Décembre 2025

Le 19 décembre 2025, la Cameroon Development Corporation (CDC), pilier de l’agro-industrie dans le Sud-Ouest du Cameroun, a franchi une étape majeure vers sa modernisation

Cameroun : 78,8 millions d’euros pour moderniser la CDC et dynamiser l’économie

Financement stratégique et infrastructures modernisées pour renforcer la chaîne de valeur agro-industrielle. Le 19 décembre 2025, la Cameroon Development Corporation (CDC), pilier de l’agro-industrie dans le Sud-Ouest du Cameroun, a franchi une étape majeure vers sa modernisation. Le gouvernement camerounais a sécurisé un financement de 78,8 millions d’euros (51,8 milliards FCFA) destiné à transformer ses unités industrielles, spécialisées dans l’hévéa, le palmier à huile et la banane. Ce financement, orchestré par Standard Chartered Bank à Londres, combine un crédit acheteur de 71,7 millions d’euros garanti par Bpifrance et un crédit commercial de 7,1 millions d’euros. Il permettra l’installation d’équipements modernes pour l’huile de palme, la margarine et la transformation de l’hévéa, renforçant la production et la compétitivité de la CDC sur le marché régional. La mise en œuvre a été confiée à la société française Tyllium, reconnue pour son expertise agro-industrielle. Les travaux, sous la supervision du ministère de l’Agriculture et du Développement rural et avec la CDC comme maître d’ouvrage délégué, s’étaleront sur 25 mois. Au-delà de la modernisation, le projet vise à valoriser les matières premières locales, réduire les importations et stimuler l’emploi dans une région touchée par des crises sécuritaires depuis 2016. Il contribuera à la création d’emplois directs et indirects et au renforcement de la chaîne de valeur agricole camerounaise. Cette initiative s’inscrit dans un effort global de redressement de la CDC, dont la dette salariale de 35,75 milliards FCFA (2018-2022) a été intégralement apurée entre 2024 et 2025. En sécurisant des financements stratégiques et en modernisant ses infrastructures, la CDC se positionne comme un levier essentiel pour le développement durable du secteur agro-industriel camerounais et pour l’affirmation du pays comme acteur clé de l’économie régionale.

Cameroun : 78,8 millions d’euros pour moderniser la CDC et dynamiser l’économie Read More »

Décorations exceptionnelles de cadres de l’UNESCO et affirmation du rayonnement culturel camerounais.

Diplomatie culturelle : Le Cameroun muscle son soft power à Paris

Décorations exceptionnelles de cadres de l’UNESCO et affirmation du rayonnement culturel camerounais. Deux hauts responsables de l’UNESCO décorés et des officiers de police promus à l’Ambassade du Cameroun en France. À Paris, à l’Ambassade du Cameroun en France, une cérémonie officielle s’est tenue vendredi 20 décembre 2025, illustrant la montée en puissance du Cameroun sur la scène diplomatique et culturelle internationale. Par décret présidentiel, deux hauts responsables camerounais en fonction à l’UNESCO, dont le Directeur du Centre du patrimoine mondial, ont été décorés Chevaliers de l’Ordre national de la Valeur, à titre exceptionnel. La cérémonie a également été marquée par la promotion de deux officiers supérieurs de la police camerounaise au grade de commissaire de police principal. Médailles, décorations, pas stricts et galons parfaitement alignés sur les épaules. Devant un parterre de diplomates, de responsables internationaux et de membres de la diaspora, les récipiendaires reçoivent distinctions et promotions, symboles d’un engagement au service de l’État et de son rayonnement à l’étranger. Pour les hauts responsables de l’UNESCO, la distinction de Chevalier de l’Ordre national de la Valeur vient consacrer un travail diplomatique et culturel de long terme. Ces dernières années, le Cameroun a renforcé sa présence au sein de l’UNESCO, avec l’inscription et la valorisation de plusieurs éléments de son patrimoine culturel matériel et immatériel. Rites traditionnels, savoir-faire artisanaux et expressions culturelles témoignent de la richesse d’un pays souvent présenté comme une « Afrique en miniature ». Cette reconnaissance s’inscrit dans une stratégie assumée de diplomatie culturelle. En s’appuyant sur la diversité de son patrimoine et sur des cadres occupant des postes stratégiques au sein des institutions internationales, le Cameroun consolide son influence, non seulement à l’UNESCO, mais plus largement dans les cercles décisionnels multilatéraux. Pour l’Ambassadeur du Cameroun en France, ces distinctions relèvent d’une logique évidente. « Le président de la République a voulu honorer, à titre exceptionnel, des Camerounais qui se distinguent par leur engagement, leur loyauté et leur patriotisme. Ce sont des hommes qui travaillent à l’UNESCO et qui contribuent concrètement au rayonnement du Cameroun », a déclaré André-Magnus Ekoumou. Parmi les décorés, Lazare Eloundou Assomo, Directeur du Centre du patrimoine mondial à l’UNESCO, a souligné la portée collective de cette reconnaissance. « Je reçois cette médaille avec fierté, au nom du Cameroun mais aussi de l’UNESCO. Elle illustre l’excellente coopération entre le Cameroun et l’organisation, et l’importance accordée à la protection de notre patrimoine culturel », a-t-il affirmé. Au-delà de l’UNESCO, le Cameroun s’impose progressivement comme un acteur culturel de référence en Afrique centrale. Par son rôle de carrefour géoculturel, il participe à la structuration des politiques patrimoniales régionales et au renforcement des coopérations Sud-Sud dans le domaine culturel. Autre temps fort de la cérémonie : la promotion de deux officiers de police camerounais, élevés au grade de commissaire de police principal après plus de vingt années de carrière. La soirée s’est achevée par l’« arrosage des galons », tradition camerounaise mêlant solennité et convivialité. À travers ces distinctions, Yaoundé affirme une diplomatie du soft power fondée sur la culture, la compétence et la présence stratégique dans les institutions internationales, renforçant ainsi sa visibilité et son influence sur la scène mondiale.

Diplomatie culturelle : Le Cameroun muscle son soft power à Paris Read More »

Sécurité, mémoire coloniale et rivalités globales : Moscou redessine sa stratégie africaine.

« L’Afrique se réveille » : Moscou accélère son offensive diplomatique sur le continent

Sécurité, mémoire coloniale et rivalités globales : Moscou redessine sa stratégie africaine. Réunis au Caire à l’occasion de la deuxième Conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie-Afrique, les représentants africains et russes ont été témoins d’un discours à forte portée symbolique et stratégique du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Dans une déclaration très politique, le chef de la diplomatie russe a affirmé que « l’Afrique se réveille après l’ère coloniale », inscrivant la relation russo-africaine dans une lecture postcoloniale du monde et dans une dynamique de recomposition de l’ordre international. Pour Moscou, le renforcement de la paix et de la sécurité en Afrique constitue à la fois une condition du développement durable du continent et un facteur clé de stabilité mondiale. Sergueï Lavrov a rappelé l’engagement de la Russie aux côtés des États africains dans les domaines sécuritaires, évoquant des actions concrètes telles que le déminage, la neutralisation des engins explosifs improvisés, ainsi que la formation des forces armées et des services de sécurité. Au-delà de cette coopération opérationnelle, le ministre a insisté sur la mise en œuvre effective de la décision prise lors du deuxième sommet Russie-Afrique visant à instaurer un mécanisme permanent de dialogue de haut niveau. L’objectif est clair : coordonner les efforts russo-africains en matière de sécurité et consolider une architecture de coopération fondée, selon Moscou, sur le respect de la souveraineté, de l’égalité des partenaires et des intérêts mutuels. Le discours de Sergueï Lavrov s’est également distingué par une critique directe de l’héritage colonial occidental. Selon lui, nombre de conflits actuels en Afrique trouvent leurs racines dans un système colonial ayant bouleversé les trajectoires historiques naturelles des peuples africains, imposé des frontières artificielles et façonné des économies extraverties au profit des anciennes puissances coloniales. Il a par ailleurs dénoncé la persistance de formes de néocolonialisme et affirmé la disponibilité de la Russie à accompagner les États africains dans l’élaboration d’instruments juridiques visant à évaluer, voire indemniser, les préjudices liés à la période coloniale. Cette rhétorique trouve un écho croissant sur le continent, dans un contexte de défiance accrue envers l’Occident et de quête de partenariats alternatifs. Moscou entend capitaliser sur cette dynamique pour renforcer son influence diplomatique, sécuritaire et économique. Sur le plan commercial, Sergueï Lavrov a souligné une hausse de 13 % des échanges russo-africains l’an dernier, atteignant 28 milliards de dollars, un niveau jugé encore inférieur au potentiel réel du partenariat. En évoquant un « deuxième réveil » de l’Afrique et la montée en puissance de son rôle international, la Russie inscrit clairement sa stratégie africaine dans une vision multipolaire du monde, révélatrice d’une compétition géopolitique désormais assumée autour d’un continent devenu central dans les équilibres du XXIᵉ siècle.

« L’Afrique se réveille » : Moscou accélère son offensive diplomatique sur le continent Read More »

Malgré un vote unanime au Conseil de sécurité, la reconduction de la mission onusienne révèle des fractures profondes entre puissances et une redéfinition du rôle africain dans la gestion des crises.

RDC : la MONUSCO prolongée, le multilatéralisme sous tension

Malgré un vote unanime au Conseil de sécurité, la reconduction de la mission onusienne révèle des fractures profondes entre puissances et une redéfinition du rôle africain dans la gestion des crises. Le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé de prolonger d’un an le mandat de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), dans un contexte sécuritaire toujours critique dans l’est du pays. Adoptée à l’unanimité par les quinze membres, la résolution masque toutefois des divergences diplomatiques croissantes sur la nature, les limites et l’utilité stratégique de la mission. Sur le terrain, la situation reste alarmante. Les violences persistantes impliquant le mouvement rebelle M23, l’armée congolaise et divers groupes armés continuent de provoquer déplacements massifs de populations et instabilité régionale, dans une zone au cœur des équilibres sécuritaires des Grands Lacs. Selon l’ONU, plus de 6,5 millions de personnes sont déplacées internes en RDC, un chiffre parmi les plus élevés au monde. Derrière le consensus formel, les débats au Conseil ont révélé une opposition nette entre les puissances occidentales et le duo sino-russe. Les États-Unis ont accusé le Rwanda de soutenir le M23, appelant à un rôle plus actif de la MONUSCO dans l’appui aux initiatives de cessez-le-feu issues des discussions menées à Washington et à Doha. La France, rédactrice du texte, a défendu une approche pragmatique visant à préserver le cœur du mandat tout en l’adaptant aux dynamiques diplomatiques en cours. À l’inverse, la Russie et la Chine ont dénoncé ce qu’elles considèrent comme une politisation excessive de la mission. Moscou a évoqué un « compromis difficile », tandis que Pékin a mis en garde contre toute instrumentalisation de la MONUSCO au service d’agendas extérieurs au cadre onusien, plaidant pour une interprétation stricte du principe de souveraineté. Les membres africains du Conseil, réunis au sein du groupe A3 Plus, ont tenté de rééquilibrer le débat. Ils ont insisté sur la nécessité d’un leadership africain renforcé, mettant en avant les efforts de médiation de l’Union africaine et des organisations régionales, notamment les initiatives pilotées par le Togo. Cette position traduit une volonté croissante du continent de peser davantage dans la résolution de ses propres crises. La résolution maintient les effectifs actuels de la MONUSCO et ses missions principales de protection des civils et d’appui aux autorités congolaises, tout en prévoyant un soutien encadré à un éventuel cessez-le-feu. Elle ouvre aussi la voie à des ajustements futurs du mandat, en fonction de l’évolution sécuritaire. Dans un contexte de rivalités géopolitiques accrues, la prolongation de la MONUSCO illustre les limites mais aussi la persistance du multilatéralisme onusien face aux crises complexes. Pour la RDC, l’enjeu reste majeur : transformer ce consensus fragile en avancées concrètes pour la paix.

RDC : la MONUSCO prolongée, le multilatéralisme sous tension Read More »

Sous la coupole de l’Académie des Sciences d’Outre-mer, à Paris, le 19 décembre 2025, le Professeur Maurice Kamto, juriste de renommée internationale et figure politique camerounaise, s’est vu décerner le Prix Boutros Boutros-Ghali.

Distinction : Maurice Kamto honoré du Prix Boutros Boutros-Ghali

À Paris, le juriste camerounais plaide pour l’État de droit et le multilatéralisme à l’heure de l’érosion des normes internationales. Sous la coupole de l’Académie des Sciences d’Outre-mer, à Paris, le 19 décembre 2025, le Professeur Maurice Kamto, juriste de renommée internationale et figure politique camerounaise, s’est vu décerner le Prix Boutros Boutros-Ghali. Une distinction prestigieuse qui récompense des contributions majeures à la promotion du droit international, du multilatéralisme et de la gouvernance mondiale. Empêché d’assister à la cérémonie pour des « circonstances dirimantes », le lauréat a pris la parole par message audiovisuel. Dans son intervention, Maurice Kamto a rendu hommage à la mémoire de l’ancien Secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali, qu’il a présenté comme l’un des artisans d’une vision universaliste du multilatéralisme, attentive aux aspirations du Sud global. Il a évoqué plusieurs rencontres marquantes avec le diplomate égyptien, notamment au Caire à la fin des années 1980 et à l’Académie de droit international de La Haye, soulignant l’influence durable des Agendas pour la paix et le développement sur sa propre réflexion. Au-delà de la reconnaissance personnelle, le professeur Kamto a inscrit cette distinction dans un contexte international qu’il juge marqué par une multiplication des crises, une remise en cause des institutions multilatérales et une application parfois sélective des normes juridiques. Sans s’attarder sur des situations nationales spécifiques, il a appelé à un renforcement du droit international comme cadre commun, capable de limiter les rapports de force et de restaurer la confiance entre États. Son discours a également pris une dimension plus civique, en dédiant ce prix à la jeunesse africaine et, plus largement, à tous ceux qui œuvrent pour l’État de droit. Il a insisté sur la responsabilité des juristes, des intellectuels et des responsables publics à maintenir vivantes les valeurs de justice, de liberté et de responsabilité institutionnelle. Attribué conjointement au professeur tunisien Yadh Ben Achour, le Prix Boutros Boutros-Ghali souligne la place croissante des penseurs africains dans les débats globaux sur la gouvernance mondiale. Dans un ordre international en recomposition, cette reconnaissance rappelle que le droit et le multilatéralisme demeurent, malgré leurs fragilités, des repères essentiels face aux incertitudes contemporaines.

Distinction : Maurice Kamto honoré du Prix Boutros Boutros-Ghali Read More »

Avec le lancement du futur terminal hydrocarbures, Yaoundé envoie un signal de stabilité économique et géostratégique au Golfe de Guinée.

Port de Kribi : le Cameroun muscle sa stratégie énergétique dans un contexte post-électoral sous tension

Avec le lancement du futur terminal hydrocarbures, Yaoundé envoie un signal de stabilité économique et géostratégique au Golfe de Guinée. Une étape décisive vient d’être franchie pour le Port Autonome de Kribi (PAK). Le 18 décembre 2025, un protocole d’accord tripartite a été signé entre le PAK, la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP) et le consortium PARLYM/EJN, ouvrant la voie à la construction d’un terminal hydrocarbures de nouvelle génération. Au-delà de l’infrastructure, ce projet s’inscrit dans une séquence politique et économique sensible pour le Cameroun, quelques semaines après une élection présidentielle contestée, marquée par des tensions sociales et sécuritaires. Pensé comme une plateforme logistique intégrée, le futur terminal comprendra un quai pétrolier en eaux profondes capable d’accueillir des navires de fort tonnage, des cuves de stockage à haute capacité et un réseau de pipelines interconnectés. L’objectif est clair : réduire les délais d’attente en mer, abaisser les coûts de transport et renforcer la sécurité d’approvisionnement en hydrocarbures d’un pays dont près de 80 % de l’énergie dépend encore des produits pétroliers importés. Dans un contexte international marqué par la volatilité des prix du brut et les recompositions géopolitiques liées aux crises en mer Rouge, en Ukraine et au Moyen-Orient, le Cameroun cherche à consolider ses marges de manœuvre. « L’augmentation des capacités de stockage permettra de constituer des réserves stratégiques et de mieux absorber les chocs externes », souligne un cadre du secteur énergétique à Douala. À terme, le terminal pourrait positionner Kribi comme un hub énergétique régional, au service non seulement du Cameroun, mais aussi de pays enclavés d’Afrique centrale comme le Tchad ou la RCA. Sur le plan macroéconomique, l’enjeu est majeur. Avec une croissance estimée autour de 4 % en 2025 et une dette publique proche de 45 % du PIB, le Cameroun est sous pression pour accélérer ses investissements structurants, tout en rassurant partenaires financiers et bailleurs internationaux. Le projet de Kribi s’inscrit dans cette logique de crédibilisation, à un moment où la gouvernance post-électorale est scrutée de près par les investisseurs. Le protocole signé prévoit une phase préparatoire de douze mois, dédiée aux études techniques et à la consolidation du modèle économique avant les décisions finales d’investissement. Cette prudence traduit aussi une volonté de sécuriser le projet face aux risques politiques et opérationnels. Dans un Golfe de Guinée traversé par des enjeux sécuritaires, énergétiques et commerciaux croissants, le terminal hydrocarbures de Kribi apparaît ainsi comme un pari stratégique : celui de faire de l’infrastructure un levier de stabilité, de souveraineté énergétique et de projection régionale pour un Cameroun en quête de normalisation politique et de relance économique.

Port de Kribi : le Cameroun muscle sa stratégie énergétique dans un contexte post-électoral sous tension Read More »

La Foire de l’employabilité rurale mobilise 30 villages autour de l’agriculture, de la culture et de l’entrepreneuriat local.

Cameroun : Ngambé, laboratoire de l’employabilité rurale

La Foire de l’employabilité rurale mobilise 30 villages autour de l’agriculture, de la culture et de l’entrepreneuriat local. Du 11 au 13 décembre 2025, la localité de Ngambé, dans le département de la Sanaga-Maritime (région du Littoral), a accueilli la deuxième édition de la Foire de l’Employabilité Rurale (FER). L’événement a rassemblé près de 30 villages autour d’un objectif commun : renforcer l’agriculture, valoriser les savoir-faire locaux et promouvoir l’emploi en milieu rural. Organisée par l’association Jeunesse Volontaire et Engagée pour la Promotion de l’Intellect (JVEPI) au Centre Jeunes JVEPI-FOMACK, cette édition s’est inscrite dans une dynamique plus inclusive et opérationnelle. Pendant trois jours, producteurs, jeunes, femmes rurales, chefs traditionnels et experts ont pris part à neuf ateliers pratiques et six conférences animées par une quinzaine de spécialistes. Les filières agricoles clés — manioc, cacao, plantain, maïs et palmier à huile — ont occupé une place centrale. Selon Ivan Trésor Mbock, coordonnateur du Centre Jeunes JVEPI-FOMACK, la foire vise à démontrer que le monde rural peut constituer un véritable espace d’opportunités économiques. Dans un contexte marqué par un taux de chômage avoisinant 40 %, touchant principalement les jeunes de 15 à 34 ans, la FER se présente comme une réponse concrète au défi de l’emploi, en cohérence avec la Stratégie Nationale de Développement 2020–2030 (SND30). Au-delà de l’amélioration des rendements agricoles, les échanges ont porté sur la transformation locale, la structuration des chaînes de valeur et la lutte contre l’insécurité alimentaire. Plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de limiter l’exode rural en accompagnant les jeunes dans des projets viables, adaptés aux réalités locales. La foire a également intégré une dimension culturelle et environnementale, avec des danses traditionnelles, des expositions artisanales et des discussions sur la gestion durable des ressources naturelles, notamment forestières. Ces moments ont contribué à renforcer la cohésion sociale et le dialogue intercommunautaire. L’édition 2025 s’est fixé des objectifs mesurables : former 240 jeunes et femmes, accompagner plus de 500 porteurs de projets, mettre en place un dispositif de micro-financement et contribuer à la création d’au moins 150 emplois directs et indirects. Six chaînes de valeur locales prioritaires ont été identifiées, allant de l’agriculture aux industries culturelles, en passant par les TIC et la pharmacopée. Fort du succès de l’édition 2024, qui avait touché plus de 1 000 bénéficiaires indirects, la FER de Ngambé confirme son ambition de devenir un rendez-vous structurant pour le développement local. Les organisateurs entendent désormais inscrire les résolutions issues de cette édition dans des actions concrètes dès janvier 2026, afin de faire de la ruralité un véritable levier de croissance et d’emploi durable au Cameroun.

Cameroun : Ngambé, laboratoire de l’employabilité rurale Read More »

À Nwa, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, la vaccination ne se limite pas à une opération de santé publique

Au Cameroun, vacciner en zone de conflit commence par négocier la sécurité

Une journée avec Kongnyu Emmanuel, entre analyse des risques, checkpoints armés et confiance communautaire. À Nwa, dans la région du Nord-Ouest du Cameroun, la vaccination ne se limite pas à une opération de santé publique. Elle est aussi un exercice permanent d’analyse sécuritaire et de négociation d’accès. Depuis le déclenchement de la crise sociopolitique en 2016, atteindre les enfants non vaccinés suppose d’abord de comprendre les dynamiques locales et d’anticiper les risques. À 5 h 30, Kongnyu Emmanuel, responsable du district sanitaire de Nwa, est déjà à l’écoute. Téléphone à la main, il capte les alertes transmises par des leaders communautaires, des responsables religieux et des mobilisateurs locaux. Un signalement fait état de tirs dans une aire sanitaire voisine. Emmanuel multiplie les appels afin de recouper l’information et d’évaluer l’évolution de la situation. Ce dispositif d’alerte communautaire repose sur un travail patient de cartographie des acteurs locaux. Avec l’appui des Cameroon Baptist Convention Health Services (CBCHS), présents dans les dix régions du pays, Emmanuel et son équipe ont identifié des relais de confiance dans chaque communauté. Ces derniers sont formés à transmettre des informations sécuritaires sans s’exposer. Les données recueillies sont croisées avec celles de l’International NGO Safety Organisation (INSO), afin d’orienter les décisions opérationnelles. « L’autorisation sécuritaire fait partie de notre routine quotidienne. La situation peut changer très vite, parfois d’un village à l’autre », explique Emmanuel. Ce jour-là, la localité de Ntem est jugée accessible, bien que classée à haut risque. À l’aube, l’équipe – un vaccinateur, une infirmière et un agent de dépistage nutritionnel – charge vaccins, compléments nutritionnels et moustiquaires avant de partir à moto. À un checkpoint tenu par un groupe armé non étatique, Emmanuel se présente comme travailleur humanitaire du CBCHS. La connaissance de l’itinéraire et la crédibilité locale permettent d’obtenir le passage. La vaccination se tient au domicile du chef de quartier, un lieu reconnu comme neutre. L’approche est volontairement discrète : aucune annonce prolongée, une mobilisation rapide, une session programmée un « country Sunday », lorsque les habitants sont présents au village. En trois heures, 46 enfants reçoivent des vaccins et des services intégrés : consultations, dépistage nutritionnel et sensibilisation sanitaire. Sitôt la session terminée, l’équipe se retire. À 14 h, elle est de retour en zone sûre pour le débriefing et la vérification de la chaîne du froid. Mis en œuvre dans le cadre du programme VERHUS, financé par Gavi, ce modèle montre que, dans les contextes de conflit, la vaccination devient aussi un levier de confiance et de présence humanitaire durable. « Aucune journée ne se ressemble. Tout repose sur l’analyse collective et l’adaptation constante », conclut Emmanuel.

Au Cameroun, vacciner en zone de conflit commence par négocier la sécurité Read More »

Michel-Thierry Atangana, ingénieur financier français d’origine camerounaise, est décédé en France.

Diaspora camerounaise : Michel-Thierry Atangana est décédé

Retour sur un itinéraire personnel et institutionnel au croisement du Cameroun et de la France. Michel-Thierry Atangana, ingénieur financier français d’origine camerounaise, est décédé en France. Il avait 61 ans. Son parcours, marqué par une longue détention au Cameroun et un engagement ultérieur en faveur des Français incarcérés à l’étranger, a occupé une place particulière dans le débat public franco-africain au cours des deux dernières décennies. Arrivé au Cameroun dans les années 1990, Michel-Thierry Atangana est nommé chargé de mission auprès du secrétariat général de la présidence de la République. Il intervient alors dans des dossiers techniques liés à la restructuration de la dette et au suivi de projets d’infrastructures routières stratégiques, notamment à travers le Comité de pilotage et de suivi des travaux routiers (Copisur), un consortium associant partenaires camerounais et internationaux. En 1997, il est arrêté et poursuivi pour des faits de détournement de fonds publics et de trafic d’influence, accusations qu’il a toujours contestées. Condamné à de lourdes peines de prison, il passera dix-sept années en détention, dont plusieurs en isolement. Son dossier suscite progressivement l’attention d’organisations de défense des droits humains et d’instances internationales, qui s’interrogent sur les conditions de sa détention et sur le déroulement des procédures judiciaires. En 2014, à la suite de démarches diplomatiques et d’interventions internationales, Michel-Thierry Atangana est libéré dans le cadre d’une grâce présidentielle. Il s’installe ensuite en France, où il engage plusieurs procédures judiciaires afin d’obtenir une reconnaissance de son préjudice et la restitution de ses avoirs, demeurés gelés. Certaines évaluations administratives ont estimé ces préjudices à plusieurs centaines de milliards de francs CFA, sans qu’un règlement définitif n’ait été trouvé. Parallèlement, il devient une figure de référence sur la question des Français détenus à l’étranger. Son cas contribue à l’adoption, en 2021, de la loi dite « Atangana », qui permet aux juridictions françaises de prendre en compte les avis d’organismes internationaux dans l’examen de situations de détention à l’étranger. Michel-Thierry Atangana laisse l’image d’un homme engagé dans une quête de reconnaissance juridique et institutionnelle, dont le parcours continue d’alimenter les réflexions sur la protection consulaire, la coopération judiciaire internationale et le rôle des mécanismes multilatéraux en matière de droits fondamentaux.

Diaspora camerounaise : Michel-Thierry Atangana est décédé Read More »

Diplomatie économique : la diaspora camerounaise présente le projet PADICE à l’ambassade du Cameroun en France

Diaspora en action : à Paris, le PADICE ambitionne de redessiner l’avenir économique du Cameroun

À Paris, le Haut Conseil des Camerounais de l’Extérieur a exposé à l’ambassadeur André-Magnus Ekoumou une feuille de route ambitieuse pour associer la diaspora à l’émergence économique du Cameroun. Le cabinet de l’ambassadeur du Cameroun auprès de la République française a accueilli, mardi 16 décembre 2025, une délégation du Haut Conseil des Camerounais de l’Extérieur (HCCE), dans le cadre des « Grandes audiences de la rue d’Auteuil ». Conduite par son président, le Dr Samuel Dongmo, la délégation est venue présenter le PADICE – Pacte avec la diaspora pour un Cameroun émergent – un projet structurant visant à renforcer l’implication économique et stratégique des Camerounais de l’étranger. Aux côtés du Dr Dongmo figuraient Gilbert Ndeppe, expert financier en gestion des risques, Jehu Ndoumi, PDG de Yunus Group S.A., holding internationale spécialisée dans les financements structurés et la digitalisation des services publics, ainsi que Julien Mbounga, président de l’association CISAL, engagée dans la prévention routière entre le Cameroun et la France. Le PADICE se veut une plateforme de réflexion et d’actions concrètes pour construire le Cameroun de demain avec sa diaspora. Il est consigné dans un ouvrage de référence de plus de 700 pages, intitulé « HCCE – 2025+ Avec la diaspora », présenté comme une synthèse prospective des enjeux économiques, sociaux et institutionnels liés aux Camerounais de l’extérieur. Parmi les projets phares exposés figurent « Diaspora City », un vaste projet foncier et urbain de 100 hectares à Kribi, le lancement d’une usine de fabrication de véhicules dans la zone industrialo-portuaire de la même ville, avec des premières productions attendues en 2026, ainsi que le programme Y4Life, dédié à la mobilité urbaine et à la santé à Yaoundé, prévoyant la mise en circulation initiale de 150 bus de transport public. L’ambassadeur André-Magnus Ekoumou a salué des projets « concrets et transformateurs », félicitant la diaspora pour son volontarisme, son patriotisme économique et sa capacité d’innovation au service du développement national. Deux exemplaires du PADICE, dont un destiné au président de la République, Paul Biya, lui ont été officiellement remis. Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large de diplomatie économique, visant à faire de la diaspora un levier stratégique de l’émergence camerounaise.

Diaspora en action : à Paris, le PADICE ambitionne de redessiner l’avenir économique du Cameroun Read More »

Scroll to Top