23 Décembre 2025

Ministre camerounais de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire

LCT Cameroun 4.0 : l’administration se digitalise à grande vitesse

Le Cameroun franchit un nouveau cap dans la modernisation de son État. Avec un financement de 4,6 milliards de F CFA accordé par la République de Corée, trois centres de formation dédiés à la transformation numérique des fonctionnaires vont voir le jour. Objectif : doter l’administration de compétences digitales pointues et accélérer la livraison de services publics rapides, efficaces et transparents. Trois centres, trois missions Dévoilés le 16 décembre 2025 à Yaoundé, ces centres sont stratégiques. L’ENAM formera administrateurs et magistrats à la gouvernance numérique. SUP’PTIC concentrera ses enseignements sur les systèmes d’information et la cybersécurité. L’ISMP renforcera le management public digitalisé. Ensemble, ils créeront une filière complète de compétences numériques pour l’État, capable de transformer les pratiques traditionnelles et de moderniser la fonction publique. Un hub pour exposer l’innovation Le projet prévoit également la création d’un Centre d’exposition e-Government. Véritable vitrine technologique, ce hub présentera plateformes, solutions et innovations développées par l’administration. L’objectif : diffuser la culture digitale, stimuler l’innovation et rapprocher l’État des citoyens et des start-ups du secteur numérique. E-Gov’A 2026 : la vitrine africaine du digital public Le programme sera présenté officiellement au Salon E Gov’A, qui se tiendra du 14 au 16 mai 2026 à Yaoundé. Le thème « Intelligence artificielle et e-gouvernance : bâtir des services publics efficaces dans une Afrique cashless et paperless » traduit l’ambition : montrer comment le numérique peut transformer l’administration, réduire les délais et améliorer la qualité des services publics. Décideurs publics, experts, entreprises et institutions de développement y seront réunis pour partager innovations et bonnes pratiques. Une coopération stratégique alignée sur la SND30 Pour le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, ces centres sont au cœur de la vision SND30 : « une administration moderne, efficace et productive est indispensable à l’émergence du Cameroun ». L’ambassadeur de Corée, Nam Ki-Wook, a souligné que ce projet constitue « un levier majeur pour moderniser les systèmes administratifs et renforcer la croissance durable ». Cap sur l’État du futur Avec ces centres et ce hub, le Cameroun ne se contente plus de suivre la vague de digitalisation. Il veut devenir un exemple en Afrique centrale, un État connecté et performant, capable de répondre aux besoins d’une population jeune, urbaine et exigeante. La transformation numérique n’est plus une option : elle devient l’outil central pour construire un État 4.0.

LCT Cameroun 4.0 : l’administration se digitalise à grande vitesse Read More »

Dans son allocution, le ministre des Transports a souligné l’importance stratégique du corridor Douala–N’Djamena, considéré comme l’un des rares corridors intermodaux pleinement opérationnels en Afrique centrale.

Corridor Douala–N’Djamena : le Cameroun pose les bases d’une relance logistique régionale

Gouvernance, investissements et sécurité au cœur d’un projet clé pour l’intégration régionale. Les acteurs du Projet régional pour l’amélioration de la performance du corridor Douala–N’Djamena (PCDN) se sont réunis le 18 décembre 2025 à Yaoundé à l’occasion de la première session du Comité de pilotage national (COPIL). Présidée par Jean-Ernest Ngallè Bibéhè, ministre des Transports, cette rencontre marque une étape clé dans la gouvernance d’un projet stratégique destiné à renforcer la fluidité, la sécurité et la compétitivité des échanges entre le Cameroun et le Tchad. Instance centrale du dispositif institutionnel du PCDN, le COPIL est chargé de superviser et d’orienter la mise en œuvre de la composante nationale du projet. Lors de cette session inaugurale, les membres ont examiné les rapports d’activités couvrant la période de juin 2024 à décembre 2025, validé les orientations stratégiques pour l’exercice 2026, et adopté les plans de travail et budgets annuels (PTBA), ainsi que les mécanismes de contrôle interne. Un axe vital mais contraint Dans son allocution, le ministre des Transports a souligné l’importance stratégique du corridor Douala–N’Djamena, considéré comme l’un des rares corridors intermodaux pleinement opérationnels en Afrique centrale. Il constitue aujourd’hui la principale voie d’accès du Tchad aux échanges maritimes internationaux et concentre environ 35 % du produit intérieur brut et de la population des deux pays. Toutefois, les performances du corridor restent limitées par l’état vieillissant des infrastructures routières et ferroviaires, ainsi que par la complexité des procédures administratives, qui allongent les délais de transit et réduisent la compétitivité logistique régionale. 11,12 milliards FCFA programmés en 2026 Pour répondre à ces défis, le PTBA 2026 prévoit un budget de 11,12 milliards FCFA, représentant environ 6,2 % de l’enveloppe globale du projet. Dans le secteur ferroviaire, ces ressources permettront notamment l’acquisition d’équipements pour la réhabilitation de 238 kilomètres de la ligne Douala–Yaoundé, ainsi que le financement de prestations de maîtrise d’œuvre et d’assistance technique. Le volet facilitation prévoit également la réhabilitation de la plateforme rail/route de Ngaoundéré, point de rupture de charge stratégique, l’acquisition d’équipements de sécurité routière, et la modernisation des administrations des douanes et des transports afin d’améliorer la performance de la chaîne logistique. Un programme régional de long terme Financé par la Banque mondiale à hauteur d’environ 181 milliards FCFA via l’IDA, le PCDN est déployé sur la période 2024–2032. Structuré autour de cinq composantes, il vise à améliorer durablement l’efficacité, la sécurité et la résilience du commerce transfrontalier. À terme, le projet ambitionne de réduire les coûts et délais de transit, d’augmenter les volumes de fret et de renforcer l’intégration économique régionale, consolidant le corridor Douala–N’Djamena comme un pilier structurant du commerce en Afrique centrale.

Corridor Douala–N’Djamena : le Cameroun pose les bases d’une relance logistique régionale Read More »

Sécurité nationale, immigration et fractures diplomatiques au cœur de la nouvelle doctrine américaine.

États-Unis : Donald Trump durcit l’accès au territoire et vise plusieurs pays africains

Sécurité nationale, immigration et fractures diplomatiques au cœur de la nouvelle doctrine américaine. L’administration américaine a annoncé, le 17 décembre, une nouvelle extension des restrictions d’entrée sur le territoire des États-Unis, touchant directement plusieurs pays africains. Décidées par le président Donald Trump et justifiées par des impératifs de sécurité nationale, ces mesures entreront en vigueur le 1er janvier 2026, selon la Maison-Blanche. Dans cette nouvelle proclamation présidentielle, Washington impose une interdiction totale d’entrée aux ressortissants du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Soudan du Sud. La Syrie figure également sur cette liste. L’exécutif américain affirme que ces pays présentent des « risques élevés » liés à l’instabilité sécuritaire, à l’insuffisance des mécanismes de contrôle administratif ou à la présence de groupes armés susceptibles de menacer les intérêts américains. Parallèlement, des restrictions partielles de visas sont instaurées à l’encontre de plusieurs autres États africains, notamment l’Angola, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Mauritanie, le Nigeria et le Sénégal. Ces mesures concernent principalement les visas temporaires et s’accompagnent d’un durcissement significatif des procédures de vérification et de contrôle des antécédents. Le dispositif prévoit également un resserrement des sanctions contre certains pays déjà placés sous surveillance. Le Laos et la Sierra Leone passent ainsi d’un régime de restrictions partielles à une interdiction complète d’entrée. Des Palestiniens détenteurs de documents de voyage spécifiques sont également concernés, sans que les autorités américaines n’aient précisé les modalités exactes de leur application. Toutefois, la Maison-Blanche a tenu à souligner l’existence d’exemptions. Les résidents permanents légaux, les détenteurs de visas valides, ainsi que certaines catégories spécifiques, notamment les diplomates, les représentants officiels et les athlètes participant à des compétitions internationales, ne sont pas concernés. Des dérogations individuelles pourront également être accordées lorsque l’entrée sur le territoire américain est jugée conforme aux « intérêts nationaux des États-Unis ». Ces décisions s’inscrivent dans une offensive migratoire plus large engagée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier. Le président américain a fait de la lutte contre l’immigration illégale et du contrôle strict des frontières l’un des piliers de son agenda politique. Selon l’exécutif, il s’agit d’empêcher l’entrée d’étrangers susceptibles de « menacer la sécurité », mais aussi de porter atteinte à « la culture, aux institutions et aux principes fondateurs » du pays. Sur le plan diplomatique, cette nouvelle vague de restrictions risque d’accentuer les tensions entre Washington et plusieurs capitales africaines. Elle relance également le débat sur la place de l’Afrique dans la politique étrangère américaine, entre coopération sécuritaire, perception du risque et repli stratégique assumé.

États-Unis : Donald Trump durcit l’accès au territoire et vise plusieurs pays africains Read More »

Un nouvel emprunt chinois pour renforcer le contrôle urbain et sécuritaire du territoire.

Cameroun : Pékin au cœur de l’expansion de la vidéosurveillance nationale

Un nouvel emprunt chinois pour renforcer le contrôle urbain et sécuritaire du territoire. Le Cameroun poursuit le déploiement de son système national de vidéosurveillance urbaine avec l’appui de financements chinois. Par un décret signé le 17 décembre, le président Paul Biya a autorisé le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, à contracter un emprunt de 39,2 milliards de FCFA (environ 59,8 millions d’euros) auprès de China Citic Bank Corporation LTD. Ce financement vise à soutenir la deuxième phase de l’extension du dispositif de vidéosurveillance sur l’ensemble du territoire. Selon le texte présidentiel, l’enveloppe doit permettre un « financement complémentaire du projet d’extension au plan national du système intelligent de vidéosurveillance urbaine ». L’initiative s’inscrit dans un contexte marqué par la persistance de défis sécuritaires, tant dans les grandes agglomérations que le long des frontières. Un dispositif étendu aux zones sensibles Déployé depuis 2017, le programme a permis l’installation d’environ 1 500 caméras dans les chefs-lieux des dix régions du pays, notamment à Yaoundé et Douala, mais aussi dans des villes à forte valeur stratégique comme Kribi, qui abrite un port en eau profonde, Kyé-Ossi à la frontière équato-guinéenne ou Garoua-Boulaï, à la frontière avec la Centrafrique. Dans l’Extrême-Nord, région exposée aux incursions du groupe Boko Haram, le dispositif couvre également des localités sensibles telles que Waza, Fotokol, Kousseri et Amchidé. Les autorités mettent en avant un objectif de prévention, de dissuasion et de réponse rapide aux menaces sécuritaires, en combinant caméras, équipements de communication portatifs et centres de commandement. Deux centres de supervision, implantés à Yaoundé et Douala sous l’autorité de la Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN), assurent la centralisation et l’exploitation des données. À ce réseau s’ajoutent près de 2 000 postes émetteurs-récepteurs portatifs destinés à améliorer la coordination des forces de sécurité sur le terrain. Une trajectoire financière désormais établie Ce nouvel emprunt porte à 150,8 milliards de FCFA (environ 230 millions d’euros) le montant total mobilisé en huit ans pour ce programme, à travers quatre financements successifs. Tous ont impliqué des partenaires financiers chinois ou des structures basées à Hong Kong. La première phase avait été lancée en 2017 grâce à un crédit de 45,9 milliards de FCFA accordé par Bank of China. En mars 2024, un second financement de 32,8 milliards de FCFA a été obtenu via Banco Santander à Hong Kong, après le retrait de China Construction Bank en 2021. Deux autres crédits du même montant ont ensuite été contractés en décembre 2024 et décembre 2025 auprès de China Citic Bank. Un enjeu sécuritaire et urbain Les autorités camerounaises justifient cette stratégie par la montée de l’insécurité urbaine et les pressions exercées sur plusieurs frontières. Selon Numbeo, le Cameroun figurait en 2022 parmi les pays africains à fort indice de criminalité, avec un score de 66,6 sur 100. En 2025, cet indice a légèrement reculé à 65,5 points, tandis que l’indice de sécurité progressait marginalement à 34,5 points. Au-delà de la sécurité, le recours accru à la vidéosurveillance soulève également des questions de gouvernance, de protection des données et de soutenabilité de la dette, dans un contexte où le pays reste fortement dépendant de financements extérieurs pour ses grands projets structurants.

Cameroun : Pékin au cœur de l’expansion de la vidéosurveillance nationale Read More »

Les autorités rappellent que le Rwanda n’est pas un État religieux et que les organisations confessionnelles, comme toute autre structure civile, doivent s’inscrire dans le cadre légal.

Rwanda : la régulation des Églises évangéliques redessine le paysage religieux

Au Rwanda, la fermeture de la Grace Room Ministry, qui rassemblait jusqu’à 10 000 fidèles à la BK Arena de Kigali, illustre le durcissement de la politique publique à l’égard des Églises évangéliques. Depuis 2018, les autorités appliquent une réglementation plus stricte encadrant les activités religieuses, fondée sur des critères de sécurité, de gouvernance et de formation des responsables religieux. Ces mesures imposent notamment la conformité des lieux de culte aux normes de sécurité, la transparence des flux financiers et l’obligation pour les pasteurs de disposer de diplômes reconnus en théologie. Selon les médias rwandais, plusieurs milliers d’églises ont été fermées ces dernières années pour non-respect de ces exigences. Le gouvernement justifie cette politique par la nécessité d’assainir un secteur marqué par une forte prolifération d’églises indépendantes. Lors de récentes prises de parole, le président Paul Kagame a questionné le rôle socio-économique de certaines structures religieuses, estimant que certaines d’entre elles ne contribuaient pas suffisamment aux priorités nationales de développement. Les autorités rappellent que le Rwanda n’est pas un État religieux et que les organisations confessionnelles, comme toute autre structure civile, doivent s’inscrire dans le cadre légal. Depuis mars 2025, les églises sont également tenues de présenter au moins 1 000 signatures de fidèles pour obtenir ou renouveler leur licence, une disposition qui a suscité des réserves parmi les petites communautés religieuses. Pour certains observateurs, cette régulation reflète la volonté de l’État de maintenir un contrôle étroit sur l’espace public et de prévenir l’émergence de structures influentes échappant à la supervision administrative. D’autres soulignent que la question religieuse demeure sensible dans un pays où le génocide de 1994 a profondément marqué les consciences, y compris au sein des institutions ecclésiastiques. Selon le recensement de 2024, environ 93 % des Rwandais se déclarent chrétiens. La foi a joué un rôle important dans les processus de reconstruction et de résilience après le génocide, ce que reconnaissent plusieurs universitaires rwandais. Toutefois, certains estiment que la multiplication des lieux de culte pose des enjeux d’aménagement du territoire et de cohérence des politiques publiques. La fermeture de la Grace Room Ministry aurait été motivée, selon les autorités, par l’absence répétée de rapports d’activités et financiers requis par la loi. Sa responsable n’a pas réagi publiquement à cette décision. Entre encadrement administratif et liberté de culte, la politique rwandaise interroge l’équilibre recherché par l’État entre stabilité institutionnelle, développement et pluralisme religieux.

Rwanda : la régulation des Églises évangéliques redessine le paysage religieux Read More »

Scroll to Top