Tribunes & Grands Récits

Les autorités rappellent que le Rwanda n’est pas un État religieux et que les organisations confessionnelles, comme toute autre structure civile, doivent s’inscrire dans le cadre légal.

Rwanda : la régulation des Églises évangéliques redessine le paysage religieux

Au Rwanda, la fermeture de la Grace Room Ministry, qui rassemblait jusqu’à 10 000 fidèles à la BK Arena de Kigali, illustre le durcissement de la politique publique à l’égard des Églises évangéliques. Depuis 2018, les autorités appliquent une réglementation plus stricte encadrant les activités religieuses, fondée sur des critères de sécurité, de gouvernance et de formation des responsables religieux. Ces mesures imposent notamment la conformité des lieux de culte aux normes de sécurité, la transparence des flux financiers et l’obligation pour les pasteurs de disposer de diplômes reconnus en théologie. Selon les médias rwandais, plusieurs milliers d’églises ont été fermées ces dernières années pour non-respect de ces exigences. Le gouvernement justifie cette politique par la nécessité d’assainir un secteur marqué par une forte prolifération d’églises indépendantes. Lors de récentes prises de parole, le président Paul Kagame a questionné le rôle socio-économique de certaines structures religieuses, estimant que certaines d’entre elles ne contribuaient pas suffisamment aux priorités nationales de développement. Les autorités rappellent que le Rwanda n’est pas un État religieux et que les organisations confessionnelles, comme toute autre structure civile, doivent s’inscrire dans le cadre légal. Depuis mars 2025, les églises sont également tenues de présenter au moins 1 000 signatures de fidèles pour obtenir ou renouveler leur licence, une disposition qui a suscité des réserves parmi les petites communautés religieuses. Pour certains observateurs, cette régulation reflète la volonté de l’État de maintenir un contrôle étroit sur l’espace public et de prévenir l’émergence de structures influentes échappant à la supervision administrative. D’autres soulignent que la question religieuse demeure sensible dans un pays où le génocide de 1994 a profondément marqué les consciences, y compris au sein des institutions ecclésiastiques. Selon le recensement de 2024, environ 93 % des Rwandais se déclarent chrétiens. La foi a joué un rôle important dans les processus de reconstruction et de résilience après le génocide, ce que reconnaissent plusieurs universitaires rwandais. Toutefois, certains estiment que la multiplication des lieux de culte pose des enjeux d’aménagement du territoire et de cohérence des politiques publiques. La fermeture de la Grace Room Ministry aurait été motivée, selon les autorités, par l’absence répétée de rapports d’activités et financiers requis par la loi. Sa responsable n’a pas réagi publiquement à cette décision. Entre encadrement administratif et liberté de culte, la politique rwandaise interroge l’équilibre recherché par l’État entre stabilité institutionnelle, développement et pluralisme religieux.

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Dans le même temps, Moscou a confirmé sa ligne diplomatique stricte : seuls les États souverains reconnus participent aux forums Afrique–Russie.

Forum Russie–Afrique au Caire : l’Afrique du Sud global à l’épreuve de la recomposition géopolitique mondiale

Entre quête de souveraineté stratégique, sécurité collective et réalités économiques, Moscou et les capitales africaines ajustent leurs lignes. Réunis les 19 et 20 décembre au Caire (Egypte) pour la deuxième conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie–Afrique, plus de cinquante délégations africaines ont livré un message clair : le continent entend peser davantage dans la gouvernance mondiale. Six ans après le sommet fondateur de Sotchi (2019), et dans un contexte de fragmentation accélérée de l’ordre international, cette rencontre marque une étape symbolique dans la maturation d’un partenariat inscrit dans la dynamique du Sud global. Pour la première fois organisée sur le sol africain, la conférence a cristallisé une revendication ancienne mais désormais assumée. « La voix de l’Afrique doit être influente et déterminante dans l’élaboration des grandes décisions mondiales », a martelé le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, rappelant les exigences de l’Union africaine issues du consensus d’Ezulwini : deux sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU et une représentation renforcée dans les institutions financières internationales. Une convergence politique assumée (Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères ) Du côté russe, le discours s’inscrit dans une continuité stratégique. Le patron de la diplomatie , Sergueï Lavrov a réaffirmé l’engagement de Moscou à soutenir la stabilité et la sécurité du continent, qualifiées de « conditions essentielles du développement durable ». La Russie se positionne ainsi comme un partenaire favorable à un multilatéralisme rééquilibré, dénonçant les séquelles du colonialisme et les ingérences extérieures jugées contre-productives. Cette convergence politique trouve un écho particulier dans plusieurs régions africaines confrontées à l’insécurité chronique. Moscou demeure le premier fournisseur d’armes du continent, représentant 21 % des importations africaines d’armements entre 2020 et 2024, selon le SIPRI [Stockholm International Peace Research Institute, un Institut international indépendant dédié à la recherche sur les conflits, les armements, le contrôle des armements et le désarmement], et multiplie les accords sécuritaires, notamment au Sahel, où les forces russes ont partiellement remplacé les contingents occidentaux. Le paradoxe économique russe en Afrique Mais derrière l’affichage politique, la réalité économique révèle un contraste frappant. Les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique ont atteint 24 à 28 milliards de dollars en 2024, un volume modeste comparé aux 355 milliards de dollars de l’Union européenne ou aux 296 milliards de la Chine. De surcroît, près de 90 % de ces échanges concernent les exportations russes, dominées par les hydrocarbures, les céréales – notamment le blé – et les produits métallurgiques, principalement à destination de l’Afrique du Nord. Les investissements directs russes restent marginaux, et de nombreux projets annoncés ces dernières années n’ont pas vu le jour, freinés par les sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine et par des contraintes financières internes. « Ce partenariat est encore jeune ; il faut lui laisser le temps de grandir », a relativisé le chef de la diplomatie rwandais, Olivier Nduhungirehe, soulignant la nécessité de passer des intentions aux mécanismes opérationnels. Sécurité régionale et souveraineté africaine La conférence du Caire a également servi de plateforme à des rapprochements régionaux structurants. En marge des travaux, la CEDEAO et la Russie ont affiché leur volonté d’intensifier leur coopération sécuritaire face à l’expansion des groupes armés et aux fragilités institutionnelles en Afrique de l’Ouest. Partage de renseignement, formation des forces de sécurité, sécurisation des processus électoraux : autant de leviers évoqués pour stabiliser une région stratégique. Dans le même temps, Moscou a confirmé sa ligne diplomatique stricte : seuls les États souverains reconnus participent aux forums Afrique–Russie. Ce choix, assumé, vise à éviter les contentieux politiques et à préserver la lisibilité stratégique des partenariats, une approche largement soutenue par les capitales africaines soucieuses d’efficacité. Un partenariat à l’épreuve du réel Au-delà des discours, le Forum du Caire illustre une recomposition géostratégique en cours. L’Afrique, forte de son poids démographique et de ses ressources, entend diversifier ses alliances sans s’aligner. Pour la Russie, le continent représente à la fois un espace d’influence diplomatique, un levier géopolitique face à l’Occident et un marché encore largement sous-exploité. Reste un défi majeur : transformer une convergence idéologique et sécuritaire en un partenariat économique structurant, capable de soutenir l’Agenda 2063 de l’Union africaine. À défaut, la relation russo-africaine risque de demeurer asymétrique, puissante sur le plan symbolique, mais limitée dans sa portée développementale.

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Au Cameroun, le niveau d’endettement reste officiellement jugé soutenable par les institutions financières internationales.

Dette africaine : l’Afrique centrale en première ligne, le Cameroun sous surveillance

Pressions budgétaires, vulnérabilités structurelles et urgence de réformes financières. La crise de la dette publique africaine se manifeste avec une intensité particulière en Afrique centrale, une région où plusieurs États, dont le Cameroun, doivent composer avec des marges budgétaires de plus en plus étroites. Longtemps considérée comme relativement préservée, la zone fait désormais face à une accumulation de risques liés à l’endettement, dans un contexte de ralentissement économique, d’insécurité persistante et de besoins sociaux croissants. Au Cameroun, le niveau d’endettement reste officiellement jugé soutenable par les institutions financières internationales. Toutefois, la pression exercée par le service de la dette s’intensifie. Une part croissante des recettes publiques est consacrée au remboursement des échéances, limitant les capacités de financement des secteurs clés comme la santé, l’éducation et les infrastructures. La diversification progressive des sources de financement, notamment via des emprunts commerciaux et semi-concessionnels, accroît également l’exposition du pays aux risques de refinancement et aux variations des taux d’intérêt. La situation est plus critique dans certains pays voisins. En République du Congo, bien que le ratio dette/PIB ait reculé à 93,6 % en 2024, le poids du service de la dette reste considérable, absorbant près de la moitié des recettes budgétaires. Le Gabon et la Guinée équatoriale demeurent fortement dépendants des revenus pétroliers, les rendant vulnérables aux chocs exogènes. Le Tchad et la République centrafricaine, quant à eux, subissent les effets conjugués de l’instabilité sécuritaire et de la faiblesse de leurs bases fiscales. Cette fragilité régionale s’inscrit dans une dynamique continentale alarmante. Selon Clever Gatete, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), le stock de la dette extérieure du continent a atteint environ 1 860 milliards de dollars en 2024, contre près de 1 000 milliards moins de dix ans auparavant. Plus de vingt pays africains sont aujourd’hui en situation de surendettement ou exposés à un risque élevé de défaut. Les créanciers des États africains sont multiples : institutions multilatérales telles que la Banque mondiale, le FMI et la BAD, partenaires bilatéraux comme la Chine, mais aussi investisseurs privés sur les marchés internationaux. Ces derniers, de plus en plus sollicités, renchérissent le coût de la dette et réduisent la flexibilité budgétaire. Face à cette spirale, un groupe d’experts réunis sous l’égide du G20 a récemment plaidé pour un allègement coordonné de la dette africaine et une augmentation des investissements productifs. Pour Clever Gatete, « l’Afrique ne traverse pas seulement une crise de la dette, mais une crise du développement ». Pour l’Afrique centrale et le Cameroun, l’enjeu est désormais stratégique : transformer la gestion de la dette en levier de développement, sous peine de voir la stabilité économique et sociale durablement fragilisée.

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Confrontée à des restrictions budgétaires inédites, l’Agence française de développement (AFD) entame une profonde transformation de son modèle.

Aide au développement : l’AFD contrainte de revoir sa boussole africaine

Coupes budgétaires, recomposition géopolitique et recentrage stratégique d’une institution sous pression. L’année 2025 restera comme une annus horribilis pour l’aide publique au développement. Confrontée à des restrictions budgétaires inédites, l’Agence française de développement (AFD) entame une profonde transformation de son modèle. Dans un entretien accordé à L’Express, son chef économiste Thomas Melonio dresse un constat sans détour : « En 2026, l’Afrique ne pèsera plus que 30 % de nos activités », contre une place historiquement centrale dans l’action de l’agence. Cette inflexion stratégique s’inscrit dans un contexte international bouleversé. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a entraîné la suppression brutale de l’USAID, symbole d’un désengagement américain massif de l’aide au développement. En Europe, la dynamique est similaire. En France, le budget consacré à l’aide publique a été amputé de 37 % en 2025, avec de nouvelles réductions attendues. Pour l’AFD, ces décisions se traduisent par une contrainte existentielle : faire moins, autrement. Historiquement tournée vers l’Afrique, où elle finançait infrastructures, santé, éducation et climat, l’agence doit désormais arbitrer. La baisse relative du poids du continent ne signifie pas un retrait total, mais un ciblage plus strict des interventions, privilégiant les projets jugés stratégiques, bancables ou alignés avec les priorités diplomatiques françaises. « Il ne s’agit plus de couvrir tous les besoins, mais de maximiser l’impact », résume Thomas Melonio. Ce recentrage reflète aussi une évolution du paysage africain. Plusieurs pays revendiquent davantage d’autonomie, diversifient leurs partenaires — Chine, Golfe, Russie — et contestent parfois le cadre traditionnel de l’aide occidentale. Dans ce contexte, l’AFD doit composer avec des attentes nouvelles, une concurrence accrue et une légitimité parfois questionnée. Les conséquences sont lourdes. Pour de nombreux États africains, la contraction de l’aide européenne intervient alors que les besoins explosent, sous l’effet de la croissance démographique, du changement climatique et de l’instabilité sécuritaire. Le risque est celui d’un décrochage silencieux, où les projets sociaux et environnementaux deviennent les variables d’ajustement des politiques budgétaires du Nord. Au-delà de l’AFD, cette évolution pose une question plus large : l’aide au développement est-elle en train de devenir une variable secondaire dans un monde dominé par les priorités sécuritaires, industrielles et migratoires ? En actant la réduction du poids de l’Afrique dans ses activités, l’agence française illustre une tendance lourde : celle d’un désengagement progressif, contraint plus que choisi, d’un continent pourtant central pour les équilibres futurs.

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La Cour suprême du Cameroun a renvoyé au 15 janvier 2026 l’examen du pourvoi en cassation introduit par le leader séparatiste anglophone Sisiku Ayuk Tabe et neuf de ses co-accusés

Affaire Ayuk Tabe (Cameroun) : justice différée, équation politique entière

Entre possible grâce présidentielle, limites du séparatisme et enjeux régionaux. La Cour suprême du Cameroun a renvoyé au 15 janvier 2026 l’examen du pourvoi en cassation introduit par le leader séparatiste anglophone Sisiku Julius Ayuk Tabe et neuf de ses co-accusés. Une audience de pure forme, sans débat sur le fond, qui prolonge une attente judiciaire entamée depuis cinq ans et ravive les interrogations politiques autour du conflit anglophone. Condamnés en 2019 à la réclusion criminelle à perpétuité par le tribunal militaire de Yaoundé, puis confirmés en appel en 2020, les dirigeants ambazoniens restent au cœur d’un dossier à forte charge symbolique. Pour la défense et les organisations de droits humains, la lenteur de la procédure et le jugement de civils par une juridiction militaire continuent de poser la question du respect du procès équitable. Pour l’État, il s’agit d’un dossier sécuritaire majeur, lié à des accusations de terrorisme et de sécession. Dans ce contexte, la question d’une grâce présidentielle revient régulièrement dans le débat public. Juridiquement, elle est possible : la Constitution camerounaise confère au chef de l’État le pouvoir de grâce. Politiquement, toutefois, elle reste délicate. Une grâce pourrait être perçue comme un geste d’apaisement susceptible de favoriser un dialogue politique. À l’inverse, elle risque d’être interprétée par certains groupes armés comme un aveu de faiblesse, voire un encouragement à la poursuite de la lutte séparatiste. Son efficacité dépendrait donc d’un cadre politique plus large incluant désarmement et dialogue structuré. La détention prolongée des leaders ambazoniens a eu des conséquences ambivalentes. Si elle a affaibli la coordination politique du mouvement, elle n’a pas mis fin à la violence sur le terrain. Au contraire, la fragmentation des groupes armés a parfois accentué l’insécurité, compliquant toute négociation crédible. Sur le fond, les revendications ambazoniennes atteignent leurs limites juridiques dans le cadre de la République du Cameroun. L’indépendance unilatérale reste incompatible avec l’ordre constitutionnel et le droit international, tandis que les violences contre les civils ont progressivement érodé les soutiens internationaux du mouvement. En revanche, les revendications liées à la gouvernance locale, à la protection des spécificités linguistiques et à une décentralisation effective demeurent des leviers politiques encore ouverts. À l’échelle régionale, le conflit anglophone pèse sur la stabilité du Golfe de Guinée et des frontières avec le Nigeria, alimentant déplacements de populations, trafics transfrontaliers et tensions sécuritaires. L’issue du dossier Ayuk Tabe dépasse ainsi le strict cadre judiciaire : elle s’inscrit au cœur d’un enjeu national et régional où justice, politique et sécurité restent étroitement imbriquées.

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Le préfet du Mbam et Inoubou, Jean Lazare Ndongo Ndongo, a conclu sa tournée de prise de contact dans l’arrondissement de Bokito par les cantons de Yangben et Ma’ala, le vendredi 19 décembre 2025.

Mbam et Inoubou (Cameroun) : le préfet trace la feuille de route pour la paix et le développement

Entre sécurité, cohésion sociale et infrastructures, le préfet fixe les priorités pour les cantons de Yangben et Ma’ala. Le préfet du Mbam et Inoubou, Jean Lazare Ndongo Ndongo, a conclu sa tournée de prise de contact dans l’arrondissement de Bokito par les cantons de Yangben et Ma’ala, le vendredi 19 décembre 2025. Cette visite, placée sous le signe de la sécurité et du développement local, a été marquée par des accueils chaleureux et des échanges constructifs avec les populations et les élites locales. À Yangben, l’accueil s’est déroulé devant l’école publique puis sur la mythique place du marché, face au palais historique du grand chef Yambassa. Les discours ont mis en lumière les réalisations de l’État : création de postes de gendarmerie, lycée et centre de santé intégré (CSI), ainsi que le dynamisme économique dans l’agriculture et l’élevage. Les doléances locales ont porté sur la réhabilitation des infrastructures routières, l’installation d’un chef de canton, le renforcement des centres de santé et des écoles, et l’érection de Yangben en arrondissement. Le préfet a répondu avec précision : Yangben ne sera pas laissé pour compte, et les doléances seront progressivement traitées selon les moyens de l’État. Il a insisté sur la cohésion sociale : résolution équitable des conflits entre éleveurs et agriculteurs, respect des autorités administratives et traditionnelles, et engagement des jeunes à cultiver la terre et à renoncer aux psychotropes. À Ma’ala, les discussions ont été similaires : modernisation des centres de santé, construction de salles de classe, création de puits et bitumage des routes. Le préfet a félicité les populations pour leurs efforts agricoles et insisté sur la paix et l’unité, condition essentielle au développement durable. La tournée a également permis de visiter les cantons d’Elip, Lemande et Gounou Sud, où la problématique des routes et de l’électricité reste centrale. Entre ces étapes, la visite du futur hôtel de Bokito, initié par le professeur Alaka Alaka, a montré l’engagement des élites locales pour le développement touristique et économique. À travers cette tournée, le préfet Ndongo Ndongo Jean Lazare a délivré un message clair : paix, cohésion et développement sont indissociables, et l’État du Cameroun est résolu à accompagner chaque canton dans la réalisation de ses priorités.

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Pour la troisième année consécutive, le pays rafle la moitié des places réservées aux étudiants internationaux et consolide son rayonnement scientifique.

Cameroun : Yaoundé s’impose comme le pôle africain d’excellence pour Polytechnique France

Pour la troisième année consécutive, le pays rafle la moitié des places réservées aux étudiants internationaux et consolide son rayonnement scientifique. Pour la troisième année consécutive, le Cameroun s’impose comme le principal pôle africain pour l’accès à l’École polytechnique (France). Sur les 37 places ouvertes aux étudiants internationaux en 2025, 17 sont occupées par des Camerounais, soit 50 % des admis, devançant le Maroc et confirmant Yaoundé comme centre d’excellence scientifique sur le continent. Tous les admis proviennent des classes préparatoires de Polytechnique Yaoundé, principalement du CPG de Vogt Saint-Jean, où les mentions Très Bien du Bac C suivent un programme intensif de deux ans pour préparer les concours des grandes écoles d’ingénieurs européennes : Polytechnique Paris, Centrale, Mines, Ponts et Chaussées, Polytechnique Lausanne et Bocconi. Cette préparation rigoureuse explique la performance constante des étudiants camerounais et leur réputation de « pays des génies ». Les étudiants bénéficient d’un suivi complet : orientation dans les filières adaptées à leurs compétences, accompagnement à l’intégration académique et sociale, et prise en charge des bourses par le gouvernement et les établissements locaux. Ces dispositifs garantissent la réussite et la continuité de leur parcours à l’international. À terme, la stratégie vise à encourager le retour au Cameroun des diplômés, qui pourront contribuer au développement scientifique, technologique et industriel du pays, notamment dans les secteurs stratégiques de l’ingénierie et des technologies avancées. Sur les 140 places réservées aux candidats internationaux, les Camerounais dominent largement, suivis de quelques Ivoiriens. Ce succès illustre non seulement l’excellence académique camerounaise, mais aussi sa capacité à structurer un centre régional de référence pour les grandes écoles d’ingénieurs, renforçant son influence scientifique et académique en Afrique et en Europe. Le Cameroun confirme ainsi son rôle stratégique et durable dans la formation scientifique de haut niveau, consolidant sa réputation de vivier de talents africains d’exception.

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Le 19 décembre 2025, la Cameroon Development Corporation (CDC), pilier de l’agro-industrie dans le Sud-Ouest du Cameroun, a franchi une étape majeure vers sa modernisation

Cameroun : 78,8 millions d’euros pour moderniser la CDC et dynamiser l’économie

Financement stratégique et infrastructures modernisées pour renforcer la chaîne de valeur agro-industrielle. Le 19 décembre 2025, la Cameroon Development Corporation (CDC), pilier de l’agro-industrie dans le Sud-Ouest du Cameroun, a franchi une étape majeure vers sa modernisation. Le gouvernement camerounais a sécurisé un financement de 78,8 millions d’euros (51,8 milliards FCFA) destiné à transformer ses unités industrielles, spécialisées dans l’hévéa, le palmier à huile et la banane. Ce financement, orchestré par Standard Chartered Bank à Londres, combine un crédit acheteur de 71,7 millions d’euros garanti par Bpifrance et un crédit commercial de 7,1 millions d’euros. Il permettra l’installation d’équipements modernes pour l’huile de palme, la margarine et la transformation de l’hévéa, renforçant la production et la compétitivité de la CDC sur le marché régional. La mise en œuvre a été confiée à la société française Tyllium, reconnue pour son expertise agro-industrielle. Les travaux, sous la supervision du ministère de l’Agriculture et du Développement rural et avec la CDC comme maître d’ouvrage délégué, s’étaleront sur 25 mois. Au-delà de la modernisation, le projet vise à valoriser les matières premières locales, réduire les importations et stimuler l’emploi dans une région touchée par des crises sécuritaires depuis 2016. Il contribuera à la création d’emplois directs et indirects et au renforcement de la chaîne de valeur agricole camerounaise. Cette initiative s’inscrit dans un effort global de redressement de la CDC, dont la dette salariale de 35,75 milliards FCFA (2018-2022) a été intégralement apurée entre 2024 et 2025. En sécurisant des financements stratégiques et en modernisant ses infrastructures, la CDC se positionne comme un levier essentiel pour le développement durable du secteur agro-industriel camerounais et pour l’affirmation du pays comme acteur clé de l’économie régionale.

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Décorations exceptionnelles de cadres de l’UNESCO et affirmation du rayonnement culturel camerounais.

Diplomatie culturelle : Le Cameroun muscle son soft power à Paris

Décorations exceptionnelles de cadres de l’UNESCO et affirmation du rayonnement culturel camerounais. Deux hauts responsables de l’UNESCO décorés et des officiers de police promus à l’Ambassade du Cameroun en France. À Paris, à l’Ambassade du Cameroun en France, une cérémonie officielle s’est tenue vendredi 20 décembre 2025, illustrant la montée en puissance du Cameroun sur la scène diplomatique et culturelle internationale. Par décret présidentiel, deux hauts responsables camerounais en fonction à l’UNESCO, dont le Directeur du Centre du patrimoine mondial, ont été décorés Chevaliers de l’Ordre national de la Valeur, à titre exceptionnel. La cérémonie a également été marquée par la promotion de deux officiers supérieurs de la police camerounaise au grade de commissaire de police principal. Médailles, décorations, pas stricts et galons parfaitement alignés sur les épaules. Devant un parterre de diplomates, de responsables internationaux et de membres de la diaspora, les récipiendaires reçoivent distinctions et promotions, symboles d’un engagement au service de l’État et de son rayonnement à l’étranger. Pour les hauts responsables de l’UNESCO, la distinction de Chevalier de l’Ordre national de la Valeur vient consacrer un travail diplomatique et culturel de long terme. Ces dernières années, le Cameroun a renforcé sa présence au sein de l’UNESCO, avec l’inscription et la valorisation de plusieurs éléments de son patrimoine culturel matériel et immatériel. Rites traditionnels, savoir-faire artisanaux et expressions culturelles témoignent de la richesse d’un pays souvent présenté comme une « Afrique en miniature ». Cette reconnaissance s’inscrit dans une stratégie assumée de diplomatie culturelle. En s’appuyant sur la diversité de son patrimoine et sur des cadres occupant des postes stratégiques au sein des institutions internationales, le Cameroun consolide son influence, non seulement à l’UNESCO, mais plus largement dans les cercles décisionnels multilatéraux. Pour l’Ambassadeur du Cameroun en France, ces distinctions relèvent d’une logique évidente. « Le président de la République a voulu honorer, à titre exceptionnel, des Camerounais qui se distinguent par leur engagement, leur loyauté et leur patriotisme. Ce sont des hommes qui travaillent à l’UNESCO et qui contribuent concrètement au rayonnement du Cameroun », a déclaré André-Magnus Ekoumou. Parmi les décorés, Lazare Eloundou Assomo, Directeur du Centre du patrimoine mondial à l’UNESCO, a souligné la portée collective de cette reconnaissance. « Je reçois cette médaille avec fierté, au nom du Cameroun mais aussi de l’UNESCO. Elle illustre l’excellente coopération entre le Cameroun et l’organisation, et l’importance accordée à la protection de notre patrimoine culturel », a-t-il affirmé. Au-delà de l’UNESCO, le Cameroun s’impose progressivement comme un acteur culturel de référence en Afrique centrale. Par son rôle de carrefour géoculturel, il participe à la structuration des politiques patrimoniales régionales et au renforcement des coopérations Sud-Sud dans le domaine culturel. Autre temps fort de la cérémonie : la promotion de deux officiers de police camerounais, élevés au grade de commissaire de police principal après plus de vingt années de carrière. La soirée s’est achevée par l’« arrosage des galons », tradition camerounaise mêlant solennité et convivialité. À travers ces distinctions, Yaoundé affirme une diplomatie du soft power fondée sur la culture, la compétence et la présence stratégique dans les institutions internationales, renforçant ainsi sa visibilité et son influence sur la scène mondiale.

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Sécurité, mémoire coloniale et rivalités globales : Moscou redessine sa stratégie africaine.

« L’Afrique se réveille » : Moscou accélère son offensive diplomatique sur le continent

Sécurité, mémoire coloniale et rivalités globales : Moscou redessine sa stratégie africaine. Réunis au Caire à l’occasion de la deuxième Conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique, les représentants africains et russes ont été témoins d’un discours à forte portée symbolique et stratégique du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Dans une déclaration très politique, le chef de la diplomatie russe a affirmé que « l’Afrique se réveille après l’ère coloniale », inscrivant la relation russo-africaine dans une lecture postcoloniale du monde et dans une dynamique de recomposition de l’ordre international. Pour Moscou, le renforcement de la paix et de la sécurité en Afrique constitue à la fois une condition du développement durable du continent et un facteur clé de stabilité mondiale. Sergueï Lavrov a rappelé l’engagement de la Russie aux côtés des États africains dans les domaines sécuritaires, évoquant des actions concrètes telles que le déminage, la neutralisation des engins explosifs improvisés, ainsi que la formation des forces armées et des services de sécurité. Au-delà de cette coopération opérationnelle, le ministre a insisté sur la mise en œuvre effective de la décision prise lors du deuxième sommet Russie-Afrique visant à instaurer un mécanisme permanent de dialogue de haut niveau. L’objectif est clair : coordonner les efforts russo-africains en matière de sécurité et consolider une architecture de coopération fondée, selon Moscou, sur le respect de la souveraineté, de l’égalité des partenaires et des intérêts mutuels. Le discours de Sergueï Lavrov s’est également distingué par une critique directe de l’héritage colonial occidental. Selon lui, nombre de conflits actuels en Afrique trouvent leurs racines dans un système colonial ayant bouleversé les trajectoires historiques naturelles des peuples africains, imposé des frontières artificielles et façonné des économies extraverties au profit des anciennes puissances coloniales. Il a par ailleurs dénoncé la persistance de formes de néocolonialisme et affirmé la disponibilité de la Russie à accompagner les États africains dans l’élaboration d’instruments juridiques visant à évaluer, voire indemniser, les préjudices liés à la période coloniale. Cette rhétorique trouve un écho croissant sur le continent, dans un contexte de défiance accrue envers l’Occident et de quête de partenariats alternatifs. Moscou entend capitaliser sur cette dynamique pour renforcer son influence diplomatique, sécuritaire et économique. Sur le plan commercial, Sergueï Lavrov a souligné une hausse de 13 % des échanges russo-africains l’an dernier, atteignant 28 milliards de dollars, un niveau jugé encore inférieur au potentiel réel du partenariat. En évoquant un « deuxième réveil » de l’Afrique et la montée en puissance de son rôle international, la Russie inscrit clairement sa stratégie africaine dans une vision multipolaire du monde, révélatrice d’une compétition géopolitique désormais assumée autour d’un continent devenu central dans les équilibres du XXIᵉ siècle.

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