12 janvier 2026

La comparution, le 8 janvier à Yaoundé, de plus de 140 personnes interpellées lors des manifestations ayant suivi l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 s’inscrit dans une phase sensible mais maîtrisée de la séquence post-électorale camerounaise.

Post-électorale au Cameroun : la primauté des institutions comme ligne rouge

Le pouvoir défend une gestion encadrée des manifestations, au nom de l’État de droit, de la cohésion nationale et de la stabilité économique. La comparution, le 8 janvier à Yaoundé, de plus de 140 personnes interpellées lors des manifestations ayant suivi l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 s’inscrit dans une phase sensible mais maîtrisée de la séquence post-électorale camerounaise. Poursuivis pour « propagation de fausses nouvelles, attroupement, rébellion en groupe et défaut de carte nationale d’identité », les prévenus sont en détention préventive depuis un peu plus de deux mois, une durée que les autorités judiciaires justifient par la complexité des dossiers et les impératifs de sécurité. Du côté du gouvernement, l’accent est mis sur le respect strict des procédures légales et l’indépendance de la justice. « Le Cameroun est un État de droit. Les institutions fonctionnent et chacun répond de ses actes dans le cadre de la loi », a rappelé récemment le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, soulignant que les juridictions sont seules compétentes pour apprécier les demandes de mise en liberté provisoire. La présidence camerounaise insiste, pour sa part, sur la nécessité de préserver l’ordre public après une élection marquée par une participation de plus de 52 %, selon les chiffres officiels d’Elections Cameroon (Elecam). Réélu avec plus de 70 % des suffrages, le président Paul Biya avait appelé, dans un message à la Nation, « au calme, au dialogue républicain et au respect des lois de la République », réaffirmant son attachement à la paix civile et à la cohésion nationale. Sur le plan sécuritaire, les autorités soulignent que les manifestations non autorisées, dans un contexte régional instable – de la crise sécuritaire dans le bassin du lac Tchad aux tensions persistantes dans certaines zones d’Afrique centrale – nécessitent une réponse encadrée pour éviter toute dérive. « La stabilité du Cameroun est un bien stratégique pour la sous-région », confie un haut responsable administratif, rappelant le rôle du pays au sein de la CEEAC et dans les opérations de sécurité régionales. Économiquement, Yaoundé cherche à rassurer. Le Cameroun affiche une croissance estimée à près de 4,5 % en 2025, selon les projections du FMI, et poursuit des projets structurants majeurs dans les infrastructures, l’énergie et l’agro-industrie. Dans ce contexte, le gouvernement estime que la préservation de l’ordre institutionnel est indispensable pour maintenir la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux. Si des voix s’élèvent pour demander davantage d’apaisement, les autorités rappellent que le dialogue reste ouvert dans le cadre des lois en vigueur. La prochaine audience prévue en février est attendue comme une étape clé, dans un processus que le pouvoir entend conduire avec fermeté, mais aussi avec le souci constant de la stabilité nationale, valeur cardinale du magistère de Paul Biya depuis plus de quatre décennies.

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En Centrafrique, l’Autorité nationale des élections (ANE) a proclamé les résultats provisoires des élections législatives organisées le 28 décembre 2025

Législatives en Centrafrique : le parti présidentiel en tête, dans un climat de contestation maîtrisée

Les résultats provisoires des législatives confirment la domination du Mouvement cœurs unis, tandis que l’opposition et des indépendants dénoncent des irrégularités et attendent l’arbitrage du Conseil constitutionnel. En Centrafrique, l’Autorité nationale des élections (ANE) a proclamé les résultats provisoires des élections législatives organisées le 28 décembre 2025. Cette annonce intervient à l’issue du recensement général des suffrages exprimés dans les 144 circonscriptions que compte désormais le pays, conformément à la nouvelle Constitution. Selon les chiffres communiqués par l’ANE, le taux de participation s’est établi à 52,43 % sur un corps électoral de plus de 2,3 millions d’inscrits. Le Mouvement cœurs unis (MCU), formation au pouvoir, arrive largement en tête à l’issue du premier tour, avec 50 sièges remportés, soit plus d’un tiers des sièges de la future Assemblée nationale. Plusieurs figures de l’exécutif, dont une majorité de ministres, font ainsi leur entrée au Parlement pour la huitième législature. Pour les responsables du MCU, ces résultats traduisent une dynamique favorable. « L’objectif est d’obtenir la majorité la plus large possible afin de soutenir l’action du chef de l’État », a déclaré Evariste Ngamana, cadre du parti et député réélu à Carnot. À ce stade du scrutin, 74 députés ont été proclamés élus dès le premier tour. Outre le MCU, neuf sièges reviennent à six formations alliées du pouvoir, tandis que 15 députés sont issus de candidatures indépendantes. Parmi ces derniers figurent plusieurs dissidents du MCU, écartés lors des primaires, mais également trois personnalités proches du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), parti d’opposition ayant officiellement boycotté le scrutin. Huit femmes figurent parmi les élus provisoires. Dans 67 circonscriptions, un second tour devra être organisé, le plus souvent entre des candidats du pouvoir et des indépendants, ou entre indépendants. Quelques figures de l’opposition restent en lice, dont Anicet-Georges Dologuélé, annoncé en ballottage à Bocaranga. Deux anciens Premiers ministres, Henri-Marie Dondra et Firmin Ngrébada, ont en revanche été éliminés dès le premier tour. Ce dernier a dénoncé de « graves irrégularités » et annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel, comme le permet le Code électoral dans un délai de cinq jours. Ces législatives s’inscrivent dans la continuité de la présidentielle du 28 décembre, dont les résultats provisoires donnent Faustin-Archange Touadéra vainqueur avec 76,15 % des voix. Là aussi, des accusations de fraudes ont été formulées par l’opposition. Les résultats définitifs des deux scrutins sont attendus après l’examen des recours par le Conseil constitutionnel, qui doit se prononcer d’ici le 20 janvier.

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