Décembre 2025

Dans son allocution, le ministre des Transports a souligné l’importance stratégique du corridor Douala–N’Djamena, considéré comme l’un des rares corridors intermodaux pleinement opérationnels en Afrique centrale.

Corridor Douala–N’Djamena : le Cameroun pose les bases d’une relance logistique régionale

Gouvernance, investissements et sécurité au cœur d’un projet clé pour l’intégration régionale. Les acteurs du Projet régional pour l’amélioration de la performance du corridor Douala–N’Djamena (PCDN) se sont réunis le 18 décembre 2025 à Yaoundé à l’occasion de la première session du Comité de pilotage national (COPIL). Présidée par Jean-Ernest Ngallè Bibéhè, ministre des Transports, cette rencontre marque une étape clé dans la gouvernance d’un projet stratégique destiné à renforcer la fluidité, la sécurité et la compétitivité des échanges entre le Cameroun et le Tchad. Instance centrale du dispositif institutionnel du PCDN, le COPIL est chargé de superviser et d’orienter la mise en œuvre de la composante nationale du projet. Lors de cette session inaugurale, les membres ont examiné les rapports d’activités couvrant la période de juin 2024 à décembre 2025, validé les orientations stratégiques pour l’exercice 2026, et adopté les plans de travail et budgets annuels (PTBA), ainsi que les mécanismes de contrôle interne. Un axe vital mais contraint Dans son allocution, le ministre des Transports a souligné l’importance stratégique du corridor Douala–N’Djamena, considéré comme l’un des rares corridors intermodaux pleinement opérationnels en Afrique centrale. Il constitue aujourd’hui la principale voie d’accès du Tchad aux échanges maritimes internationaux et concentre environ 35 % du produit intérieur brut et de la population des deux pays. Toutefois, les performances du corridor restent limitées par l’état vieillissant des infrastructures routières et ferroviaires, ainsi que par la complexité des procédures administratives, qui allongent les délais de transit et réduisent la compétitivité logistique régionale. 11,12 milliards FCFA programmés en 2026 Pour répondre à ces défis, le PTBA 2026 prévoit un budget de 11,12 milliards FCFA, représentant environ 6,2 % de l’enveloppe globale du projet. Dans le secteur ferroviaire, ces ressources permettront notamment l’acquisition d’équipements pour la réhabilitation de 238 kilomètres de la ligne Douala–Yaoundé, ainsi que le financement de prestations de maîtrise d’œuvre et d’assistance technique. Le volet facilitation prévoit également la réhabilitation de la plateforme rail/route de Ngaoundéré, point de rupture de charge stratégique, l’acquisition d’équipements de sécurité routière, et la modernisation des administrations des douanes et des transports afin d’améliorer la performance de la chaîne logistique. Un programme régional de long terme Financé par la Banque mondiale à hauteur d’environ 181 milliards FCFA via l’IDA, le PCDN est déployé sur la période 2024–2032. Structuré autour de cinq composantes, il vise à améliorer durablement l’efficacité, la sécurité et la résilience du commerce transfrontalier. À terme, le projet ambitionne de réduire les coûts et délais de transit, d’augmenter les volumes de fret et de renforcer l’intégration économique régionale, consolidant le corridor Douala–N’Djamena comme un pilier structurant du commerce en Afrique centrale.

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Sécurité nationale, immigration et fractures diplomatiques au cœur de la nouvelle doctrine américaine.

États-Unis : Donald Trump durcit l’accès au territoire et vise plusieurs pays africains

Sécurité nationale, immigration et fractures diplomatiques au cœur de la nouvelle doctrine américaine. L’administration américaine a annoncé, le 17 décembre, une nouvelle extension des restrictions d’entrée sur le territoire des États-Unis, touchant directement plusieurs pays africains. Décidées par le président Donald Trump et justifiées par des impératifs de sécurité nationale, ces mesures entreront en vigueur le 1er janvier 2026, selon la Maison-Blanche. Dans cette nouvelle proclamation présidentielle, Washington impose une interdiction totale d’entrée aux ressortissants du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Soudan du Sud. La Syrie figure également sur cette liste. L’exécutif américain affirme que ces pays présentent des « risques élevés » liés à l’instabilité sécuritaire, à l’insuffisance des mécanismes de contrôle administratif ou à la présence de groupes armés susceptibles de menacer les intérêts américains. Parallèlement, des restrictions partielles de visas sont instaurées à l’encontre de plusieurs autres États africains, notamment l’Angola, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Mauritanie, le Nigeria et le Sénégal. Ces mesures concernent principalement les visas temporaires et s’accompagnent d’un durcissement significatif des procédures de vérification et de contrôle des antécédents. Le dispositif prévoit également un resserrement des sanctions contre certains pays déjà placés sous surveillance. Le Laos et la Sierra Leone passent ainsi d’un régime de restrictions partielles à une interdiction complète d’entrée. Des Palestiniens détenteurs de documents de voyage spécifiques sont également concernés, sans que les autorités américaines n’aient précisé les modalités exactes de leur application. Toutefois, la Maison-Blanche a tenu à souligner l’existence d’exemptions. Les résidents permanents légaux, les détenteurs de visas valides, ainsi que certaines catégories spécifiques, notamment les diplomates, les représentants officiels et les athlètes participant à des compétitions internationales, ne sont pas concernés. Des dérogations individuelles pourront également être accordées lorsque l’entrée sur le territoire américain est jugée conforme aux « intérêts nationaux des États-Unis ». Ces décisions s’inscrivent dans une offensive migratoire plus large engagée depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier. Le président américain a fait de la lutte contre l’immigration illégale et du contrôle strict des frontières l’un des piliers de son agenda politique. Selon l’exécutif, il s’agit d’empêcher l’entrée d’étrangers susceptibles de « menacer la sécurité », mais aussi de porter atteinte à « la culture, aux institutions et aux principes fondateurs » du pays. Sur le plan diplomatique, cette nouvelle vague de restrictions risque d’accentuer les tensions entre Washington et plusieurs capitales africaines. Elle relance également le débat sur la place de l’Afrique dans la politique étrangère américaine, entre coopération sécuritaire, perception du risque et repli stratégique assumé.

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Un nouvel emprunt chinois pour renforcer le contrôle urbain et sécuritaire du territoire.

Cameroun : Pékin au cœur de l’expansion de la vidéosurveillance nationale

Un nouvel emprunt chinois pour renforcer le contrôle urbain et sécuritaire du territoire. Le Cameroun poursuit le déploiement de son système national de vidéosurveillance urbaine avec l’appui de financements chinois. Par un décret signé le 17 décembre, le président Paul Biya a autorisé le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, à contracter un emprunt de 39,2 milliards de FCFA (environ 59,8 millions d’euros) auprès de China Citic Bank Corporation LTD. Ce financement vise à soutenir la deuxième phase de l’extension du dispositif de vidéosurveillance sur l’ensemble du territoire. Selon le texte présidentiel, l’enveloppe doit permettre un « financement complémentaire du projet d’extension au plan national du système intelligent de vidéosurveillance urbaine ». L’initiative s’inscrit dans un contexte marqué par la persistance de défis sécuritaires, tant dans les grandes agglomérations que le long des frontières. Un dispositif étendu aux zones sensibles Déployé depuis 2017, le programme a permis l’installation d’environ 1 500 caméras dans les chefs-lieux des dix régions du pays, notamment à Yaoundé et Douala, mais aussi dans des villes à forte valeur stratégique comme Kribi, qui abrite un port en eau profonde, Kyé-Ossi à la frontière équato-guinéenne ou Garoua-Boulaï, à la frontière avec la Centrafrique. Dans l’Extrême-Nord, région exposée aux incursions du groupe Boko Haram, le dispositif couvre également des localités sensibles telles que Waza, Fotokol, Kousseri et Amchidé. Les autorités mettent en avant un objectif de prévention, de dissuasion et de réponse rapide aux menaces sécuritaires, en combinant caméras, équipements de communication portatifs et centres de commandement. Deux centres de supervision, implantés à Yaoundé et Douala sous l’autorité de la Délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN), assurent la centralisation et l’exploitation des données. À ce réseau s’ajoutent près de 2 000 postes émetteurs-récepteurs portatifs destinés à améliorer la coordination des forces de sécurité sur le terrain. Une trajectoire financière désormais établie Ce nouvel emprunt porte à 150,8 milliards de FCFA (environ 230 millions d’euros) le montant total mobilisé en huit ans pour ce programme, à travers quatre financements successifs. Tous ont impliqué des partenaires financiers chinois ou des structures basées à Hong Kong. La première phase avait été lancée en 2017 grâce à un crédit de 45,9 milliards de FCFA accordé par Bank of China. En mars 2024, un second financement de 32,8 milliards de FCFA a été obtenu via Banco Santander à Hong Kong, après le retrait de China Construction Bank en 2021. Deux autres crédits du même montant ont ensuite été contractés en décembre 2024 et décembre 2025 auprès de China Citic Bank. Un enjeu sécuritaire et urbain Les autorités camerounaises justifient cette stratégie par la montée de l’insécurité urbaine et les pressions exercées sur plusieurs frontières. Selon Numbeo, le Cameroun figurait en 2022 parmi les pays africains à fort indice de criminalité, avec un score de 66,6 sur 100. En 2025, cet indice a légèrement reculé à 65,5 points, tandis que l’indice de sécurité progressait marginalement à 34,5 points. Au-delà de la sécurité, le recours accru à la vidéosurveillance soulève également des questions de gouvernance, de protection des données et de soutenabilité de la dette, dans un contexte où le pays reste fortement dépendant de financements extérieurs pour ses grands projets structurants.

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Les autorités rappellent que le Rwanda n’est pas un État religieux et que les organisations confessionnelles, comme toute autre structure civile, doivent s’inscrire dans le cadre légal.

Rwanda : la régulation des Églises évangéliques redessine le paysage religieux

Au Rwanda, la fermeture de la Grace Room Ministry, qui rassemblait jusqu’à 10 000 fidèles à la BK Arena de Kigali, illustre le durcissement de la politique publique à l’égard des Églises évangéliques. Depuis 2018, les autorités appliquent une réglementation plus stricte encadrant les activités religieuses, fondée sur des critères de sécurité, de gouvernance et de formation des responsables religieux. Ces mesures imposent notamment la conformité des lieux de culte aux normes de sécurité, la transparence des flux financiers et l’obligation pour les pasteurs de disposer de diplômes reconnus en théologie. Selon les médias rwandais, plusieurs milliers d’églises ont été fermées ces dernières années pour non-respect de ces exigences. Le gouvernement justifie cette politique par la nécessité d’assainir un secteur marqué par une forte prolifération d’églises indépendantes. Lors de récentes prises de parole, le président Paul Kagame a questionné le rôle socio-économique de certaines structures religieuses, estimant que certaines d’entre elles ne contribuaient pas suffisamment aux priorités nationales de développement. Les autorités rappellent que le Rwanda n’est pas un État religieux et que les organisations confessionnelles, comme toute autre structure civile, doivent s’inscrire dans le cadre légal. Depuis mars 2025, les églises sont également tenues de présenter au moins 1 000 signatures de fidèles pour obtenir ou renouveler leur licence, une disposition qui a suscité des réserves parmi les petites communautés religieuses. Pour certains observateurs, cette régulation reflète la volonté de l’État de maintenir un contrôle étroit sur l’espace public et de prévenir l’émergence de structures influentes échappant à la supervision administrative. D’autres soulignent que la question religieuse demeure sensible dans un pays où le génocide de 1994 a profondément marqué les consciences, y compris au sein des institutions ecclésiastiques. Selon le recensement de 2024, environ 93 % des Rwandais se déclarent chrétiens. La foi a joué un rôle important dans les processus de reconstruction et de résilience après le génocide, ce que reconnaissent plusieurs universitaires rwandais. Toutefois, certains estiment que la multiplication des lieux de culte pose des enjeux d’aménagement du territoire et de cohérence des politiques publiques. La fermeture de la Grace Room Ministry aurait été motivée, selon les autorités, par l’absence répétée de rapports d’activités et financiers requis par la loi. Sa responsable n’a pas réagi publiquement à cette décision. Entre encadrement administratif et liberté de culte, la politique rwandaise interroge l’équilibre recherché par l’État entre stabilité institutionnelle, développement et pluralisme religieux.

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Dans le même temps, Moscou a confirmé sa ligne diplomatique stricte : seuls les États souverains reconnus participent aux forums Afrique–Russie.

Forum Russie–Afrique au Caire : l’Afrique du Sud global à l’épreuve de la recomposition géopolitique mondiale

Entre quête de souveraineté stratégique, sécurité collective et réalités économiques, Moscou et les capitales africaines ajustent leurs lignes. Réunis les 19 et 20 décembre au Caire (Egypte) pour la deuxième conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie–Afrique, plus de cinquante délégations africaines ont livré un message clair : le continent entend peser davantage dans la gouvernance mondiale. Six ans après le sommet fondateur de Sotchi (2019), et dans un contexte de fragmentation accélérée de l’ordre international, cette rencontre marque une étape symbolique dans la maturation d’un partenariat inscrit dans la dynamique du Sud global. Pour la première fois organisée sur le sol africain, la conférence a cristallisé une revendication ancienne mais désormais assumée. « La voix de l’Afrique doit être influente et déterminante dans l’élaboration des grandes décisions mondiales », a martelé le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, rappelant les exigences de l’Union africaine issues du consensus d’Ezulwini : deux sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU et une représentation renforcée dans les institutions financières internationales. Une convergence politique assumée (Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères ) Du côté russe, le discours s’inscrit dans une continuité stratégique. Le patron de la diplomatie , Sergueï Lavrov a réaffirmé l’engagement de Moscou à soutenir la stabilité et la sécurité du continent, qualifiées de « conditions essentielles du développement durable ». La Russie se positionne ainsi comme un partenaire favorable à un multilatéralisme rééquilibré, dénonçant les séquelles du colonialisme et les ingérences extérieures jugées contre-productives. Cette convergence politique trouve un écho particulier dans plusieurs régions africaines confrontées à l’insécurité chronique. Moscou demeure le premier fournisseur d’armes du continent, représentant 21 % des importations africaines d’armements entre 2020 et 2024, selon le SIPRI [Stockholm International Peace Research Institute, un Institut international indépendant dédié à la recherche sur les conflits, les armements, le contrôle des armements et le désarmement], et multiplie les accords sécuritaires, notamment au Sahel, où les forces russes ont partiellement remplacé les contingents occidentaux. Le paradoxe économique russe en Afrique Mais derrière l’affichage politique, la réalité économique révèle un contraste frappant. Les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique ont atteint 24 à 28 milliards de dollars en 2024, un volume modeste comparé aux 355 milliards de dollars de l’Union européenne ou aux 296 milliards de la Chine. De surcroît, près de 90 % de ces échanges concernent les exportations russes, dominées par les hydrocarbures, les céréales – notamment le blé – et les produits métallurgiques, principalement à destination de l’Afrique du Nord. Les investissements directs russes restent marginaux, et de nombreux projets annoncés ces dernières années n’ont pas vu le jour, freinés par les sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine et par des contraintes financières internes. « Ce partenariat est encore jeune ; il faut lui laisser le temps de grandir », a relativisé le chef de la diplomatie rwandais, Olivier Nduhungirehe, soulignant la nécessité de passer des intentions aux mécanismes opérationnels. Sécurité régionale et souveraineté africaine La conférence du Caire a également servi de plateforme à des rapprochements régionaux structurants. En marge des travaux, la CEDEAO et la Russie ont affiché leur volonté d’intensifier leur coopération sécuritaire face à l’expansion des groupes armés et aux fragilités institutionnelles en Afrique de l’Ouest. Partage de renseignement, formation des forces de sécurité, sécurisation des processus électoraux : autant de leviers évoqués pour stabiliser une région stratégique. Dans le même temps, Moscou a confirmé sa ligne diplomatique stricte : seuls les États souverains reconnus participent aux forums Afrique–Russie. Ce choix, assumé, vise à éviter les contentieux politiques et à préserver la lisibilité stratégique des partenariats, une approche largement soutenue par les capitales africaines soucieuses d’efficacité. Un partenariat à l’épreuve du réel Au-delà des discours, le Forum du Caire illustre une recomposition géostratégique en cours. L’Afrique, forte de son poids démographique et de ses ressources, entend diversifier ses alliances sans s’aligner. Pour la Russie, le continent représente à la fois un espace d’influence diplomatique, un levier géopolitique face à l’Occident et un marché encore largement sous-exploité. Reste un défi majeur : transformer une convergence idéologique et sécuritaire en un partenariat économique structurant, capable de soutenir l’Agenda 2063 de l’Union africaine. À défaut, la relation russo-africaine risque de demeurer asymétrique, puissante sur le plan symbolique, mais limitée dans sa portée développementale.

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Au Cameroun, le niveau d’endettement reste officiellement jugé soutenable par les institutions financières internationales.

Dette africaine : l’Afrique centrale en première ligne, le Cameroun sous surveillance

Pressions budgétaires, vulnérabilités structurelles et urgence de réformes financières. La crise de la dette publique africaine se manifeste avec une intensité particulière en Afrique centrale, une région où plusieurs États, dont le Cameroun, doivent composer avec des marges budgétaires de plus en plus étroites. Longtemps considérée comme relativement préservée, la zone fait désormais face à une accumulation de risques liés à l’endettement, dans un contexte de ralentissement économique, d’insécurité persistante et de besoins sociaux croissants. Au Cameroun, le niveau d’endettement reste officiellement jugé soutenable par les institutions financières internationales. Toutefois, la pression exercée par le service de la dette s’intensifie. Une part croissante des recettes publiques est consacrée au remboursement des échéances, limitant les capacités de financement des secteurs clés comme la santé, l’éducation et les infrastructures. La diversification progressive des sources de financement, notamment via des emprunts commerciaux et semi-concessionnels, accroît également l’exposition du pays aux risques de refinancement et aux variations des taux d’intérêt. La situation est plus critique dans certains pays voisins. En République du Congo, bien que le ratio dette/PIB ait reculé à 93,6 % en 2024, le poids du service de la dette reste considérable, absorbant près de la moitié des recettes budgétaires. Le Gabon et la Guinée équatoriale demeurent fortement dépendants des revenus pétroliers, les rendant vulnérables aux chocs exogènes. Le Tchad et la République centrafricaine, quant à eux, subissent les effets conjugués de l’instabilité sécuritaire et de la faiblesse de leurs bases fiscales. Cette fragilité régionale s’inscrit dans une dynamique continentale alarmante. Selon Clever Gatete, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), le stock de la dette extérieure du continent a atteint environ 1 860 milliards de dollars en 2024, contre près de 1 000 milliards moins de dix ans auparavant. Plus de vingt pays africains sont aujourd’hui en situation de surendettement ou exposés à un risque élevé de défaut. Les créanciers des États africains sont multiples : institutions multilatérales telles que la Banque mondiale, le FMI et la BAD, partenaires bilatéraux comme la Chine, mais aussi investisseurs privés sur les marchés internationaux. Ces derniers, de plus en plus sollicités, renchérissent le coût de la dette et réduisent la flexibilité budgétaire. Face à cette spirale, un groupe d’experts réunis sous l’égide du G20 a récemment plaidé pour un allègement coordonné de la dette africaine et une augmentation des investissements productifs. Pour Clever Gatete, « l’Afrique ne traverse pas seulement une crise de la dette, mais une crise du développement ». Pour l’Afrique centrale et le Cameroun, l’enjeu est désormais stratégique : transformer la gestion de la dette en levier de développement, sous peine de voir la stabilité économique et sociale durablement fragilisée.

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Confrontée à des restrictions budgétaires inédites, l’Agence française de développement (AFD) entame une profonde transformation de son modèle.

Aide au développement : l’AFD contrainte de revoir sa boussole africaine

Coupes budgétaires, recomposition géopolitique et recentrage stratégique d’une institution sous pression. L’année 2025 restera comme une annus horribilis pour l’aide publique au développement. Confrontée à des restrictions budgétaires inédites, l’Agence française de développement (AFD) entame une profonde transformation de son modèle. Dans un entretien accordé à L’Express, son chef économiste Thomas Melonio dresse un constat sans détour : « En 2026, l’Afrique ne pèsera plus que 30 % de nos activités », contre une place historiquement centrale dans l’action de l’agence. Cette inflexion stratégique s’inscrit dans un contexte international bouleversé. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a entraîné la suppression brutale de l’USAID, symbole d’un désengagement américain massif de l’aide au développement. En Europe, la dynamique est similaire. En France, le budget consacré à l’aide publique a été amputé de 37 % en 2025, avec de nouvelles réductions attendues. Pour l’AFD, ces décisions se traduisent par une contrainte existentielle : faire moins, autrement. Historiquement tournée vers l’Afrique, où elle finançait infrastructures, santé, éducation et climat, l’agence doit désormais arbitrer. La baisse relative du poids du continent ne signifie pas un retrait total, mais un ciblage plus strict des interventions, privilégiant les projets jugés stratégiques, bancables ou alignés avec les priorités diplomatiques françaises. « Il ne s’agit plus de couvrir tous les besoins, mais de maximiser l’impact », résume Thomas Melonio. Ce recentrage reflète aussi une évolution du paysage africain. Plusieurs pays revendiquent davantage d’autonomie, diversifient leurs partenaires — Chine, Golfe, Russie — et contestent parfois le cadre traditionnel de l’aide occidentale. Dans ce contexte, l’AFD doit composer avec des attentes nouvelles, une concurrence accrue et une légitimité parfois questionnée. Les conséquences sont lourdes. Pour de nombreux États africains, la contraction de l’aide européenne intervient alors que les besoins explosent, sous l’effet de la croissance démographique, du changement climatique et de l’instabilité sécuritaire. Le risque est celui d’un décrochage silencieux, où les projets sociaux et environnementaux deviennent les variables d’ajustement des politiques budgétaires du Nord. Au-delà de l’AFD, cette évolution pose une question plus large : l’aide au développement est-elle en train de devenir une variable secondaire dans un monde dominé par les priorités sécuritaires, industrielles et migratoires ? En actant la réduction du poids de l’Afrique dans ses activités, l’agence française illustre une tendance lourde : celle d’un désengagement progressif, contraint plus que choisi, d’un continent pourtant central pour les équilibres futurs.

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La Cour suprême du Cameroun a renvoyé au 15 janvier 2026 l’examen du pourvoi en cassation introduit par le leader séparatiste anglophone Sisiku Ayuk Tabe et neuf de ses co-accusés

Affaire Ayuk Tabe (Cameroun) : justice différée, équation politique entière

Entre possible grâce présidentielle, limites du séparatisme et enjeux régionaux. La Cour suprême du Cameroun a renvoyé au 15 janvier 2026 l’examen du pourvoi en cassation introduit par le leader séparatiste anglophone Sisiku Julius Ayuk Tabe et neuf de ses co-accusés. Une audience de pure forme, sans débat sur le fond, qui prolonge une attente judiciaire entamée depuis cinq ans et ravive les interrogations politiques autour du conflit anglophone. Condamnés en 2019 à la réclusion criminelle à perpétuité par le tribunal militaire de Yaoundé, puis confirmés en appel en 2020, les dirigeants ambazoniens restent au cœur d’un dossier à forte charge symbolique. Pour la défense et les organisations de droits humains, la lenteur de la procédure et le jugement de civils par une juridiction militaire continuent de poser la question du respect du procès équitable. Pour l’État, il s’agit d’un dossier sécuritaire majeur, lié à des accusations de terrorisme et de sécession. Dans ce contexte, la question d’une grâce présidentielle revient régulièrement dans le débat public. Juridiquement, elle est possible : la Constitution camerounaise confère au chef de l’État le pouvoir de grâce. Politiquement, toutefois, elle reste délicate. Une grâce pourrait être perçue comme un geste d’apaisement susceptible de favoriser un dialogue politique. À l’inverse, elle risque d’être interprétée par certains groupes armés comme un aveu de faiblesse, voire un encouragement à la poursuite de la lutte séparatiste. Son efficacité dépendrait donc d’un cadre politique plus large incluant désarmement et dialogue structuré. La détention prolongée des leaders ambazoniens a eu des conséquences ambivalentes. Si elle a affaibli la coordination politique du mouvement, elle n’a pas mis fin à la violence sur le terrain. Au contraire, la fragmentation des groupes armés a parfois accentué l’insécurité, compliquant toute négociation crédible. Sur le fond, les revendications ambazoniennes atteignent leurs limites juridiques dans le cadre de la République du Cameroun. L’indépendance unilatérale reste incompatible avec l’ordre constitutionnel et le droit international, tandis que les violences contre les civils ont progressivement érodé les soutiens internationaux du mouvement. En revanche, les revendications liées à la gouvernance locale, à la protection des spécificités linguistiques et à une décentralisation effective demeurent des leviers politiques encore ouverts. À l’échelle régionale, le conflit anglophone pèse sur la stabilité du Golfe de Guinée et des frontières avec le Nigeria, alimentant déplacements de populations, trafics transfrontaliers et tensions sécuritaires. L’issue du dossier Ayuk Tabe dépasse ainsi le strict cadre judiciaire : elle s’inscrit au cœur d’un enjeu national et régional où justice, politique et sécurité restent étroitement imbriquées.

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Le préfet du Mbam et Inoubou, Jean Lazare Ndongo Ndongo, a conclu sa tournée de prise de contact dans l’arrondissement de Bokito par les cantons de Yangben et Ma’ala, le vendredi 19 décembre 2025.

Mbam et Inoubou (Cameroun) : le préfet trace la feuille de route pour la paix et le développement

Entre sécurité, cohésion sociale et infrastructures, le préfet fixe les priorités pour les cantons de Yangben et Ma’ala. Le préfet du Mbam et Inoubou, Jean Lazare Ndongo Ndongo, a conclu sa tournée de prise de contact dans l’arrondissement de Bokito par les cantons de Yangben et Ma’ala, le vendredi 19 décembre 2025. Cette visite, placée sous le signe de la sécurité et du développement local, a été marquée par des accueils chaleureux et des échanges constructifs avec les populations et les élites locales. À Yangben, l’accueil s’est déroulé devant l’école publique puis sur la mythique place du marché, face au palais historique du grand chef Yambassa. Les discours ont mis en lumière les réalisations de l’État : création de postes de gendarmerie, lycée et centre de santé intégré (CSI), ainsi que le dynamisme économique dans l’agriculture et l’élevage. Les doléances locales ont porté sur la réhabilitation des infrastructures routières, l’installation d’un chef de canton, le renforcement des centres de santé et des écoles, et l’érection de Yangben en arrondissement. Le préfet a répondu avec précision : Yangben ne sera pas laissé pour compte, et les doléances seront progressivement traitées selon les moyens de l’État. Il a insisté sur la cohésion sociale : résolution équitable des conflits entre éleveurs et agriculteurs, respect des autorités administratives et traditionnelles, et engagement des jeunes à cultiver la terre et à renoncer aux psychotropes. À Ma’ala, les discussions ont été similaires : modernisation des centres de santé, construction de salles de classe, création de puits et bitumage des routes. Le préfet a félicité les populations pour leurs efforts agricoles et insisté sur la paix et l’unité, condition essentielle au développement durable. La tournée a également permis de visiter les cantons d’Elip, Lemande et Gounou Sud, où la problématique des routes et de l’électricité reste centrale. Entre ces étapes, la visite du futur hôtel de Bokito, initié par le professeur Alaka Alaka, a montré l’engagement des élites locales pour le développement touristique et économique. À travers cette tournée, le préfet Ndongo Ndongo Jean Lazare a délivré un message clair : paix, cohésion et développement sont indissociables, et l’État du Cameroun est résolu à accompagner chaque canton dans la réalisation de ses priorités.

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Pour la troisième année consécutive, le pays rafle la moitié des places réservées aux étudiants internationaux et consolide son rayonnement scientifique.

Cameroun : Yaoundé s’impose comme le pôle africain d’excellence pour Polytechnique France

Pour la troisième année consécutive, le pays rafle la moitié des places réservées aux étudiants internationaux et consolide son rayonnement scientifique. Pour la troisième année consécutive, le Cameroun s’impose comme le principal pôle africain pour l’accès à l’École polytechnique (France). Sur les 37 places ouvertes aux étudiants internationaux en 2025, 17 sont occupées par des Camerounais, soit 50 % des admis, devançant le Maroc et confirmant Yaoundé comme centre d’excellence scientifique sur le continent. Tous les admis proviennent des classes préparatoires de Polytechnique Yaoundé, principalement du CPG de Vogt Saint-Jean, où les mentions Très Bien du Bac C suivent un programme intensif de deux ans pour préparer les concours des grandes écoles d’ingénieurs européennes : Polytechnique Paris, Centrale, Mines, Ponts et Chaussées, Polytechnique Lausanne et Bocconi. Cette préparation rigoureuse explique la performance constante des étudiants camerounais et leur réputation de « pays des génies ». Les étudiants bénéficient d’un suivi complet : orientation dans les filières adaptées à leurs compétences, accompagnement à l’intégration académique et sociale, et prise en charge des bourses par le gouvernement et les établissements locaux. Ces dispositifs garantissent la réussite et la continuité de leur parcours à l’international. À terme, la stratégie vise à encourager le retour au Cameroun des diplômés, qui pourront contribuer au développement scientifique, technologique et industriel du pays, notamment dans les secteurs stratégiques de l’ingénierie et des technologies avancées. Sur les 140 places réservées aux candidats internationaux, les Camerounais dominent largement, suivis de quelques Ivoiriens. Ce succès illustre non seulement l’excellence académique camerounaise, mais aussi sa capacité à structurer un centre régional de référence pour les grandes écoles d’ingénieurs, renforçant son influence scientifique et académique en Afrique et en Europe. Le Cameroun confirme ainsi son rôle stratégique et durable dans la formation scientifique de haut niveau, consolidant sa réputation de vivier de talents africains d’exception.

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