15 Décembre 2025

Patrimoine immatériel : le Cameroun affirme sa puissance culturelle douce sur la scène mondiale

Patrimoine immatériel : le Cameroun affirme sa puissance culturelle douce sur la scène mondiale

Avec l’inscription du Mvet Oyeng et du Guruna à l’Unesco, Yaoundé consolide une stratégie de rayonnement culturel, de souveraineté symbolique et d’influence géoculturelle en Afrique centrale. Le Cameroun vient d’inscrire un nouveau chapitre dans la géopolitique mondiale de la culture. Lors de la 20ᵉ session du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, tenue à New Delhi, deux expressions culturelles camerounaises – le Mvet Oyeng et le Guruna – ont rejoint la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Une double reconnaissance qui porte à quatre le nombre d’éléments camerounais inscrits, confirmant la densité culturelle du pays et son rôle moteur en Afrique centrale. e Mvet Oyeng, mémoire épique et intelligence culturelle ekang (Le Mvet Oyeng, un art musical d’intelligence culturelle ekang – Cameroun, Gabon, Congo, Guinée équatoriale, Sao tomé et Principe) Fruit d’une candidature multinationale portée par le Cameroun, le Gabon et le Congo, le Mvet Oyeng incarne bien plus qu’un art musical. Il s’agit d’un système de transmission de la mémoire, de la philosophie et des valeurs de la communauté Ekang, articulé autour de récits épiques, de chants, de danses et d’un instrument à cordes emblématique. La dualité entre forme sacrée initiatique et forme populaire publique révèle une structuration sociale sophistiquée, où le patrimoine agit comme un outil de régulation communautaire et de continuité historique. À l’ère de l’uniformisation culturelle, le Mvet Oyeng apparaît comme une archive vivante du Sud global, mobilisable dans les stratégies de diplomatie culturelle et d’économie créative. Le Guruna, culture pastorale et sécurité sociale communautaire (Le Guruna, pratique des retraites pastorales à l’extrême-Nord Cameroun et au Tchad) Inscrit conjointement avec le Tchad, le Guruna, pratiqué par les Massa dans l’Extrême-Nord camerounais, met en lumière une culture pastorale transfrontalière fondée sur la relation entre l’homme, le bétail et l’environnement. Ces retraites pastorales structurent le temps social, renforcent la cohésion intergénérationnelle et transmettent des savoirs essentiels à la résilience face aux changements climatiques et aux pressions sécuritaires dans le bassin du lac Tchad. Dans un contexte sahélien marqué par l’instabilité, le Guruna illustre comment le patrimoine immatériel peut contribuer à la stabilité sociale, à la prévention des conflits et à la préservation des identités locales. Soft power, souveraineté culturelle et narration africaine Pour Mme Mbeume née Ngeh Rekia Nfunfu, cheffe de la délégation camerounaise, cette reconnaissance est « un moment historique », traduisant l’engagement de l’État à préserver ses traditions vivantes. Au-delà du symbole, l’enjeu est stratégique : ces inscriptions renforcent la souveraineté culturelle, offrent une visibilité internationale accrue et ouvrent des perspectives en matière de tourisme culturel, d’emplois créatifs et de transmission éducative. Après le Nguon (2023) et le Ngondo (2024), le Cameroun affirme une narration culturelle offensive : celle d’un pays jeune, pluriel et porteur de civilisations enracinées. Dans un monde de rapports de force symboliques, Yaoundé démontre que la culture est aussi un levier de puissance, d’influence et de sécurité identitaire.

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La tension diplomatique entre Washington et Kigali a atteint un nouveau seuil

RDC–Rwanda : Washington sonne l’alarme et menace Kigali

Violation de l’accord de paix et soutien massif au M23 : les Grands Lacs au bord d’un basculement stratégique. La tension diplomatique entre Washington et Kigali a atteint un nouveau seuil. Le samedi 13 décembre, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a accusé publiquement le Rwanda de violer l’accord de paix signé à Washington avec la République démocratique du Congo (RDC), promettant une réponse ferme pour garantir le respect de l’engagement. « Il s’agit d’une violation claire des engagements pris », a déclaré Rubio sur X, signalant que les États-Unis ne se contenteraient plus de simples mises en garde diplomatiques. La veille, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur américain Mike Waltz avait alerté sur un risque réel d’embrasement régional, accusant Kigali de conduire la région « vers plus d’instabilité et vers la guerre ». Pour Washington, le comportement rwandais relève désormais d’un choix assumé de confrontation indirecte, marquant un tournant dans la gestion internationale du conflit à l’est de la RDC. (Les Troupes du M23) Selon les autorités américaines, entre 5 000 et 7 000 soldats rwandais combattraient aux côtés du M23, appuyés par des équipements lourds, missiles sol-air, drones et logistique structurée. Après la prise de Goma et de Bukavu, le M23 a lancé une nouvelle offensive dans le Sud-Kivu, s’emparant d’Uvira, un axe stratégique sur le lac Tanganyika, menaçant directement la sécurité du Burundi et les corridors commerciaux régionaux. Au-delà du terrain militaire, l’enjeu est géopolitique et géoéconomique. Washington estime que laisser Kigali poursuivre sa stratégie reviendrait à accepter une redéfinition violente des frontières d’influence en Afrique centrale. Pour Kinshasa, il s’agit de protéger la souveraineté nationale dans une région riche en ressources minières stratégiques – coltan, or et terres rares – vitales pour les chaînes de valeur mondiales. (Le président félix Tshisekedi de la RDC et son homologue rwandais Paul Kagame) Cette crise teste également la crédibilité des mécanismes internationaux de paix et le rôle des grandes puissances dans le Sud global. La promesse américaine de mesures ouvre la voie à plusieurs scénarios : pressions diplomatiques renforcées, sanctions ciblées, ou conditionnement de l’aide sécuritaire. À l’est de la RDC, la guerre dépasse désormais le cadre local : elle devient un nœud stratégique mondial, où se croisent sécurité, ressources, rivalités régionales et crédibilité des engagements internationaux, plaçant la stabilité des Grands Lacs au cœur de l’agenda géopolitique mondial.

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Lundi 15 décembre 2025, Brice Clotaire Oligui Nguema a frappé fort. Dans une visite-surprise au ministère de la Fonction publique,

Gabon : le président Oligui Nguema déclenche la guerre contre l’absentéisme et le bureaucratisme

Visite-surprise, menaces de licenciements et appel au numérique : la Fonction publique dans le viseur. Lundi 15 décembre 2025, Brice Clotaire Oligui Nguema a frappé fort. Dans une visite-surprise au ministère de la Fonction publique, le président gabonais a découvert que sur 400 agents, seuls 60 étaient présents pour la levée des couleurs. Le constat est sans appel : « Je ne peux pas accepter que sur un effectif de 400, il y en ait à peine 60 aux couleurs un lundi matin », s’est-il indigné. Dénonçant un laxisme inacceptable, Brice Oligui Nguema a annoncé des mesures drastiques : « L’État paye cadeau… Il faut trouver ceux qui ne viennent pas au travail. Je veux des licenciements ». Une déclaration qui met en lumière un renouvellement générationnel imminent, avec des jeunes formés au numérique prêts à remplacer ceux qui traînent dans les bureaux et… les bars. Mais l’absentéisme n’est que la partie émergée du problème. L’archaïsme des méthodes administratives et la lenteur bureaucratique préoccupent le chef de l’État : « Pourquoi ce n’est pas numérisé ? À quel moment allez-vous changer vos méthodes ? » Les dossiers empilés dans des cartons symbolisent une administration hors du temps, incapable de répondre aux besoins des citoyens et freinant la performance économique du pays. Pour le président gabonais, la bataille est géostratégique. Une administration moderne et disciplinée est un levier de souveraineté, d’intelligence économique et de compétitivité. Il a exhorté les responsables à « tenir la maison » et à s’inspirer de la rigueur militaire pour contrôler les présences et renforcer la discipline professionnelle. Il a également rappelé les efforts de l’État pour améliorer les conditions de travail, avec la construction de nouveaux bâtiments administratifs et l’équipement progressif des ministères, dont les livraisons sont prévues dès avril 2026. Dans un message clair à la bureaucratie gabonaise : « Le changement ne se décrète pas dans les discours. Ce n’est pas dans les discours qu’on change un pays, c’est dans le travail et dans les habitudes. » L’alerte est donnée : finies les habitudes, place à la performance, au numérique et à la discipline. Avec cette offensive, Oligui Nguema place la fonction publique au cœur de la transformation nationale, envoyant un signal fort à la société, aux investisseurs et à ses pairs africains : le Gabon ne tolérera plus le laxisme et revendique une administration moderne, efficace et au service des citoyens.

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Après Bissau et Cotonou, les dirigeants ouest-africains appellent à un renforcement militaire, économique et institutionnel.

Cédéao : tolérance zéro pour les putschs, le terrorisme et la crise de gouvernance en Afrique de l’Ouest

Après Bissau et Cotonou, les dirigeants ouest-africains appellent à un renforcement militaire, économique et institutionnel. Le 68ᵉ sommet des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), tenu dimanche 14 décembre au Nigeria, a été marqué par la préoccupation majeure des putschs récents à Bissau et Cotonou, mais aussi par la nécessité de lutter contre le terrorisme et de consolider la gouvernance régionale. Le président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de l’organisation, a rappelé la fragilité institutionnelle du bloc, réduit à 12 membres suite au départ du Mali, du Niger et du Burkina Faso, et l’urgence de concilier sécurité, éducation, emploi et gouvernance. « Nos ministres des Finances et de la Défense avancent sur le financement d’une brigade antiterroriste de 1 650 hommes d’ici fin 2026 », a-t-il annoncé, soulignant le lien stratégique entre intégration régionale et sécurité. Sur la question des coups d’État, le sommet a affiché une position unanime et ferme : tolérance zéro. Umar Alieu Turay, président de la Commission de la Cédéao, a insisté sur le danger que représentent les changements anticonstitutionnels de gouvernement : « Nous savons tous que les coups d’État représentent un pas en arrière pour nos pays. La réactivité du Nigeria à Cotonou confirme cette doctrine ». (68e sommet ordinaire de la Cédéao) Dans ce cadre, le programme de transition proposé par la junte bissau-guinéenne a été rejeté, et un retour immédiat à l’ordre constitutionnel a été exigé, avec la libération des prisonniers politiques et des membres de la société civile détenus depuis l’arrêt du processus électoral. La Cédéao menace par ailleurs de mettre en place des sanctions ciblées contre toute personne entravant ces mesures. Une mission de haut niveau est prévue pour se rendre à Bissau dans les prochains jours. Au-delà de la sécurité et de la gouvernance, Julius Maada Bio a voulu projetter la Cédéao vers l’avenir économique, notamment par le lancement d’une monnaie unique prévu en 2027. Le Sénégal, prochain président de la Commission, sera chargé de préparer cette initiative stratégique, symbole d’indépendance économique et de cohésion régionale. En résumé, ce sommet a combiné réponse militaire, diplomatique et économique face aux crises récentes. La Cédéao affirme ainsi sa volonté de transformer ses vulnérabilités en opportunités, en mettant l’accent sur la stabilité politique, la sécurité collective et l’intégration économique comme piliers de l’Afrique de l’Ouest du futur.

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