Corridor Douala–N’Djamena : le Cameroun pose les bases d’une relance logistique régionale
Gouvernance, investissements et sécurité au cœur d’un projet clé pour l’intégration régionale. Les acteurs du Projet régional pour l’amélioration de la performance du corridor Douala–N’Djamena (PCDN) se sont réunis le 18 décembre 2025 à Yaoundé à l’occasion de la première session du Comité de pilotage national (COPIL). Présidée par Jean-Ernest Ngallè Bibéhè, ministre des Transports, cette rencontre marque une étape clé dans la gouvernance d’un projet stratégique destiné à renforcer la fluidité, la sécurité et la compétitivité des échanges entre le Cameroun et le Tchad. Instance centrale du dispositif institutionnel du PCDN, le COPIL est chargé de superviser et d’orienter la mise en œuvre de la composante nationale du projet. Lors de cette session inaugurale, les membres ont examiné les rapports d’activités couvrant la période de juin 2024 à décembre 2025, validé les orientations stratégiques pour l’exercice 2026, et adopté les plans de travail et budgets annuels (PTBA), ainsi que les mécanismes de contrôle interne. Un axe vital mais contraint Dans son allocution, le ministre des Transports a souligné l’importance stratégique du corridor Douala–N’Djamena, considéré comme l’un des rares corridors intermodaux pleinement opérationnels en Afrique centrale. Il constitue aujourd’hui la principale voie d’accès du Tchad aux échanges maritimes internationaux et concentre environ 35 % du produit intérieur brut et de la population des deux pays. Toutefois, les performances du corridor restent limitées par l’état vieillissant des infrastructures routières et ferroviaires, ainsi que par la complexité des procédures administratives, qui allongent les délais de transit et réduisent la compétitivité logistique régionale. 11,12 milliards FCFA programmés en 2026 Pour répondre à ces défis, le PTBA 2026 prévoit un budget de 11,12 milliards FCFA, représentant environ 6,2 % de l’enveloppe globale du projet. Dans le secteur ferroviaire, ces ressources permettront notamment l’acquisition d’équipements pour la réhabilitation de 238 kilomètres de la ligne Douala–Yaoundé, ainsi que le financement de prestations de maîtrise d’œuvre et d’assistance technique. Le volet facilitation prévoit également la réhabilitation de la plateforme rail/route de Ngaoundéré, point de rupture de charge stratégique, l’acquisition d’équipements de sécurité routière, et la modernisation des administrations des douanes et des transports afin d’améliorer la performance de la chaîne logistique. Un programme régional de long terme Financé par la Banque mondiale à hauteur d’environ 181 milliards FCFA via l’IDA, le PCDN est déployé sur la période 2024–2032. Structuré autour de cinq composantes, il vise à améliorer durablement l’efficacité, la sécurité et la résilience du commerce transfrontalier. À terme, le projet ambitionne de réduire les coûts et délais de transit, d’augmenter les volumes de fret et de renforcer l’intégration économique régionale, consolidant le corridor Douala–N’Djamena comme un pilier structurant du commerce en Afrique centrale.









