FECAFOOT: Victoire express, défis colossaux, Samuel Eto’o au pied du mur sportif
Entre bras de fer politique, fragilité financière et ambitions continentales, le football camerounais se trouve à un tournant stratégique Une réélection sans suspens mais lourde d’enjeux Le 29 novembre 2025, au Centre d’Excellence de la CAF à Mbankomo, Samuel Eto’o Fils a été réélu pour quatre ans à la présidence de la Fédération camerounaise de Football (FECAFOOT). Seul candidat en lice, l’ancien capitaine des Lions Indomptables a obtenu 85 VOIX sur 87, soit 97% des suffrages. La session s’est tenue sous la supervision de la FIFA -Souleymane Hassan Waberi – et de la CAF-Sarah Mukuna, confirmant une volonté de transparence après deux années de tensions institutionnelles. Un scrutin en plein bras de fer politique Cette reconduction survient malgré la tentative du Ministère des Sports de faire suspendre l’élection, évoquant irrégularités et exclusions contestées de clubs. Le Ministère de l’Administration territoriale (MINAT) est finalement intervenu pour autoriser la tenue de l’Assemblée générale. Ce double jeu institutionnel illustre les lignes de fracture persistances entre administration publique et FECAFOOT, dans un cadre où la FIFA interdit toute ingérence politique directe. Une leadership charismatique mais sous haute pression Entré en fonction en décembre 2021, Eto’o Fils a marqué son premier mandat par : Sa suspension de six par la FIFA en 2024, pour violation du code disciplinaire, a illustré la fragilité institutionnelle du système. Enjeux et Perspectives La réélection de Samuel Eto’o ouvre un mandat où les défis dépassent largement le terrain sportif. Au plan financier, la FECAFOOT doit assainir une situation complexe : arriérés de paiement aux clubs, contentieux juridiques avec d’anciens prestataires, et un déficit structurel estimé à plus de deux milliards de FCFA selon plusieurs sources internes. L’un des enjeux majeurs sera donc la restauration de la confiance des partenaires privés et des sponsors, alors que le marché sportif camerounais reste sous-exploité dans un contexte où le football constitue pourtant un puissant levier économique et diplomatique. Sur le plan sportif, la non-qualification pour la Coupe du Monde 2026 a fragilisé la crédibilité de l’institution. Les Lions Indomptables, jadis locomotive du prestige national, peinent à retrouver un niveau de performance stable. La nomination contestée de l’entraîneur Marc Brys par le Ministère des Sports en 2024 a mis en lumière une dualité institutionnelle improductive. L’un des défis prioritaires du second mandat d’Eto’o Fils sera précisément définir une gouvernance sportive claire, où les responsabilités techniques ne se heurtent plus aux ingérences et rivalités politiques. À l’échelle nationale, la professionnalisation du championnat – promesse phare de Samuel Eto’o – reste largement inachevée. Les clubs manquent de ressources, les infrastructures demeurent inégales et les calendriers irréguliers minent l’attractivité de la Elite One. Une réforme structurelle du modèle économique des clubs devient incontournable : régulation des salaires, contrôle financier, attractivité marketing, investissements dans la formation et les centres de performance. Sur le plan international, Eto’o Fils conserve un capital diplomatique rare en Afrique, grâce à son réseau au sein de la FIFA, de l’UEFA et de la CAF. Ce réseau pourrait permettre au Cameroun de renforcer sa position dans l’organisation de compétitions continentales et dans le développement de partenariats commerciaux sportifs. Cependant, ce capital peut s’éroder si la gouvernance interne reste marquée par des conflits ou un déficit de transparence. Enfin, l’image publique d’Eto’o reste un atout majeur auprès de la jeunesse, mais la personnalisation du pouvoir à la FECAFOOT demeure un sujet sensible. Plusieurs sociologues et analystes estiment que le football camerounais ne se relèvera durablement qu’à travers une institution forte, non centrée sur un individu. L’enjeu du second mandat est donc d’équilibrer leadership charismatique et réforme institutionnelle durable. Attaques, controverses et bilan : où en est le football camerounais ? Avant Eto’o (2010–2021) Sous Eto’o (2021–2025)Points positifs : Points faibles : Victoire facile, mandat difficile Réélu avec une majorité écrasante, Samuel Eto’o aborde un second mandat où les marges de manœuvre sont limitées par : L’ancien Pichichi conserve son aura, mais le football camerounais attend désormais des institutions instables, une gouvernance apaisée et des résultats tangibles.
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