30 novembre 2025

la CAF à Mbankomo, Samuel Eto'o Fils a été réélu pour quatre ans à la présidence de la Fédération camerounaise de Football (FECAFOOT) et la FIFA

FECAFOOT: Victoire express, défis colossaux, Samuel Eto’o au pied du mur sportif

Entre bras de fer politique, fragilité financière et ambitions continentales, le football camerounais se trouve à un tournant stratégique Une réélection sans suspens mais lourde d’enjeux Le 29 novembre 2025, au Centre d’Excellence de la CAF à Mbankomo, Samuel Eto’o Fils a été réélu pour quatre ans à la présidence de la Fédération camerounaise de Football (FECAFOOT). Seul candidat en lice, l’ancien capitaine des Lions Indomptables a obtenu 85 VOIX sur 87, soit 97% des suffrages. La session s’est tenue sous la supervision de la FIFA -Souleymane Hassan Waberi – et de la CAF-Sarah Mukuna, confirmant une volonté de transparence après deux années de tensions institutionnelles. Un scrutin en plein bras de fer politique Cette reconduction survient malgré la tentative du Ministère des Sports de faire suspendre l’élection, évoquant irrégularités et exclusions contestées de clubs. Le Ministère de l’Administration territoriale (MINAT) est finalement intervenu pour autoriser la tenue de l’Assemblée générale. Ce double jeu institutionnel illustre les lignes de fracture persistances entre administration publique et FECAFOOT, dans un cadre où la FIFA interdit toute ingérence politique directe. Une leadership charismatique mais sous haute pression Entré en fonction en décembre 2021, Eto’o Fils a marqué son premier mandat par : Sa suspension de six par la FIFA en 2024, pour violation du code disciplinaire, a illustré la fragilité institutionnelle du système. Enjeux et Perspectives La réélection de Samuel Eto’o ouvre un mandat où les défis dépassent largement le terrain sportif. Au plan financier, la FECAFOOT doit assainir une situation complexe : arriérés de paiement aux clubs, contentieux juridiques avec d’anciens prestataires, et un déficit structurel estimé à plus de deux milliards de FCFA selon plusieurs sources internes. L’un des enjeux majeurs sera donc la restauration de la confiance des partenaires privés et des sponsors, alors que le marché sportif camerounais reste sous-exploité dans un contexte où le football constitue pourtant un puissant levier économique et diplomatique. Sur le plan sportif, la non-qualification pour la Coupe du Monde 2026 a fragilisé la crédibilité de l’institution. Les Lions Indomptables, jadis locomotive du prestige national, peinent à retrouver un niveau de performance stable. La nomination contestée de l’entraîneur Marc Brys par le Ministère des Sports en 2024 a mis en lumière une dualité institutionnelle improductive. L’un des défis prioritaires du second mandat d’Eto’o Fils sera précisément définir une gouvernance sportive claire, où les responsabilités techniques ne se heurtent plus aux ingérences et rivalités politiques. À l’échelle nationale, la professionnalisation du championnat – promesse phare de Samuel Eto’o – reste largement inachevée. Les clubs manquent de ressources, les infrastructures demeurent inégales et les calendriers irréguliers minent l’attractivité de la Elite One. Une réforme structurelle du modèle économique des clubs devient incontournable : régulation des salaires, contrôle financier, attractivité marketing, investissements dans la formation et les centres de performance. Sur le plan international, Eto’o Fils conserve un capital diplomatique rare en Afrique, grâce à son réseau au sein de la FIFA, de l’UEFA et de la CAF. Ce réseau pourrait permettre au Cameroun de renforcer sa position dans l’organisation de compétitions continentales et dans le développement de partenariats commerciaux sportifs. Cependant, ce capital peut s’éroder si la gouvernance interne reste marquée par des conflits ou un déficit de transparence. Enfin, l’image publique d’Eto’o reste un atout majeur auprès de la jeunesse, mais la personnalisation du pouvoir à la FECAFOOT demeure un sujet sensible. Plusieurs sociologues et analystes estiment que le football camerounais ne se relèvera durablement qu’à travers une institution forte, non centrée sur un individu. L’enjeu du second mandat est donc d’équilibrer leadership charismatique et réforme institutionnelle durable. Attaques, controverses et bilan : où en est le football camerounais ? Avant Eto’o (2010–2021) Sous Eto’o (2021–2025)Points positifs : Points faibles : Victoire facile, mandat difficile Réélu avec une majorité écrasante, Samuel Eto’o aborde un second mandat où les marges de manœuvre sont limitées par : L’ancien Pichichi conserve son aura, mais le football camerounais attend désormais des institutions instables, une gouvernance apaisée et des résultats tangibles.

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Le pipeline Tchad–Cameroun, colonne vertébrale des exportations tchadiennes depuis 2003,

Pipeline Tchad–Cameroun : un corridor pétrolier sous tension géo-économique

Entre rendement limité, incertitudes tarifaires et rivalités régionales, Yaoundé cherche à sécuriser un levier stratégique. Un semestre en demi-teinte pour un actif stratégique Le pipeline Tchad–Cameroun, colonne vertébrale des exportations tchadiennes depuis 2003, a rapporté 20,3 milliards FCFA de droits de transit au Cameroun au premier semestre 2025, selon la revue d’exécution du budget de l’État publiée fin juin. Un chiffre en progression légère – à peine +2,5 % sur un an – mais loin de l’objectif annuel de 78,6 milliards FCFA, soit un taux de réalisation de 25,8 %, jugé « modeste » par plusieurs sources administratives. Pour un analyste ayant requis l’anonymat au sein d’une institution financière régionale : « Le pipeline reste sous-performant. Le Cameroun n’extrait pas encore tout le potentiel de sa rente de transit. Les volumes stagnent, la valeur tarifaire n’est pas révisée, et les arbitrages politiques entre Yaoundé, N’Djamena et Exxon-Mobil hérités du passé continuent de peser ». Dépourvu de façade maritime, le Tchad dépend entièrement de l’oléoduc de 1 080 kilomètres traversant le Cameroun pour exporter son brut vers le terminal offshore de Kribi. En contrepartie, Yaoundé perçoit une redevance de 1,321 dollar par baril, contre seulement 0,41 dollar au lancement du projet. Cette redevance a été réévaluée deux fois : Un baril qui rapporte peu à Yaoundé Selon l’avenant du 29 octobre 2013, la redevance doit être révisée tous les cinq ans, selon le taux d’inflation moyen au Cameroun. Pourtant, aucune revalorisation n’a été annoncée depuis octobre 2023 Un silence qui interroge acteurs économiques et diplomatiques. Pour Louise Bomba, experte en intelligence économique : « Le Cameroun ne peut plus se permettre de laisser la valeur du transit s’éroder. Dans la configuration actuelle, l’inflation nationale grignote le rendement réel de chaque baril transporté. C’est un sujet de souveraineté économique ». Un enjeu géopolitique au carrefour de trois États Le pipeline Tchad – Cameroun n’est pas qu’une simple infrastructure. C’est un outil de rapport de force régional. Entre le Tchad, qui dépend totalement du corridor ; le Cameroun, qui en tire une rente budgétaire ; et le Niger, qui souhaite depuis 2012 exporter son pétrole via cette même infrastructure, … l’oléoduc se transforme en instrument de diplomatie énergétique. Selon un diplomate CEEAC sous anonymat : « Le Niger veut un accès à la mer. Le Cameroun y voit une manne supplémentaire. Le Tchad craint une dilution de ses positions. Tout dépendra des arbitrages politiques et des garanties sécuritaires régionales ». Depuis la relance du dossier par Niamey en 2024, l’hypothèse d’un flux pétrolier nigérien via l’oléoduc suscite un regain d’intérêt à Yaoundé, qui espère augmenter ses revenus de transit. Selon des projections internes non publiées, l’arrivée du brut nigérien pourrait accroître les recettes camerounaises de 15 à 25 % à moyen terme. Un pipeline exposé aux risques sécuritaires L’oléoduc traverse des régions confrontées à : La sécurité du corridor devient un enjeu majeur. Un officier de la gendarmerie – anonymat requis – confie : « Les risques ne sont plus seulement physiques. Nous sommes confrontés à des cyberattaques visant les systèmes industriels, mais aussi à des opérations d’influence autour des contrats pétroliers ». Un actif sous-optimal Selon les données publiques et plusieurs analystes du secteur, le pipeline rapporte peu à l’État. Comparé à d’autres corridors pétroliers africains, la redevance de 1,321 dollar reste faible. Par exemple : Le rendement réel est en baisse. À cause de : La gestion du pipeline — longtemps sous influence de multinationales — n’a pas encore été pleinement « camerounisée » malgré les tentatives récentes. Nécessité d’un repositionnement stratégique Pour plusieurs économistes, le Cameroun devrait adopter une stratégie proactive : Le pipeline Tchad–Cameroun peut devenir un amortisseur budgétaire majeur pour Yaoundé, mais seulement si : Un trésor sous-exploité Pour l’instant, c’est un levier stratégique sous-tendu par d’importantes fragilités. Mais dans un contexte de montée des rivalités énergétiques en Afrique centrale, la fenêtre d’opportunité est réelle. Comme le résume une source diplomatique européenne : « Le pipeline n’est pas seulement un tube d’acier. C’est un outil de puissance. Le Cameroun doit décider s’il en fait une rente passive ou une arme stratégique ».

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