog est attendu sur des réponses concrètes : relance économique, amélioration des services de base et restauration de la confiance entre institutions et populations. – À l’approche des élections municipales et législatives de 2026, sa capacité à allier continuité politique, efficacité administrative et apaisement social sera déterminante pour l’avenir du Littoral. Simon Emmanuel Minyem

Cameroun : Polycarpe Banlog réélu à la tête du Conseil Régional du Littoral -Entre continuité et défis majeurs Read More »

Scroll to Top