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Le Cameroun ne manque pas de financements. Il fait face à un défi d’absorption, que les autorités économiques s’efforcent désormais de traiter comme une priorité stratégique.

Dette du Cameroun : des financements disponibles, un défi d’exécution que l’État s’emploie à corriger

Le Cameroun ne manque pas de financements. Il fait face à un défi d’absorption, que les autorités économiques s’efforcent désormais de traiter comme une priorité stratégique. Au 30 septembre 2025, le pays disposait de 5 641,9 milliards de FCFA de financements extérieurs engagés mais non encore décaissés ou autorisés mais non signés, selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Ce volume, équivalent à près d’une année et demie d’endettement budgétaire, témoigne moins d’un assèchement des ressources que de la confiance persistante des partenaires techniques et financiers envers l’État camerounais. Pour le ministre de l’Économie, Louis Paul Motaze, ces chiffres traduisent avant tout un choix assumé de prudence macroéconomique. Le Cameroun a continué de sécuriser des financements concessionnels et semi-concessionnels à long terme, tout en maintenant la soutenabilité de sa dette dans un environnement international marqué par la hausse des taux, la contraction de l’aide publique au développement et la concurrence accrue entre pays émergents pour l’accès au capital. L’essentiel de ce stock — 4 714,7 milliards de FCFA — correspond à des soldes engagés non décaissés (SEND). Si près de 63 % sont classés « à contraintes », le ministère de l’Économie souligne que ces blocages relèvent majoritairement de facteurs opérationnels et transversaux : procédures d’expropriation, mobilisation des fonds de contrepartie, exigences de conformité des bailleurs, ou encore insuffisance de maturité technique de certains projets hérités de cycles antérieurs. Dans ce contexte, la priorité du ministère n’est pas d’accélérer mécaniquement les décaissements, mais de sécuriser l’efficacité économique des projets, afin d’éviter les dérives de coûts, les infrastructures inachevées ou les dettes improductives. Cette approche explique la volonté affichée par Louis Paul Motaze de renforcer la préparation en amont, d’annuler les financements obsolètes et de recentrer les portefeuilles sur des projets à fort impact. Le cas de la Cameroon Development Corporation (CDC) illustre cette logique de remise à plat. Les financements agricoles en attente, d’un montant d’environ 50 milliards de FCFA, s’inscrivent dans une stratégie de relance prudente d’un acteur fragilisé par des contraintes sécuritaires et sociales. L’objectif est désormais de garantir la viabilité industrielle et commerciale des projets avant tout décaissement effectif. Sur le plan macroéconomique, cette rigueur a permis au Cameroun de contenir le service de la dette, malgré un environnement défavorable, et de préserver sa crédibilité auprès du FMI, de la Banque mondiale et des partenaires bilatéraux. Pour le ministère de l’Économie, l’enjeu est clair : transformer progressivement les engagements financiers en croissance réelle, sans compromettre la stabilité budgétaire. Le défi camerounais n’est donc pas celui de l’accès aux financements, mais celui de leur exécution maîtrisée. Un chantier complexe, que Louis Paul Motaze aborde comme une réforme de fond de l’État investisseur, condition essentielle pour que la dette devienne enfin un levier durable de développement.

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Dans son discours de vœux à la nation du 31 décembre 2025, le président de la République, Paul Biya, a annoncé la mise en œuvre « dès cette année » d’un programme spécial de réhabilitation des axes routiers dégradés, intégrant également la construction de nouvelles routes.

Routes camerounaises : le pari stratégique de Paul Biya face à l’urgence infrastructurelle

Dans son discours de vœux à la nation du 31 décembre 2025, le président de la République, Paul Biya, a annoncé la mise en œuvre « dès cette année » d’un programme spécial de réhabilitation des axes routiers dégradés, intégrant également la construction de nouvelles routes. Une déclaration à forte portée politique et stratégique, tant l’état du réseau routier constitue aujourd’hui l’un des principaux goulets d’étranglement du développement économique camerounais. Selon le chef de l’État, ce programme vise à « améliorer la mobilité urbaine et interurbaine, ainsi que l’accès aux bassins de production ». Derrière cette formulation, se dessine un enjeu central : désenclaver l’économie, fluidifier les échanges internes et renforcer l’intégration des territoires productifs aux marchés nationaux et régionaux. Un réseau routier en état critique Les chiffres du ministère des Travaux publics confirment l’ampleur du défi. Sur plus de 121 000 km de routes que compte le Cameroun, près de 75 % (91 404,7 km) sont jugés en état médiocre ou mauvais. Seuls 25 % du réseau sont considérés comme étant en bon ou moyen état. Cette dégradation chronique a un impact direct sur la compétitivité du pays : hausse des coûts logistiques, allongement des délais de transport, insécurité routière accrue. L’axe Yaoundé–Douala, colonne vertébrale économique du pays, en est l’illustration la plus emblématique. Parcourir les 230 km reliant la capitale politique à la capitale économique nécessite désormais 5 à 6 heures, un temps de trajet incompatible avec les standards d’une économie émergente. D’autres corridors stratégiques, tels que Édéa–Kribi, Garoua–Ngaoundéré ou Douala–Bafoussam, figurent également parmi les plus dégradés. Un bilan 2025 en demi-teinte En 2025, l’État camerounais a bitumé 384 km de routes, alors que l’objectif annuel était fixé à 754 km. Un résultat qui traduit à la fois les contraintes financières, les lourdeurs d’exécution et les difficultés de gouvernance du secteur. Le Fonds routier estimait pourtant à 1 097 milliards de F CFA les besoins annuels pour l’entretien du réseau national, contre seulement 100 milliards de F CFA effectivement programmés. Ce déséquilibre structurel entre besoins et ressources pose la question centrale du financement du nouveau programme présidentiel. Sans mécanismes innovants et sans mobilisation accrue des partenaires techniques et financiers, l’initiative risque de se heurter aux mêmes limites que les précédentes. Une dimension géostratégique assumée Dans cette perspective, le recours aux partenaires étrangers apparaît probable. Lors de sa visite officielle à Pékin le 4 septembre 2024, Paul Biya avait déjà appelé à une intensification des investissements chinois dans les infrastructures routières. Ce positionnement s’inscrit dans une logique géostratégique : renforcer les infrastructures pour consolider le rôle du Cameroun comme hub logistique de l’Afrique centrale, au cœur des échanges CEMAC et du corridor sous-régional. Au-delà des routes, c’est la capacité de l’État à traduire une volonté politique forte en résultats tangibles qui sera scrutée. Le programme spécial annoncé en 2026 pourrait ainsi devenir un test majeur de crédibilité économique et de gouvernance, à un moment où les attentes sociales et productives sont particulièrement élevées.

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Après la victoire du Cameroun face au Gabon (1-0) à la CAN 2025, Eto’o Fils veut recentrer le débat sur le terrain.

Samuel Eto’o face au piège du pouvoir : football, popularité et soupçons politiques au Cameroun

Entre terrain sportif et arène politique, la star des Lions indomptables tente de contenir une popularité devenue explosive. Samuel Eto’o n’a peut-être jamais été aussi loin des terrains, mais jamais aussi proche du centre du jeu camerounais. Réélu en novembre à la tête de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), l’ancien attaquant vedette se retrouve aujourd’hui prisonnier d’un paradoxe : sa popularité nationale, loin d’être un atout, est devenue son principal fardeau. Dans un entretien accordé à Le Monde Afrique, Eto’o Fils met des mots sur un malaise profond : « 99 % de mes problèmes viennent du fait que les gens pensent que je veux devenir chef d’État. » Une phrase lourde de sens dans un pays où le football n’est jamais loin de la politique, et où toute figure charismatique est immédiatement perçue comme un acteur potentiel du pouvoir. L’ombre de George Weah La comparaison n’est jamais explicitement revendiquée, mais elle plane. L’exemple de George Weah, passé du statut d’icône sportive à président du Liberia, nourrit fantasmes et suspicions. Eto’o Fils, lui, botte en touche. Il nie toute ambition présidentielle tout en reconnaissant que cette rumeur parasite son action quotidienne à la Fecafoot, créant blocages, résistances et lectures politiciennes de décisions pourtant sportives. « Même quand nos idées sont bonnes, certains les traduisent immédiatement sur le plan politique », déplore-t-il. Dans un Cameroun où l’État reste hypercentralisé et la suspicion institutionnelle élevée, diriger le football revient à marcher sur une ligne de crête. Une gouvernance sportive sous haute tension Son mandat à la tête de la Fecafoot est loin d’être un long fleuve tranquille. Changements de sélectionneur à la veille de la CAN 2025, accusations d’ingérence, absences remarquées de cadres comme André Onana ou Vincent Aboubakar : chaque décision est scrutée, commentée, parfois instrumentalisée. À cela s’ajoute un positionnement politique assumé : son soutien public au président Paul Biya, réélu pour un huitième mandat, a suscité de vifs débats. Eto’o Fils assume, tout en rappelant que le choix politique relève de l’intime et que nul ne peut parler au nom de tous les Camerounais. Quand le football devient un miroir du pouvoir Après la victoire du Cameroun face au Gabon (1-0) à la CAN 2025, Eto’o Fils veut recentrer le débat sur le terrain. Mais le contexte national rend l’exercice difficile. Au Cameroun, le football est un langage politique, un espace de projection des frustrations, des espoirs et des luttes de pouvoir. Samuel Eto’o incarne cette frontière trouble entre sport et politique. Qu’il le veuille ou non, son aura dépasse désormais le rectangle vert. Et tant que cette ambiguïté persistera, le président de la Fecafoot restera sous surveillance permanente – adulé par les foules, redouté par les cercles du pouvoir, et enfermé dans un rôle qu’il affirme ne pas vouloir endosser.

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Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra, l’équilibriste du cœur de l’Afrique

À l’approche de la présidentielle du 28 décembre, le chef de l’État centrafricain affirme sa confiance en une victoire, tout en tentant de maintenir l’équilibre entre Paris et Moscou, dans un contexte régional marqué par la montée des tensions et l’instabilité du Soudan au Tchad. À quelques semaines du scrutin du 28 décembre, Faustin-Archange Touadéra aborde la campagne avec assurance. Dans un entretien à France 24, le président centrafricain déclare avoir « confiance » en sa réélection, évoquant les progrès du désarmement et la « stabilisation progressive » du pays. Onze des quatorze groupes armés ont accepté de déposer les armes », assure-t-il, citant les discussions en cours avec le MPC d’Al-Khatib, encore actif dans le nord du pays. Élu en 2016 et réélu en 2020, Faustin Touadéra met en avant la réconciliation et la reconstruction comme piliers de son bilan. Mais sur le terrain, la situation reste fragile. Selon les Nations unies, près de 60 % du territoire demeure sous l’influence de groupes armés, et plus de 3,4 millions de Centrafricains — soit la moitié de la population — dépendent toujours de l’aide humanitaire. Les violences intercommunautaires, les trafics transfrontaliers et la pauvreté structurelle alimentent un climat d’incertitude à la veille du vote. Face à une opposition divisée, dont une partie appelle au boycott, le président estime qu’elle « n’est pas constructive » et « n’est pas suivie par la population ». Plusieurs figures de la société civile dénoncent toutefois un processus verrouillé, évoquant un risque de scrutin « sans véritable compétition ». L’Union africaine et l’ONU appellent à garantir « des élections crédibles, inclusives et sécurisées », alors que certaines préfectures restent inaccessibles aux observateurs internationaux. Entre Paris et Moscou : une diplomatie d’équilibriste Sur le plan international, Touadéra s’efforce de ménager ses deux principaux partenaires : la France et la Russie. Après plusieurs années de tensions, le dialogue franco-centrafricain a repris en avril 2024. « Les choses se passent très bien avec Paris, nous avons mis en place une feuille de route », déclare le président. Ce rapprochement traduit une volonté de normaliser les relations bilatérales après une période dominée par l’influence russe. Depuis 2018, des centaines d’instructeurs liés au groupe Wagner — aujourd’hui réorganisé sous le nom Africa Corps — assurent la formation et la protection du régime. Interrogé sur un nouvel accord militaire avec Moscou, Touadéra reste évasif : « Ce n’est pas sur votre plateau que je vais m’étaler sur ces questions. Par courtoisie envers nos partenaires ». Et d’ajouter, en forme de réponse politique : « Je ne suis l’otage de personne ». Derrière la prudence diplomatique se joue un enjeu géoéconomique crucial : le contrôle des ressources minières, notamment l’or et les diamants. Ces richesses, qui représentent près de 40 % des exportations officielles, alimentent aussi des circuits de contrebande transfrontalière vers le Soudan, le Cameroun et le Tchad. Pour plusieurs observateurs, la Centrafrique s’est imposée comme un maillon du vaste réseau d’intérêts économiques et sécuritaires russes en Afrique centrale. Un environnement régional sous tension Au-delà de ses frontières, Bangui évolue dans un environnement régional instable. La guerre au Soudan, que Touadéra décrit comme « une source d’inquiétude sécuritaire majeure », favorise la circulation d’armes et de combattants vers le nord de la Centrafrique. Le Tchad voisin, dirigé par Mahamat Idriss Déby, redoute une contagion de l’instabilité, tandis que le Cameroun continue de faire face à des tensions dans ses régions anglophones. Dans ce contexte, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) peine à jouer un rôle de stabilisation. Les rivalités politiques internes — notamment entre Kinshasa, Libreville et Brazzaville — limitent sa capacité à agir. La fragilité centrafricaine devient ainsi le reflet d’une Afrique centrale fragmentée, où les transitions politiques, les trafics et la compétition des puissances extérieures s’entrecroisent. Les bailleurs internationaux — Banque mondiale, FMI, Union européenne — maintiennent leur soutien, mais sous conditions : bonne gouvernance, transparence dans les recettes minières et respect des droits politiques. Confiant, Faustin-Archange Touadéra cherche à apparaître comme l’homme fort d’un État sous tutelle partielle, mais en quête de souveraineté. Entre ambitions électorales et contraintes géostratégiques, le président centrafricain avance sur un fil ténu — celui d’un pouvoir fragile dans une région sous tension, où chaque élection devient un test de stabilité continentale.

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MWC25 à Kigali : l’Afrique revendique sa place dans l’innovation digitale mondiale

Du 21 au 23 octobre 2025, Kigali est devenu la capitale africaine du numérique avec l’accueil du Mobile World Congress (MWC25), rendez-vous stratégique pour une transformation digitale inclusive sur le continent C’est une Afrique en transition numérique qui se donne rendez-vous au Kigali Convention Centre. Organisé par la GSMA, le Mobile World Congress 2025 – édition Afrique réunira pendant trois jours un large éventail d’acteurs publics et privés : gouvernements, opérateurs télécoms, start-ups, institutions financières, géants technologiques et bailleurs internationaux. « MWC Kigali sera l’occasion de définir ensemble comment les technologies peuvent soutenir la croissance et l’inclusion en Afrique », a souligné Vivek Badrinath, directeur général de la GSMA. Une dynamique continentale, un hub régional Le choix du Rwanda n’est pas anodin. Kigali incarne la volonté politique d’un pays qui investit massivement dans ses infrastructures digitales, son écosystème start-up, et dans l’attractivité technologique. La stratégie rwandaise vise à faire du pays un hub numérique panafricain, à l’image de ce que Nairobi représente pour l’Afrique de l’Est. Mais malgré ces efforts, l’Afrique reste confrontée à un fossé numérique préoccupant : selon l’UIT, des millions d’Africains restent exclus du numérique faute de couverture, de connectivité abordable ou de compétences. Un levier économique sous-exploité Le numérique pèse déjà lourd : 8,1 % du PIB de l’Afrique subsaharienne en 2022, soit 170 milliards de dollars, selon la GSMA. Ce chiffre pourrait atteindre 205 milliards en 2030, porté par la croissance des services mobiles, de l’e-commerce, de l’e-santé et de l’inclusion financière. Plus de 400 millions d’utilisateurs ont déjà adopté les services financiers mobiles en Afrique. Le taux de pénétration des smartphones est lui aussi en hausse : de 49 % en 2022, il devrait atteindre 61 % d’ici 2030. Un chiffre qui alimente l’essor d’un écosystème technologique où se croisent 5G, IA, Internet des objets, blockchain et cloud. Un sommet stratégique et multilatéral La participation d’acteurs clés comme Huawei, Meta, MTN, Orange, Qualcomm, Airtel, Telcoin, mais aussi de startups africaines et de personnalités comme Kate Kallot (Amini) ou Doreen Bogdan-Martin (UIT), illustre la diversité des voix présentes à Kigali. « L’Afrique doit tirer parti des technologies pour répondre aux besoins en matière de santé, d’éducation et de finance », a rappelé Doreen Bogdan-Martin, secrétaire générale de l’UIT. L’ambition de la GSMA est claire : faire de MWC Kigali une plateforme de gouvernance numérique africaine, capable d’influencer les débats globaux sur la régulation, l’innovation responsable, la cybersécurité et l’inclusion. Enjeux géopolitiques et d’intelligence économique Ce forum intervient à un moment où l’Afrique devient un terrain stratégique pour les puissances technologiques mondiales. Alors que la concurrence entre acteurs chinois, européens, américains et émiratis s’intensifie, le MWC25 offre une opportunité rare aux pays africains de négocier leur souveraineté numérique, de sécuriser leurs données, et de positionner leurs innovations dans les chaînes de valeur mondiales. « Nous voulons que MWC Kigali soit le lieu où les décideurs politiques et les acteurs privés définissent ensemble l’avenir numérique de l’Afrique », a déclaré Lara Dewar, directrice marketing de la GSMA. MWC25 à Kigali marque une nouvelle étape dans l’affirmation de l’Afrique comme acteur légitime de l’économie numérique mondiale. Entre promesse d’inclusion et bataille d’influence, le continent est à la croisée des chemins : récepteur de technologies ou architecte de son propre destin digital ?

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Cameroun : La mine de fer de Bipindi officiellement inaugurée, un tournant stratégique pour l’économie nationale

Le Cameroun a franchi une étape majeure dans la valorisation de ses ressources minières. Le 22 septembre 2025, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a inauguré, au nom du président Paul Biya, la mine de fer de Bipindi Grand-Zambi, dans la région du Sud. Un projet structurant porté par G-Stone, filiale du groupe Bocom de l’industriel camerounais Dieudonné Bougne, qui suscite d’immenses attentes économiques et sociales. « C’est une étape stratégique pour l’avenir industriel du Cameroun », a déclaré le chef du gouvernement lors de la cérémonie. Et pour cause : avec une production projetée de 6 millions de tonnes de concentré de fer par an sur une durée de vie estimée à 56 ans, et une valeur du gisement évaluée à 33,3 milliards de dollars, ce projet pourrait devenir l’un des plus grands moteurs de croissance du pays. Des retombées économiques massives attendues Les projections officielles tablent sur 5 000 emplois directs à terme et des milliers d’emplois indirects, tandis que l’État percevra environ 10 % du chiffre d’affaires, en plus des impôts, taxes et dividendes. Mais au-delà des chiffres, le gouvernement évoque un « levier de transformation sociale » : routes, écoles, hôpitaux et infrastructures dans une région longtemps en marge des grands projets d’investissement. Actuellement, plus de 500 travailleurs camerounais sont déjà employés sur le site. « Chaque tonne de fer extraite devient le reflet d’un rêve collectif », a résumé un responsable local, saluant une dynamique d’émergence « portée par les Camerounais, pour les Camerounais ». Un projet aux dimensions géopolitiques et industrielles La mine de Bipindi intervient dans un contexte africain où plusieurs pays cherchent à reprendre le contrôle de leurs chaînes de valeur minières, tout en attirant des partenaires privés nationaux plutôt que des multinationales étrangères. Le fait qu’un groupe camerounais soit à la manœuvre est perçu comme un signal fort en matière de souveraineté économique. Reste à voir comment seront gérées les questions environnementales, les infrastructures de transport et la redistribution équitable des richesses. Mais une chose est claire : Bipindi Grand-Zambi pourrait devenir un pivot minier stratégique pour le Cameroun et un modèle de partenariat public-privé africain réussi.

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Banques communautaires : le moteur méconnu de la finance au Cameroun

Dans un paysage financier où les grandes banques traditionnelles semblent hors de portée pour nombre de Camerounais, émergent des forces souvent invisibles : les banques communautaires. Parmi elles, le Community Credit Company (CCC Plc) s’impose comme un acteur central, associant inclusion, proximité et innovation. CCC Plc : croissance, réseau et service Créée en novembre 1998 en tant que coopérative, transformée en société anonyme, CCC Plc est aujourd’hui une institution de microfinance de deuxième catégorie, réglementée par la COBAC, et active au Cameroun depuis plus de 24 ans. Une institution orientée client… mais fragile CCC se distingue par sa proximité, sa disponibilité de services gratuits, et ses innovations numériques. Toutefois, la pression réglementaire et les coûts de conformité restent élevés pour un acteur de cette taille. « Nous sommes traités comme des banques commerciales, alors que nous opérons avec les moyens du bord et pour des publics à très faible revenu », regrette un dirigeant du secteur microfinance. Comparaison : CCC vs CCA‑Bank — deux modèles complémentaires Institution CCC Plc CCA‑Bank Création 1998 comme coopérative, microfinance 1997 coopérative, devenue banque universelle en 2018 Réseau 18 succursales ≈ 54 agences (2024) et 60+ ATM Clientèle > 120 000 comptes 533 400 clients servis (2022) Actifs – 862 M USD (2022) Leadership DG : Ngoh Walters Tebid DG : Marguerite Fonkwen Atanga Le Crédit Communautaire d’Afrique Bank (CCA‑Bank), bien que né des principes de la microfinance, est devenu un acteur établi du secteur bancaire. Il affiche des performances solides, notamment via : Perspectives : vers une synergie entre proximité et institution CCC incarne l’inclusion financière de proximité : accessible, proche, flexible. CCA‑Bank représente la solidité institutionnelle, la diversification de services, et un accès aux financements internationaux. Pour les experts, l’avenir est dans une hybridation réussie : renforcer la capacité locale (CCC) tout en facilitant leur intégration au système bancaire formel (CCA‑Bank). « L’inclusion financière ne peut pas reposer uniquement sur les banques classiques. Les banques communautaires sont une réponse locale, agile et efficace aux défis de l’accès au financement », rappelle une spécialiste du secteur. Au Cameroun et en Afrique centrale, les banques communautaires comme CCC Plc jouent un rôle vital pour des millions de clients invisibilisés par le système bancaire traditionnel. Pour tirer pleinement parti de leur potentiel, il conviendra de décongestionner les contraintes réglementaires, accompagner la digitalisation, et favoriser les partenariats intelligents entre acteurs communautaires et banques universelles. C’est ainsi que se construit une finance réellement inclusive, durable et résiliente.

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