Décembre 2025

Condamné à verser 61 millions d’euros à Kylian Mbappé, le Paris Saint-Germain encaisse un camouflet juridique et symbolique face à l’une des figures les plus puissantes du football mondial, héritier d’un ancrage camerounais assumé

Diaspora : Affaire Mbappé–PSG -Victoire judiciaire, revers d’image et rappel d’origines africaines

Condamné à verser 61 millions d’euros à Kylian Mbappé, le Paris Saint-Germain encaisse un camouflet juridique et symbolique face à l’une des figures les plus puissantes du football mondial, héritier d’un ancrage camerounais assumé. Le feuilleton judiciaire entre Kylian Mbappé et le Paris Saint-Germain a connu, une issue majeure. Le Conseil de prud’hommes de Paris a condamné le club à verser environ 61 millions d’euros plus de 40 milliards FCFA, à son ancien attaquant star, correspondant à des salaires, primes impayées et congés payés en fin de contrat. Un verdict qui tranche un conflit emblématique des dérives financières et contractuelles du football d’élite. Né à Bondy, en ile de France, Kylian Mbappé revendique aussi des racines africaines fortes : par son père, Wilfried Mbappé, il est issu de la famille camerounaise Djebalè, une île fluviale à l’estuaire du fleuve Wouri, située dans la région du littoral. Cette filiation, souvent mise en avant dans ses engagements symboliques et caritatifs, renforce son aura auprès des jeunesses africaines et participe à sa stature de figure globale, au-delà du simple cadre hexagonal. Le litige trouve son origine dans le départ libre de Kylian Mbappé vers le Real Madrid à l’été 2024, après sept saisons parisiennes et 256 buts inscrits, record absolu du club. Le joueur réclamait initialement 263 millions d’euros, invoquant notamment une requalification de son CDD en CDI, un licenciement abusif, du harcèlement moral et du travail dissimulé. Les prud’hommes ont écarté ces griefs, se limitant à la reconnaissance des sommes contractuellement dues. Le PSG, de son côté, avait engagé une contre-attaque spectaculaire, réclamant jusqu’à 440 millions d’euros à son ancien prodige. Le club faisait valoir l’existence d’un accord verbal conclu à l’été 2023, par lequel Kylian Mbappé se serait engagé à ne pas partir libre afin de ne pas léser financièrement son employeur. Une argumentation jugée juridiquement insuffisante par les conseillers prud’homaux. Au-delà de l’impact financier, la décision a une portée symbolique lourde. Le PSG est contraint de publier l’intégralité du jugement pendant un mois sur la page d’accueil de son site officiel, une mesure rare qui entache l’image d’un club au rayonnement international et relance le débat sur sa gouvernance. Cette victoire judiciaire intervient alors que Kylian Mbappé, désormais pilier du Real Madrid, négocie l’un des contrats de sponsoring les plus convoités du sport mondial. En discussions avancées avec Nike, mais courtisé par Adidas et Under Armour, le capitaine des Bleus pourrait signer un accord record à l’approche de la Coupe du monde 2026. Fort de ses performances sportives, de son héritage franco-camerounais et de son poids médiatique, Kylian Mbappé De Djebalè sort de cette affaire conforté : juridiquement, économiquement et symboliquement.

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État pivot à la jonction de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale, le Cameroun demeure l’un des piliers de la stratégie française sur le continent.

Cameroun–France : l’AFD à l’épreuve du test post-électoral

Stabilité politique, crédibilité institutionnelle et projets structurants : comment la séquence électorale rebat les cartes du partenariat franco-camerounais. État pivot à la jonction de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale, le Cameroun demeure l’un des piliers de la stratégie française sur le continent. Mais la séquence post-électorale ouverte après la présidentielle de 2025, marquée par des contestations, des arrestations et une crispation du climat politique, introduit une variable d’incertitude dans une relation historiquement dense, au premier rang de laquelle figure l’Agence française de développement (AFD). Présente depuis plus de soixante ans, l’AFD est l’un des principaux partenaires financiers du Cameroun. À travers le Contrat de désendettement et de développement (C2D), plus de 1 100 milliards de FCFA ont été mobilisés depuis 2006 pour l’éducation, les infrastructures, l’agriculture et la gouvernance. Ce partenariat s’est récemment renforcé autour de projets structurants : le programme Capitales régionales, l’initiative Sporcap, le Programme de lutte contre les inondations de Douala et Yaoundé (PLIDY, 150 millions d’euros) ou encore le barrage hydroélectrique de Nachtigal, stratégique pour la transition énergétique et la compétitivité industrielle. Toutefois, la crispation post-électorale pose un dilemme classique pour Paris et ses instruments financiers : préserver la stabilité d’un État clé de la Cemac tout en affirmant un discours sur la gouvernance, l’État de droit et l’inclusivité politique. Officiellement, la France continue de privilégier une approche de « partenariat pragmatique », misant sur la continuité des projets et la protection des investissements de long terme. En coulisses, les bailleurs observent néanmoins avec attention l’évolution du climat politique, conscient que la stabilité institutionnelle conditionne l’efficacité des programmes de développement. Sur le plan géoéconomique, un durcissement durable de la situation politique pourrait ralentir l’exécution de certains projets, notamment urbains et territoriaux, qui reposent sur l’adhésion des populations et la coordination des acteurs locaux. Il pourrait également peser sur l’attractivité du Cameroun, déjà confronté à un chômage élevé des jeunes et à des inégalités territoriales marquées, malgré une croissance autour de 3,5 à 4 %. Pour l’AFD, l’enjeu est d’éviter l’écueil d’une coopération perçue comme déconnectée des réalités sociales. « La question n’est pas de suspendre, mais de réinterroger l’impact et la gouvernance des projets », confie un observateur du développement. Dans ce contexte, les volets liés au capital humain, à l’emploi des jeunes et à la résilience urbaine prennent une dimension politique implicite. À moyen terme, la relation Cameroun–France se jouera sur un équilibre subtil : maintenir l’ancrage stratégique dans un pays clé, tout en adaptant l’action de l’AFD à un environnement politique « contesté » par une certaine opposition. Plus que jamais, le Cameroun apparaît comme un laboratoire où développement, stabilité et légitimité politique sont étroitement liés.

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Le second de Polycarpe Banlog s’ouvre dans un contexte politique sensible, marqué par les tensions post-électorales et de fortes attentes des populations.

Cameroun : Polycarpe Banlog réélu à la tête du Conseil Régional du Littoral -Entre continuité et défis majeurs

Le mardi 16 décembre 2025, les Conseillers régionaux du Littoral ont renouvelé leur confiance à Polycarpe Banlog, réélu président du Conseil avec un score écrasant de 82 voix sur 87 votants. Le second de Polycarpe Banlog s’ouvre dans un contexte politique sensible, marqué par les tensions post-électorales et de fortes attentes des populations. Un plébiscite pour la continuité La réélection de Polycarpe Banlog témoigne de la confiance de ses pairs et de la reconnaissance de son premier mandat jugé positif malgré les défis liés à sa prise de fonction. Sur 90 votants inscrits, 87 ont participé au scrutin, et 82 ont exprimé leur soutien au Président sortant, contre 5 bulletins nuls. Ce résultat constitue un véritable plébiscite pour la continuité dans la gouvernance du Littoral. Des attentes fortes et un contexte tendu Le second mandat de Polycarpe Banlog arrive dans un contexte complexe. La région du Littoral a été marquée par une vive contestation des résultats des présidentielles, avec des dégâts matériels importants, des pertes en vies humaines et plusieurs arrestations. Dans ce climat, les populations et les militantes du parti attendent des réalisations concrètes qui permettront de restaurer la confiance et de préparer efficacement les élections municipales et législatives prévues en 2026. (Polycarpe Banlog, Président du Conseil régional du littoral, félicité par le préfet de la SM) Des défis pour un mandat ambitieux Le Conseil Régional et son Président réélu doivent conjuguer continuité et innovation. Les attentes portent sur le renforcement des infrastructures, l’amélioration de la gouvernance des ressources régionales, la création d’opportunités pour les jeunes et l’autonomisation des femmes. Polycarpe Banlog devra démontrer que son leadership peut traduire ses ambitions politiques en actions tangibles pour le développement économique et social du Littoral, tout en apaisant les tensions et en rassurant les populations. Un accueil populaire enthousiaste À son retour à Edéa, le Président Banlog a été accueilli et félicité par une foule d’élus, d’élites et de citoyens. Ce soutien populaire témoigne de l’espoir suscité par son second mandat et de la confiance placée dans sa capacité à transformer les attentes en résultats concrets. Polycarpe Banlog, entre continuité politique et exigence d’apaisement – Originaire de Nyanon, dans le département de la Sanaga-Maritime, Polycarpe Banlog s’est imposé comme l’un des acteurs clés de la gouvernance territoriale dans le Littoral. – Deux fois maire de la commune de Nyanon, puis député de 2013 à 2020, il a progressivement consolidé son ancrage politique au sein du RDPC. – En 2020, il accède à la présidence du Conseil régional du Littoral, fonction à laquelle il est réélu en décembre 2025. – Ce second mandat s’ouvre toutefois dans un climat sensible. La région a été fortement touchée par les contestations post-électorales liées à la présidentielle, avec des dégâts matériels, des pertes humaines et des arrestations. – Dans ce contexte, Polycarpe Banlog est attendu sur des réponses concrètes : relance économique, amélioration des services de base et restauration de la confiance entre institutions et populations. – À l’approche des élections municipales et législatives de 2026, sa capacité à allier continuité politique, efficacité administrative et apaisement social sera déterminante pour l’avenir du Littoral. Simon Emmanuel Minyem

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Cameroun : Election des présidents de conseils régionaux – Le signal d’alarme venu du Sud

Les conseils de plein droit tenus le 16 décembre 2025 dans les dix régions du Cameroun, censés consacrer la stabilité institutionnelle et la discipline partisane, ont au contraire révélé de profondes fractures politiques. Entre reconductions massives, absence criante de femmes et de jeunes, et fronde spectaculaire dans la région du Sud, ces élections ouvrent une séquence politique lourde d’enseignements à quelques mois des municipales et législatives de 2026. Les conseils de plein droit se sont tenus simultanément le mardi 16 décembre 2025 dans les chefs-lieux des dix régions du Cameroun, avec pour mission principale la désignation des membres des exécutifs régionaux. À l’issue des travaux, sept (07) présidents sortants ont été reconduits, contre trois nouveaux élus. Une reconduction massive qui interroge le renouvellement politique Un premier constat s’impose : aucune femme, aucun jeune parmi les dix présidents de conseils régionaux. Plus préoccupant encore, la moyenne d’âge dépasse largement la soixantaine, traduisant une continuité politique assumée, mais en contradiction flagrante avec les discours officiels sur le renouvellement de la classe dirigeante. Ce tableau est d’autant plus saisissant qu’il s’inscrit dans une tendance plus large : La région du Sud : la rupture inattendue Contre toute attente, la région du Sud, fief politique et région d’origine du président Paul Biya, a été le théâtre de la plus grande surprise politique de ces conseils. Alors que le Comité central du RDPC avait déployé des émissaires dans toutes les régions afin de veiller au strict respect des consignes de vote, les conseillers régionaux du Sud ont ouvertement défié la hiérarchie du parti. En refusant de se soumettre aux directives imposant Antoine Bikoro comme candidat unique à sa propre succession, Éric Gervais Ndo et ses alliés ont infligé un camouflet sans précédent à l’appareil du parti. Le verdict des urnes est sans appel : 66 voix pour le candidat contestataire contre 22 pour le président sortant. Un acte politique fort, symptomatique d’une volonté de changement qui traverse désormais jusque dans les rangs du parti au pouvoir. (Eric Gervais Ndo, élu Président du Conseil régional du Sud) Un fossé grandissant entre le sommet du RDPC et la base militante Le vote du Sud met crûment en lumière le déphasage profond entre la direction centrale du RDPC et sa base militante. Là où le sommet privilégie la discipline, la continuité et le contrôle, la base exprime un ras-le-bol face à l’imposition systématique des candidatures. Ce désaveu public du Comité central ne peut plus être interprété comme un simple accident politique. Il s’agit d’une sonnette d’alarme, à quelques mois seulement des élections municipales et législatives prévues en 2026. Les directives présidentielles mises à l’épreuve (Pr Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du RDPC et Eric Gervais Ndo) Dans son discours de politique générale du 6 novembre 2025, prononcé lors de sa dernière prestation de serment, Paul Biya avait clairement affirmé que les femmes et les jeunes constitueraient la priorité de ce mandat. Or, les résultats issus des conseils de plein droit traduisent une réalité diamétralement opposée. Cette situation soulève une question centrale : le chef de l’État est-il en capacité de faire effectivement respecter ses orientations au sein de son propre parti ? L’incapacité du RDPC à traduire ces directives en actes concrets interroge la cohérence de l’action politique et fragilise la crédibilité du discours officiel. Décentralisation ou recentralisation du pouvoir ? Ces élections posent également un problème de fond dans un contexte de décentralisation constitutionnelle. Comment expliquer cette tendance persistante à la centralisation des décisions, à l’imposition des candidatures et à la marginalisation des dynamiques locales, alors même que les régions sont censées être des espaces d’autonomie politique ? Le cas du Sud montre que la décentralisation ne peut fonctionner sans une réelle prise en compte des aspirations locales et sans respect du libre choix des élus régionaux. Attentes, enjeux et défis à l’horizon 2026 Les conseils de plein droit de décembre 2025 laissent entrevoir plusieurs défis majeurs : Une séquence politique révélatrice L’élection des présidents de conseils régionaux n’aura pas seulement servi à renouveler des exécutifs locaux. Elle aura surtout révélé les tensions internes, les contradictions du système politique et l’aspiration croissante au changement. Le vote du Sud restera comme un marqueur fort de cette séquence : celui d’une base militante qui ose désormais dire non. Reste à savoir si ce message sera entendu ou ignoré, au risque d’un divorce politique plus profond à l’approche des échéances électorales de 2026. Simon Emmanuel Minyem

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Wole Soyinka et la diplomatie du mépris : quand les États-Unis réaffirment leur pouvoir symbolique sur les voix africaines

L’annulation du visa du prix Nobel nigérian révèle la persistance d’une hiérarchie postcoloniale dans les relations intellectuelles entre l’Occident et l’Afrique. L’annulation du visa américain de Wole Soyinka, prix Nobel de littérature en 1986 et figure majeure de la pensée africaine contemporaine, dépasse largement la simple décision administrative. Elle s’inscrit dans une dynamique plus profonde : celle du contrôle idéologique et symbolique qu’exercent les États-Unis sur les intellectuels du Sud global, en particulier sur les voix africaines critiques du pouvoir occidental. À 91 ans, Soyinka incarne une génération d’intellectuels africains qui ont lutté contre les dictatures nationales tout en s’opposant aux ingérences étrangères. En révoquant son visa, Washington adresse un message clair : les États-Unis restent les gardiens autoproclamés du droit d’entrée dans l’espace symbolique du savoir mondial. Cette attitude traduit la persistance d’une géopolitique de la reconnaissance, où la légitimité intellectuelle africaine demeure subordonnée à l’approbation occidentale. Sous l’administration Trump, cette logique s’est accentuée, marquée par une politique migratoire et culturelle méfiante envers les intellectuels non occidentaux. L’annulation du visa de Soyinka, critique déclaré du trumpisme, s’inscrit dans ce climat de suspicion. Ce geste, justifié par des « dispositions réglementaires » du Département d’État, s’apparente moins à une procédure bureaucratique qu’à un acte de censure diplomatique. Plus profondément, l’affaire interroge le statut des intellectuels africains dans la sphère internationale. Alors que Soyinka a enseigné dans les plus prestigieuses universités américaines – Harvard, Cornell, Yale – son exclusion symbolique rappelle que la participation africaine à l’espace académique mondial reste conditionnée à une soumission politique implicite. Le refus de Soyinka de se plier à cette logique d’allégeance en fait un dissident dans le champ global du savoir. Ainsi, l’incident ne concerne pas seulement un visa, mais le rapport postcolonial entre pouvoir et pensée. En tentant de marginaliser la voix de Wole Soyinka, les États-Unis révèlent leur incapacité à tolérer une critique venue du Sud. Pourtant, en Afrique et au-delà, cette annulation consacre paradoxalement la stature morale du dramaturge : celle d’un homme dont la liberté d’esprit transcende les frontières et dénonce les hypocrisies d’un ordre mondial toujours inégal.

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À quelques jours de l’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 au Maroc, le football africain se retourne sur une décennie riche en exploits individuels et collectifs.

CAN 2025 : une décennie de héros avant le grand rendez-vous marocain

À l’approche du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, retour sur dix éditions marquées par des joueurs d’exception qui ont façonné l’histoire récente du football africain, avant un tournoi attendu comme un tournant sportif et symbolique. À quelques jours de l’ouverture de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 au Maroc, le football africain se retourne sur une décennie riche en exploits individuels et collectifs. Depuis 2006, dix joueurs ont été sacrés meilleurs joueurs du tournoi, incarnant à la fois l’excellence technique, le leadership et les mutations du jeu africain. La période s’ouvre avec une figure tutélaire : Ahmed Hassan, capitaine emblématique de l’Égypte. Élu meilleur joueur en 2006 au Caire puis en 2010 en Angola, il reste une référence absolue. Meneur de jeu infatigable, Hassan a disputé 22 matchs de CAN et inscrit huit buts, guidant les Pharaons vers quatre titres continentaux (1998, 2006, 2008, 2010). Son influence lors de la CAN 2006, remportée à domicile avec quatre buts décisifs, symbolise l’âge d’or égyptien. En 2008 au Ghana, c’est Hosni Abd Rabo qui prend le relais. Milieu polyvalent, il marque quatre buts et orchestre le jeu d’une Égypte impériale, décrochant logiquement le trophée de meilleur joueur. Le football africain entre alors dans une phase de domination tactique nord-africaine. La CAN 2012 au Gabon et en Guinée équatoriale marque un basculement émotionnel avec le sacre historique de la Zambie. Capitaine courage, Christopher Katongo est élu meilleur joueur après avoir conduit les Chipolopolo au titre face à la Côte d’Ivoire. Auteur de trois buts, il incarne la résilience d’une nation marquée par le drame de 1993. En 2013 en Afrique du Sud, l’ailier burkinabè Jonathan Pitroipa illumine le tournoi. Sa vitesse et sa créativité portent le Burkina Faso jusqu’à sa première finale continentale. Malgré la défaite face au Nigeria, il est élu meilleur joueur, consacrant l’émergence de nations dites “outsiders”. La CAN 2015 en Guinée équatoriale voit l’avènement de Christian Atsu. Le Ghanéen, disparu tragiquement en 2023, marque les esprits par ses buts spectaculaires et son influence offensive, décrochant le titre de meilleur joueur malgré la défaite en finale. En 2017 au Gabon, le Cameroun renaît avec une génération inattendue. À 21 ans, Christian Bassogog dynamite les défenses et s’impose comme le meilleur joueur du tournoi, symbole d’un Cameroun combatif et imprévisible. La CAN 2019 en Égypte consacre Ismaël Bennacer. À seulement 21 ans, le milieu algérien dicte le tempo des Fennecs, les menant à leur deuxième titre continental. Sa performance ouvre la voie à son transfert au Milan AC, illustrant la connexion croissante entre CAN et football européen. En 2021 (jouée en 2022) au Cameroun, Sadio Mané entre définitivement dans la légende. Buteur décisif et tireur du penalty victorieux en finale face à l’Égypte, il offre au Sénégal sa première CAN et est logiquement élu meilleur joueur. Enfin, la CAN 2023 en Côte d’Ivoire sacre un défenseur : William Troost-Ekong. Patron des Super Eagles, buteur en finale, il devient le symbole d’un football africain plus tactique et équilibré. CAN 2025 : le calendrier clé La CAN 2025 se déroulera du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc. À l’heure où une nouvelle génération s’apprête à écrire l’histoire, ces dix figures rappellent que la CAN demeure le théâtre où se forgent les légendes du football africain.

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Réunis à Niamey à l’initiative du Centre national d’études stratégiques et de la sécurité (CNESS) et de l’ambassade du Maroc au Niger, responsables diplomatiques et experts ont unanimement salué le projet royal visant à offrir aux pays sahéliens un accès structuré à l’océan Atlantique.

Accès à l’Atlantique : l’initiative marocaine rebat les cartes économiques du Sahel, sous le regard de l’Afrique centrale

Débattue à Niamey, la feuille de route portée par Rabat pour désenclaver le Sahel met en lumière les coûts géopolitiques de l’enclavement africain et ravive, en creux, les limites logistiques et de gouvernance des États côtiers d’Afrique centrale, Cameroun en tête. Réunis à Niamey à l’initiative du Centre national d’études stratégiques et de la sécurité (CNESS) et de l’ambassade du Maroc au Niger, responsables diplomatiques et experts ont unanimement salué le projet royal visant à offrir aux pays sahéliens un accès structuré à l’océan Atlantique. Pensée comme une réponse stratégique à l’enclavement chronique du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad, l’initiative marocaine entend transformer un handicap géographique majeur en levier de souveraineté économique et d’intégration régionale. Les chiffres rappelés lors de la conférence sont sans appel. Selon l’ONU et la Banque mondiale, les pays en développement sans littoral supportent des coûts de transport plus que doublés par rapport à leurs voisins côtiers, avec une croissance structurellement inférieure d’environ 20 %. En Afrique, où 16 États sont enclavés, cette contrainte se traduit par des délais logistiques allongés, une compétitivité affaiblie et une dépendance accrue vis-à-vis de corridors souvent instables. C’est dans ce contexte que le Maroc, par la voix du roi Mohammed VI, a proposé dès novembre 2023 une reconfiguration géopolitique de la façade atlantique africaine. L’objectif est clair : connecter durablement les économies sahéliennes aux marchés mondiaux, via des infrastructures portuaires, routières et ferroviaires intégrées, adossées à un partenariat Sud-Sud assumé. Pour Niamey, Bamako ou Ouagadougou, l’enjeu est existentiel : sécuriser les exportations, réduire les coûts logistiques et desserrer l’étau économique d’un enclavement historiquement pénalisant. Mais cette dynamique met aussi en lumière la situation paradoxale de l’Afrique centrale. Région largement ouverte sur l’Atlantique, elle peine pourtant à jouer pleinement son rôle de hub logistique continental. Le Cameroun, avec le port en eau profonde de Kribi, illustre ce contraste. Pensé comme une porte d’entrée pour le Tchad et la République centrafricaine, Kribi reste sous-exploité, freiné par des insuffisances de connectivité intérieure, des lourdeurs administratives et des problèmes de gouvernance des corridors de transit. À la différence de l’initiative marocaine, portée par une vision géostratégique cohérente et un pilotage politique centralisé, l’Afrique centrale souffre d’un déficit de coordination régionale au sein de la Cemac. Résultat : les pays enclavés de la sous-région continuent de supporter des coûts logistiques élevés, malgré leur proximité avec la mer. À Niamey, le consensus autour du projet marocain souligne ainsi une leçon plus large : l’accès à la mer ne suffit pas. Sans infrastructures intégrées, sécurité des corridors et gouvernance efficace, la façade atlantique reste une promesse inachevée. Pour le Sahel comme pour l’Afrique centrale, l’enjeu dépasse la logistique : il touche à la capacité des États africains à transformer la géographie en puissance économique et politique.

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Brazzaville y voit un signal de confiance dans sa trajectoire macroéconomique et dans la crédibilité de sa gouvernance budgétaire.

Dette souveraine : le Congo revient sur les marchés, au prix fort

En rouvrant son euro-obligation de 2025, Brazzaville refinance ses échéances proches et teste la confiance des investisseurs internationaux, dans un environnement financier plus favorable mais toujours exigeant pour les économies d’Afrique centrale. Le Congo a annoncé la réouverture de son obligation internationale émise en novembre 2025, pour un montant de 260 millions de dollars, dans une opération destinée à lisser son profil de dette et à couvrir des échéances imminentes. Réalisée sous le régime Regulation S et placée à la Bourse de Londres sous droit anglais, l’opération, pilotée par Citigroup, s’inscrit dans une stratégie assumée de retour durable du pays sur les marchés financiers internationaux. L’instrument concerné conserve les caractéristiques de l’émission initiale : un coupon élevé de 9,875 % et une maturité finale en novembre 2032, avec un remboursement du principal échelonné en cinq tranches entre 2028 et 2032. Un coût du financement jugé important par les marchés, reflet à la fois du risque souverain perçu et des conditions encore restrictives pour les pays africains à revenu intermédiaire sur les marchés internationaux de capitaux. Sur le plan géoéconomique, l’opération répond à un impératif immédiat : refinancer une partie de la dette intérieure arrivant à échéance en janvier et février 2026. Pour les autorités congolaises, il s’agit d’éviter une pression excessive sur la trésorerie de l’État tout en améliorant le calendrier d’amortissement de la dette publique. Le gouvernement met également en avant l’impact positif attendu sur la liquidité du marché financier sous-régional de la Cemac, dans un contexte où l’intégration financière reste un enjeu clé de stabilité régionale. Sur le plan international, cette réouverture intervient alors que l’appétit des investisseurs pour les actifs africains montre des signes de reprise, porté par l’anticipation d’un assouplissement monétaire global et par la recherche de rendements élevés. Brazzaville y voit un signal de confiance dans sa trajectoire macroéconomique et dans la crédibilité de sa gouvernance budgétaire. « Cette opération reflète la discipline et l’agilité de notre stratégie de gestion de la dette », a déclaré le ministre des Finances, Christian Yoka. Mais ce retour sur les marchés n’est pas sans risques. À près de 10 %, le coût du service de la dette limite les marges budgétaires dans un pays encore très dépendant des revenus pétroliers et exposé aux chocs exogènes. D’un point de vue géostratégique, la capacité du Congo à maintenir la confiance des investisseurs dépendra étroitement de sa discipline budgétaire, de la transparence de sa gestion de la dette et de sa coordination avec les cadres régionaux et multilatéraux. Plus qu’un simple refinancement, cette opération constitue donc un test : celui de la soutenabilité financière du Congo et de sa capacité à conjuguer accès aux marchés, stabilité régionale et gouvernance économique crédible sur le long terme.

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Diplômée en ingénierie et en finance, Joëlle Itoua Owona débute son parcours professionnel dans la finance internationale, au cœur de la place new-yorkaise.

Diaspora : Joëlle Itoua Owona, quand la Silicon Valley soigne l’Afrique

Diplômée du MIT et ex-financière à New York, la fondatrice d’Afriwell Health mise sur la télémédecine pour révolutionner l’accès aux soins sur le continent, avec le soutien de Google et de la Banque mondiale. À la croisée de la finance, de la technologie et de la santé publique, Joëlle Itoua Owona incarne une nouvelle génération d’entrepreneurs africains décidés à résoudre, de l’intérieur, les défis structurels du continent. Fondatrice d’Afriwell Health, une plateforme de télémédecine qui met en relation patients et médecins en Afrique, cette Camerounaise formée au MIT a fait le choix rare mais assumé de quitter une carrière prometteuse à New York pour s’attaquer à l’un des angles morts du développement africain : l’accès aux soins. Diplômée en ingénierie et en finance, Joëlle Itoua Owona débute son parcours professionnel dans la finance internationale, au cœur de la place new-yorkaise. Elle y acquiert une solide expertise en analyse de risques, en levée de fonds et en structuration de projets complexes. Mais derrière les chiffres et les marchés, une conviction s’impose progressivement : la technologie ne peut être un simple levier de rentabilité, elle doit aussi être un outil d’impact social. C’est ce constat qui la pousse à fonder Afriwell Health. La plateforme répond à une réalité bien connue du continent : pénurie de médecins, inégalités territoriales, coûts élevés des consultations et systèmes de santé souvent sous tension. Grâce à la télémédecine, Afriwell Health permet aux patients, y compris dans les zones enclavées, d’accéder à des consultations médicales à distance, à un suivi personnalisé et à des professionnels de santé qualifiés, sur le continent et dans la diaspora. Le projet séduit rapidement des partenaires de poids. Afriwell Health bénéficie notamment du soutien de Google et de la Banque mondiale, qui y voient une solution capable de renforcer les systèmes de santé africains tout en favorisant l’innovation locale. Pour Joëlle Itoua Owona, ces appuis internationaux ne sont pas une fin en soi, mais un moyen d’accélérer l’impact. « L’Afrique n’a pas besoin de solutions importées clés en main, mais d’outils pensés par et pour les Africains », aime-t-elle rappeler. À travers Afriwell Health, elle défend une vision claire : faire de la technologie un pont entre expertise médicale, inclusion sociale et souveraineté sanitaire. Un pari audacieux, à l’image de son parcours, qui place l’innovation africaine au cœur des enjeux globaux de santé.

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Cette articulation entre niveau local et diplomatie vaticane confère à l’ACEAC une capacité d’influence accrue dans les débats internationaux sur la paix, la gouvernance et les droits humains en Afrique centrale.

Afrique centrale : l’Église catholique face aux fractures sécuritaires et morales des Grands Lacs

Réunis à Kinshasa, les évêques de l’ACEAC appellent à une paix structurelle, dénoncent les idéologies de violence et renforcent leur rôle d’acteur géopolitique et social dans une région en crise chronique À l’heure où l’Afrique centrale reste l’un des épicentres mondiaux de l’instabilité sécuritaire, les évêques de l’Association des Conférences Épiscopales de l’Afrique Centrale (ACEAC) ont placé la paix, la justice et la protection des plus vulnérables au cœur de leur XVᵉ Assemblée plénière, tenue à Kinshasa du 10 au 14 décembre. Bien au-delà d’un rendez-vous pastoral, cette rencontre s’inscrit dans une lecture lucide des rapports de force régionaux et des défaillances structurelles des États. Dans une sous-région minée par les conflits armés, les ingérences transfrontalières, l’exploitation illégale des ressources et la faiblesse persistante des institutions publiques, l’Église catholique entend affirmer une présence qui dépasse le cadre spirituel. « Notre sous-région est astreinte depuis plus de trente ans à des perturbations profondes de la paix », a rappelé le président sortant de l’ACEAC, Mgr José Moko, dénonçant implicitement les logiques de prédation et de violence qui alimentent les crises des Grands Lacs. Les travaux ont mis l’accent sur l’élaboration d’un plan triennal pour la paix, conçu comme un outil de plaidoyer et de médiation à l’échelle régionale. Les évêques ont également insisté sur l’urgence d’intégrer l’accompagnement psychologique des victimes de violences armées et d’abus dans la pastorale, une reconnaissance explicite des traumatismes collectifs laissés par des décennies de conflits et d’impunité. Face à ce qu’ils qualifient d’« idéologies meurtrières », les prélats ont souligné la responsabilité des élites politiques et militaires, sans toutefois les nommer, dans la perpétuation de cycles de violence. Dans une région où les mécanismes judiciaires nationaux peinent à fonctionner, l’Église se positionne de plus en plus comme un acteur moral de référence, capable de documenter, d’alerter et d’accompagner les victimes lorsque les États sont défaillants. La dimension géopolitique des échanges a également été renforcée par la collaboration étroite avec le Saint-Siège, notamment le dicastère pour le Service du développement humain intégral. Cette articulation entre niveau local et diplomatie vaticane confère à l’ACEAC une capacité d’influence accrue dans les débats internationaux sur la paix, la gouvernance et les droits humains en Afrique centrale. L’Assemblée a enfin acté le renouvellement de ses instances dirigeantes avec l’élection de Mgr Joachim Ntahondereye, évêque de Muyinga au Burundi, à la présidence de l’ACEAC. Dans un contexte de recomposition régionale incertaine, ce nouveau leadership hérite d’un défi majeur : faire de l’Église non seulement une conscience morale, mais un acteur structurant de stabilisation dans une région où la paix reste fragile et largement conditionnée par des enjeux géopolitiques qui la dépassent.

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