28 novembre 2025

l’attaque de Washington offre au président un levier politique idéal : transformer un acte isolé en justification d’un verrou global.

Attaque de Washington : La décision choc de Donald Trump qui rebat les cartes de l’immigration mondiale

Le président américain déclenche la plus grande rupture stratégique depuis le 11 Septembre. L’attentat de Washington, qui a coûté la vie à la spécialiste Sarah Beckstrom et grièvement blessé un second membre de la Garde nationale, a offert au président américain Donald Trump l’occasion de déclencher l’une des ruptures politiques les plus radicales de ce début de mandat. Moins de vingt-quatre heures après l’attaque commise par Rahmanullah Lakanwal, un Afghan exfiltré en 2021 après avoir collaboré avec les forces américaines, Trump a annoncé vouloir « suspendre définitivement l’immigration en provenance de tous les pays du tiers-monde ». Un tournant historique qui dépasse largement le cadre sécuritaire, et dont les implications géopolitiques et géoéconomiques redessinent déjà les rapports de force internationaux. L’administration américaine relance ainsi une doctrine migratoire maximaliste : réexamen massif des cartes vertes, restrictions sur les visas, dénaturalisation de migrants jugés « incompatibles avec la civilisation occidentale », et expulsion accélérée des étrangers considérés comme un « fardeau public ». Le durcissement ne vise pas seulement les pays en crise, mais l’ensemble du Sud global : Afrique, Amérique latine, Moyen-Orient, Asie du Sud. Une coupure idéologique totale entre « Occident durable » et « monde instable ». Pourtant, les agences de renseignement américaines elles-mêmes soulignent que l’immigration subsaharienne ou latino-américaine n’a pratiquement aucun lien statistique avec le terrorisme sur le sol américain. Mais l’attaque de Washington offre au président un levier politique idéal : transformer un acte isolé en justification d’un verrou global. Une stratégie qui rappelle la logique du « travel ban » de 2017, mais à une échelle démultipliée. Sur la scène internationale, la décision crée une onde de choc. Les pays africains, déjà en désaccord avec Washington sur le Sahel, Gaza et la gouvernance mondiale, y voient une offensive politique ciblée, qui fragilise la coopération sécuritaire et économique. Les États d’Amérique latine dénoncent une mesure « punitive », tandis que les alliés européens s’inquiètent des effets collatéraux : si les flux vers les États-Unis se ferment brutalement, une pression migratoire accrue pourrait se réorienter vers l’Europe. Sur le plan stratégique, Donald Trump capitalise sur un récit de « civilisation assiégée », où l’immigration devient une menace existentielle. Cette rhétorique s’inscrit dans une compétition globale avec la Chine et la Russie : réduire l’ouverture migratoire pour concentrer les ressources sur la puissance interne, tout en projetant l’image d’un Occident apte à imposer ses normes. Mais l’attaque de Washington, aussi tragique soit-elle, ne saurait justifier une rupture globale aux conséquences démographiques, économiques et diplomatiques majeures. En voulant sanctuariser l’Amérique, Donald Trump prend le risque d’isoler davantage le pays — au moment même où le monde n’a jamais été aussi interdépendant.

Attaque de Washington : La décision choc de Donald Trump qui rebat les cartes de l’immigration mondiale Read More »

La CEDEAO a annoncé la suspension immédiate de la Guinée-Bissau de toutes ses instances décisionnelles, après le coup d’État militaire survenu le 26 novembre 2025

Guinée-Bissau : la CEDEAO frappe fort et suspend le pays après le coup d’État

Face à un nouveau putsch, l’organisation ouest-africaine active l’arsenal régional de crise et dépêche une médiation de haut niveau. La CEDEAO a annoncé la suspension immédiate de la Guinée-Bissau de toutes ses instances décisionnelles, après le coup d’État militaire survenu le 26 novembre 2025. La décision marque l’un des gestes les plus fermes de l’organisation depuis les coups d’État successifs qui ont ébranlé la région depuis 2020, de Bamako à Ouagadougou, en passant par Niamey. Réuni en session extraordinaire, le Conseil de Médiation et de Sécurité (CMS) a exprimé une « profonde préoccupation » face à cette nouvelle rupture institutionnelle, survenue à peine trois jours après un scrutin présidentiel et législatif marqué par une forte participation. La CEDEAO condamne “avec la plus grande fermeté” la prise de pouvoir par les militaires et exige la publication immédiate des résultats par la Commission électorale. Une ligne rouge franchie : la CEDEAO resserre son dispositif La suspension intervient en application du Protocole de 2001 sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance, qui demeure le socle juridique de l’architecture sécuritaire ouest-africaine. L’organisation a également ordonné la libération sans délai des personnalités arrêtées, notamment des responsables électoraux. L’institution rappelle que les auteurs du putsch sont “individuellement et collectivement responsables” de la sécurité des civils et des personnes détenues — une mise en garde qui pourrait ouvrir la voie à des sanctions ciblées. Une médiation régionale de haut niveau Pour éviter que la crise ne dégénère en conflit prolongé, la CEDEAO a mandaté une médiation conduite par Faure Gnassingbé (Togo), José Maria Pereira Neves (Cabo Verde) et Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), accompagnés du président de la Commission. Ce trio reflète l’équilibre géopolitique que cherche à maintenir l’organisation : un médiateur issu d’un pays continental, un autre d’un archipel lusophone, et une nouvelle figure politique ascendante en Afrique de l’Ouest — Faye — dont la diplomatie proactive marque un tournant. Le Sénégal en première ligne Dakar, voisin direct et puissance d’équilibre régionale, a joué un rôle déterminant dans l’exfiltration du président renversé Umaro Sissoco Embaló, arrivé sain et sauf au Sénégal jeudi soir. Le gouvernement sénégalais affirme être en contact avec l’ensemble des acteurs bissau-guinéens pour garantir la sécurité des détenus et des observateurs internationaux. Le président Bassirou Diomaye Faye, qui s’affirme de plus en plus comme un acteur central de la diplomatie ouest-africaine, a insisté sur « la nécessité absolue de protéger les populations » et de restaurer un climat apaisé pour le processus électoral. Un nouvel épisode d’instabilité dans un espace stratégique Avec quatre coups d’État réussis depuis 1974 et une multitude de tentatives, la Guinée-Bissau reste l’un des maillons faibles de la sécurité ouest-africaine. Situé au croisement des flux politiques, commerciaux et criminels de la façade atlantique, le pays représente un point de fragilité majeur dans la lutte régionale contre les trafics et l’influence croissante des réseaux transnationaux. La CEDEAO joue désormais sa crédibilité : après les départs du Mali, du Burkina Faso et du Niger de l’organisation, l’enjeu est d’éviter un nouvel effondrement institutionnel dans un espace où chaque coup d’État crée un précédent, et où l’équilibre politique régional n’a jamais été aussi sous tension.

Guinée-Bissau : la CEDEAO frappe fort et suspend le pays après le coup d’État Read More »

Vieillissement démographique : L’Afrique centrale face à un virage stratégique que la BERD juge décisif

Longtemps perçu comme une menace propre aux pays riches, le vieillissement démographique devient un enjeu émergent en Afrique. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), dans son dernier rapport, alerte sur une réalité trop souvent sous-estimée : certaines économies africaines pourraient « vieillir avant de s’enrichir », un scénario qui menacerait leur compétitivité, leur stabilité financière et leurs ambitions d’industrialisation. Alors même que l’âge médian sur le continent reste de 20 ans, plusieurs régions – notamment l’Afrique du Nord, l’Afrique australe et progressivement l’Afrique centrale – connaissent une transition silencieuse : baisse de la natalité, allongement de l’espérance de vie, urbanisation rapide et mutation des modèles familiaux. Selon Beata Javorcik, économiste en chef de la BERD, ces trajectoires rappellent celles des pays post-communistes d’Europe de l’Est, aujourd’hui confrontés à une contraction de leur main-d’œuvre et un poids croissant des dépenses sociales. Cameroun et Afrique centrale : une jeunesse abondante, mais une transition déjà enclenchée En Afrique centrale, le Cameroun se distingue par une transition démographique plus rapide qu’il n’y paraît. La fécondité a reculé en milieu urbain, les femmes accèdent davantage à l’éducation, et les coûts liés à l’enfant – santé, logement, scolarité – augmentent. Dans des pays comme le Gabon ou le Congo, l’âge médian progresse déjà, et la proportion de personnes âgées pourrait doubler d’ici 2050. Ce vieillissement progressif intervient dans une région où les systèmes de retraite sont fragiles, fondés majoritairement sur des régimes publics non capitalisés, avec une base contributive limitée. Une réduction future de la population active représenterait un choc pour des économies déjà dépendantes des matières premières et exposées aux cycles de prix. Conséquences géoéconomiques : une nouvelle ligne de fracture du Sud global La dynamique démographique devient un enjeu géoéconomique majeur. Si l’Afrique centrale veut rester compétitive dans un monde où l’intelligence artificielle et l’automatisation redéfinissent le travail, elle doit investir massivement dans les compétences. Or, l’adoption de ces technologies reste faible, accentuant le risque d’un décrochage face à l’Asie émergente ou aux économies occidentales à forte robotisation. Pour le Cameroun et ses voisins, le vieillissement n’est pas qu’un défi social : c’est un facteur de vulnérabilité stratégique. Une population active stagnante ou en déclin affaiblit la capacité d’exportation, limite l’attractivité pour les investisseurs et pèse sur les capacités de défense et de stabilité interne. Dans un contexte de compétition des puissances pour l’influence en Afrique centrale – Chine, États-Unis, Russie, Turquie – la démographie devient un paramètre d’intelligence économique déterminant. Anticiper pour ne pas subir La BERD recommande un levier majeur : allonger la vie active et investir dans des politiques massives de formation continue. « Les jeunes doivent comprendre qu’ils porteront le fardeau des régimes de retraite », insiste Javorcik. Pour l’Afrique centrale, cela impose des réformes profondes : modernisation des systèmes de protection sociale, digitalisation de l’économie, montée en compétences technologiques et politiques migratoires régionales plus intégrées. Le vieillissement n’est pas une fatalité, mais un tournant stratégique. Pour le Cameroun comme pour l’ensemble de l’Afrique centrale, le moment d’agir, c’est maintenant — avant que la démographie ne devienne un frein à l’ambition continentale d’émergence.

Vieillissement démographique : L’Afrique centrale face à un virage stratégique que la BERD juge décisif Read More »

Scroll to Top