24 Décembre 2025

Le campus de l’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de Douala à Édéa a accueilli, le mardi 23 décembre, une cérémonie de parrainage d’étudiants par Harvest Asset Management, acteur spécialisé des marchés financiers.

Cameroun : la ville d’Édéa à l’heure du choix stratégique

Quand l’IUT devient un levier géoéconomique contre le chômage et l’exode des jeunes. Le campus de l’Institut Universitaire de Technologie (IUT) de Douala à Édéa a accueilli, le mardi 23 décembre, une cérémonie de parrainage d’étudiants par Harvest Asset Management, acteur spécialisé des marchés financiers. Au-delà du geste académique, l’événement a mis en lumière un enjeu bien plus large : la capacité d’Édéa à transformer l’implantation de l’IUT en moteur économique, social et géostratégique. Pour le Pr Jacques Etame, directeur de l’IUT, le message est clair : l’université ne peut plus être une tour d’ivoire. La mutation de certaines filières, à l’image de Banque et Finance devenue Ingénierie financière, traduit une orientation résolument pratique, alignée sur les besoins du marché et les standards internationaux. L’ambition affichée est de faire du campus d’Édéa un campus d’application de l’économie universitaire, où savoirs, innovation et entreprises se rencontrent. (La ville d’Edéa) Deux projets pilotes incarnent cette vision : le transport des étudiants et les logements universitaires. Des initiatives structurantes, capables de générer des emplois locaux, d’attirer des investisseurs et de créer un écosystème économique autour du campus. Un potentiel que les étudiants eux-mêmes disent percevoir, à l’image de la présidente de l’Association des étudiants, qui souligne une meilleure appropriation des réalités professionnelles. Mais le constat est sans appel : la ville d’Édéa tarde à s’approprier l’IUT. Ni initiatives locales visibles, ni réponse structurée des collectivités territoriales décentralisées, alors même que le site est excentré et que la pression sur le logement est réelle. Une inertie préoccupante, alors qu’Édéa dispose d’atouts géostratégiques majeurs : carrefour entre Douala et Yaoundé, proximité de Kribi et de son port en eau profonde, tissu industriel historique et bassin de main-d’œuvre jeune. (Zone industrielle d’Edéa, le coeur du Cameroun) Dans un contexte marqué par le chômage des diplômés et l’exode massif des jeunes vers Douala, Yaoundé, l’Europe ou l’Amérique du Nord, l’IUT d’Édéa représente une alternative crédible. Il peut contribuer à fixer les compétences, à dynamiser le marché local de l’emploi et à repositionner la ville dans la chaîne de valeur nationale et régionale. Conscient de cet enjeu, le Pr Jacques Etame a annoncé l’organisation prochaine d’un Café-débat “Universités–Territoires”, réunissant collectivités, partenaires économiques et opérateurs privés. L’objectif : transformer une décision gouvernementale en niches d’opportunités concrètes. À Édéa, l’université est là. Reste à savoir si la ville saisira cette chance stratégique… ou la laissera passer.

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Sur l’avortement, les opinions se partagent.

Afrique et Cameroun : liberté des femmes, l’avortement divise toujours

Entre droits reconnus et tabous persistants, le continent avance sur la maternité et le mariage, mais reste scindé sur l’interruption de grossesse. Au Cameroun et dans toute l’Afrique, les femmes gagnent du terrain sur leurs droits. Elles peuvent désormais choisir leur mariage et décider du nombre d’enfants qu’elles auront. Mais sur l’avortement, c’est une autre histoire. C’est ce que révèle l’enquête Afrobarometer, menée entre 2024 et 2025 auprès de 51 000 personnes dans 38 pays africains. Selon l’étude, 75 % des Africains estiment que les femmes doivent décider quand se marier, et 62 % quand et combien d’enfants avoir. Les femmes elles-mêmes sont plus nombreuses à soutenir cette liberté. La scolarité des jeunes mères est largement défendue. Huit citoyens sur dix jugent que les filles enceintes ou déjà mères doivent pouvoir poursuivre leurs études. L’éducation à la sexualité à l’école recueille également un large soutien, avec plus de 70 % d’avis favorables. L’accès aux contraceptifs divise encore. 58 % des Africains sont favorables à ce que toute personne sexuellement active y ait accès, quel que soit son statut marital, et 53 % quel que soit l’âge. Mais dans les zones rurales et chez les moins instruits, le scepticisme reste fort. Sur l’avortement, les opinions se partagent. Une majorité (63 %) accepte l’interruption de grossesse si la santé ou la vie de la femme est en danger. En cas de viol ou d’inceste, seulement 48 % trouvent l’avortement justifiable. Et si la femme ne veut pas d’enfant ou manque de ressources, 65 à 69 % s’y opposent. Au Sénégal, la situation des violences basées sur le genre illustre un paradoxe. Près d’un tiers des citoyens voient fréquemment des violences contre les filles. Les violences conjugales et verbales restent courantes. Les victimes hésitent à porter plainte par peur ou par pression sociale. Au Cameroun, le scénario est similaire. Les droits progressent, mais la société reste partagée sur l’avortement. Violences sexuelles et discriminations persistent. L’enquête souligne l’urgence de renforcer la protection des femmes et leur autonomie, tout en respectant les sensibilités locales. L’Afrique avance. Mais certains combats sont loin d’être gagnés. Peut-être que le continent africain n’est pas prêt mené tous les combats à la fois. Surtout lorsqu’ils s’associent à l’éthique et à la spiritualité. C’est le cas de l’avortement.

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La BDEAC à l’épreuve de la modernisation

Afrique centrale : la BDEAC structure le levier des partenariats public-privé

En lançant l’élaboration d’un cadre normatif dédié aux PPP, la Banque de développement des États de l’Afrique centrale cherche à sécuriser les investissements, renforcer l’attractivité régionale et affirmer une souveraineté financière collective. La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) a franchi une étape stratégique en lançant un appel d’offres international pour recruter un cabinet chargé d’élaborer un cadre normatif applicable aux financements en partenariat public-privé (PPP). Cette initiative s’inscrit dans le Plan stratégique 2023-2027 de l’institution, baptisé « AZOBE », adopté par l’Assemblée générale des actionnaires le 22 décembre 2022. À travers cette démarche, la BDEAC entend renforcer son rôle de catalyseur du développement économique et de l’intégration régionale au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), dans un contexte marqué par la raréfaction des ressources publiques, la pression sécuritaire et la compétition accrue pour les capitaux internationaux. Les PPP comme outil de souveraineté économique Le plan « AZOBE » identifie explicitement les partenariats public-privé comme un levier central pour financer les infrastructures structurantes : énergie, transports, eau, télécommunications, santé ou encore équipements urbains. Pour les États de la Cemac, confrontés à des marges budgétaires limitées et à une dette publique sous surveillance, les PPP apparaissent comme une alternative stratégique permettant de mobiliser des financements privés tout en poursuivant des objectifs de développement. Mais jusqu’ici, l’absence d’un cadre normatif harmonisé à l’échelle régionale constituait un frein majeur. Les règles variaient selon les pays, générant des incertitudes juridiques, des risques financiers élevés et une faible bancabilité des projets. « L’enjeu est de sécuriser à la fois les États et les investisseurs », confie un cadre de la BDEAC, soulignant la nécessité de standardiser les pratiques. Sécuriser, harmoniser, attirer Le futur cadre normatif devra définir des règles claires en matière de structuration financière, de partage des risques, de gouvernance des projets et de mécanismes de contrôle. Il s’agira également d’intégrer des exigences de transparence, de traçabilité des flux financiers et d’évaluation des impacts économiques et sociaux. Pour la BDEAC, l’objectif est double : améliorer l’efficacité des investissements publics et renforcer l’attractivité de l’Afrique centrale auprès des investisseurs institutionnels, des fonds souverains et des partenaires du Sud global. Dans un environnement international marqué par la rivalité entre grandes puissances et la recomposition des chaînes de valeur, la région cherche à se positionner comme un espace crédible et sécurisé pour les investissements de long terme. Un enjeu géostratégique régional Au-delà des considérations économiques, la structuration des PPP revêt une dimension géostratégique. Les infrastructures financées conditionnent la sécurité énergétique, la connectivité régionale et la résilience des États face aux crises. Routes, ports, réseaux électriques ou systèmes numériques sont désormais perçus comme des actifs stratégiques, au croisement du développement, de la sécurité et de la souveraineté. Dans une région exposée à des défis sécuritaires transfrontaliers — du golfe de Guinée au bassin du lac Tchad —, la capacité à financer et maîtriser des projets structurants est également un facteur de stabilité. « Les infrastructures sont des outils de paix autant que de croissance », résume un analyste régional. La BDEAC à l’épreuve de la modernisation En se dotant d’un cadre normatif PPP, la BDEAC poursuit sa transformation en institution financière moderne, alignée sur les standards internationaux tout en défendant les intérêts spécifiques de ses États membres. L’initiative vise aussi à préserver l’équilibre financier de la Banque, en encadrant mieux les risques associés à des montages complexes. À terme, ce cadre pourrait devenir une référence régionale, voire un instrument d’influence normative pour l’Afrique centrale, dans un environnement où les règles du financement du développement sont largement façonnées en dehors du continent. À travers ce chantier, la BDEAC envoie un signal clair : l’Afrique centrale entend structurer elle-même les conditions de son développement, en combinant coopération public-privé, rigueur institutionnelle et affirmation de sa souveraineté économique.

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Les ambassadeurs de la sous-région posent les jalons d’une intégration régionale renforcée en Europe.

Diaspora : À Berlin, l’Afrique centrale affirme sa cohésion diplomatique

Les ambassadeurs de la sous-région posent les jalons d’une intégration régionale renforcée en Europe. Dans un contexte international marqué par le durcissement des rapports de force, la fragmentation des alliances et la recomposition des priorités géopolitiques, les pays d’Afrique centrale cherchent à parler d’une voix plus cohérente et plus audible sur la scène mondiale. C’est dans cet esprit que, 22 décembre à Berlin, Son Excellence Madame Edith Itoua, ambassadrice de la République du Congo en Allemagne, a réuni ses homologues du Cameroun, du Gabon et de la République démocratique du Congo. Au-delà du cadre convivial de fin d’année, cette rencontre revêt une portée politique et stratégique. Elle illustre la volonté des représentations diplomatiques de la sous-région de renforcer leur concertation, d’approfondir leur coordination diplomatique et de jeter les bases d’une intégration régionale plus opérationnelle, notamment dans leurs relations avec l’Allemagne et, plus largement, avec l’Union européenne. Les échanges ont porté sur les enjeux communs auxquels l’Afrique centrale est confrontée : sécurité régionale, stabilité politique, attractivité économique, transition énergétique, gestion des ressources stratégiques et coopération académique. Dans un environnement européen de plus en plus attentif aux questions de sécurité, d’approvisionnement et de partenariats fiables, les diplomates ont souligné l’importance pour la sous-région de se positionner comme un espace stratégique cohérent, porteur de solutions et de stabilité. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de diplomatie régionale proactive, visant à dépasser les approches strictement nationales pour promouvoir des positions concertées sur les dossiers d’intérêt commun. Elle traduit également la volonté de renforcer la visibilité politique de l’Afrique centrale en Europe, en mettant en avant ses complémentarités économiques, son potentiel humain et son rôle clé dans les équilibres géopolitiques africains. Les participants ont exprimé leur souhait de pérenniser ce cadre de concertation, en l’élargissant progressivement à d’autres pays et partenaires stratégiques. À terme, ce type de rencontres pourrait contribuer à structurer un véritable pôle diplomatique d’Afrique centrale en Europe, capable de soutenir les objectifs d’intégration régionale portés par la CEMAC et la CEEAC. À Berlin, l’Afrique centrale n’a pas seulement célébré la fin d’année : elle a esquissé les contours d’une diplomatie collective, plus lisible, plus influente et résolument tournée vers l’avenir.

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