Mines au Cameroun : Yaoundé veut accélérer la délivrance des permis de recherche

Au cours de ces échanges, les minerais critiques figuraient parmi les secteurs jugés prioritaires de la coopération économique entre les deux pays.

Le gouvernement camerounais veut simplifier les procédures d’obtention des permis de recherche minière afin d’attirer davantage d’investisseurs.

Cette orientation, exprimée à l’occasion de l’atelier d’évaluation du Code minier, organisé le 28 août 2026 à Yaoundé, intervient dans un contexte où les minerais critiques sont devenus un enjeu stratégique mondial.

Pour le Cameroun, l’objectif n’est plus seulement de mettre en avant son potentiel géologique, mais de convaincre les investisseurs que le pays offre un environnement suffisamment compétitif pour transformer ses ressources en projets industriels.

Une volonté exprimée dans un contexte de repositionnement

C’est à l’occasion de l’atelier consacré au bilan des trois premières années d’application du Code minier que le gouvernement a affiché sa volonté d’alléger les procédures de délivrance des permis de recherche. Cette rencontre, organisée par le ministère des Mines et l’Université de Yaoundé II, intervenait au lendemain du premier Dialogue économique et commercial entre le Cameroun et les États-Unis.

Au cours de ces échanges, les minerais critiques figuraient parmi les secteurs jugés prioritaires de la coopération économique entre les deux pays. Ce calendrier n’est pas anodin. Il traduit la volonté des autorités de profiter du regain d’intérêt mondial pour les ressources stratégiques afin de repositionner le Cameroun sur la carte des destinations minières attractives.

Pourquoi maintenant ?

Depuis quelques années, la transition énergétique mondiale bouleverse les équilibres du secteur minier. Les besoins en minerais stratégiques, indispensables aux batteries, aux véhicules électriques, aux réseaux électriques ou encore aux technologies numériques, connaissent une forte progression. Dans ce contexte, les pays disposant d’importantes ressources minérales cherchent à attirer les capitaux internationaux.

Le Cameroun dispose d’atouts importants, notamment dans le fer, la bauxite, le rutile, le cobalt, le nickel ou encore l’or. Pourtant, une grande partie de ce potentiel reste encore insuffisamment exploitée. Pour les autorités, il devient donc urgent de réduire les lourdeurs administratives susceptibles de ralentir les investissements.

Dans un secteur où seuls quelques permis de recherche débouchent sur une exploitation rentable, les investisseurs privilégient les pays où les procédures sont plus rapides et plus prévisibles.

Au-delà des permis, un enjeu de compétitivité

La simplification annoncée ne vise pas uniquement à raccourcir les délais administratifs. Elle répond à une logique plus large d’amélioration du climat des affaires. Aujourd’hui, les investisseurs évaluent autant la qualité des gisements que la stabilité juridique, la transparence des procédures, la sécurité des investissements et la capacité de l’administration à accompagner les projets.

Le Code minier adopté en 2023 a posé un nouveau cadre réglementaire. Trois ans plus tard, le gouvernement estime que ce cadre doit désormais être ajusté afin de lever les obstacles identifiés lors de sa mise en œuvre. L’objectif est clair : faire du Cameroun une destination plus compétitive dans un environnement où les capitaux sont de plus en plus sélectifs.

Quels enjeux pour le Cameroun ?

L’exploitation minière représente un important levier de diversification économique. Longtemps dépendant du pétrole, le Cameroun cherche à développer de nouveaux moteurs de croissance capables de soutenir les recettes publiques, les exportations et l’emploi. Les projets annoncés dans le fer, la bauxite ou encore la formalisation de l’exploitation aurifère s’inscrivent dans cette stratégie.

Mais l’enjeu dépasse la seule extraction des minerais. Les autorités ambitionnent également de développer des infrastructures, de favoriser la transformation locale des ressources et de renforcer les compétences nationales afin que la richesse minière génère davantage de valeur ajoutée pour l’économie.

La réussite de cette ambition dépendra toutefois de la capacité du pays à attirer durablement les financements privés nécessaires à ces investissements. Des perspectives encourageantes, mais des défis à relever. Car la simplification des permis de recherche constitue un signal positif envoyé aux investisseurs. Elle peut améliorer l’attractivité du Cameroun et accélérer le lancement de nouveaux projets.

Pour autant, cette réforme ne suffira pas à elle seule

Les investisseurs restent attentifs à plusieurs facteurs : la stabilité réglementaire, la qualité des infrastructures, l’accès à l’énergie, la sécurité juridique, la gouvernance du secteur et la rapidité du traitement administratif. Le véritable défi consiste donc à trouver un équilibre entre l’accélération des procédures et le maintien d’un encadrement rigoureux.

A effet de garantir la transparence, la protection de l’environnement et les intérêts des communautés locales. En définitive, la volonté affichée par le gouvernement marque une nouvelle étape dans la stratégie minière du Cameroun. Après avoir réformé son Code minier, le pays cherche désormais à rendre son environnement d’investissement plus compétitif.

Si les réformes annoncées s’accompagnent d’une gouvernance efficace et d’une meilleure valorisation locale des ressources, le secteur minier pourrait devenir l’un des principaux moteurs de la transformation économique du Cameroun au cours des prochaines années.

Simon Emmanuel Minyem

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